Quand la Police veut savoir

L'enquête interne au Service de police de Sherbrooke... (Archives, La Tribune)

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L'enquête interne au Service de police de Sherbrooke au cours de laquelle un capitaine avait scruté les textos et les relevés téléphoniques d'autres policiers, dont des officiers syndicaux, a plutôt mal viré.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Soudainement, c'est comme si tous les membres de la presse portaient le même nom. Celui de Patrick Lagacé.

Je vous reconnais, vous êtes le gars qui brasse la cage de temps à autre dans La Tribune. La police s'est sûrement déjà intéressée à vous, a-t-elle déjà fouillé dans votre vie privée?

Non et cette crainte ne m'a jamais vraiment habité non plus, ai-je répondu au caissier d'un dépanneur.

Même pas le jour où j'ai rapporté le profond malaise d'un agent du Service de police de Sherbrooke, qui avait décroché d'un babillard du quartier général une remarque désobligeante d'un confrère.

« On va te pogner au radar ma c..... de Bonne femme », annonçait le patrouilleur froissé par des remarques d'Huguette Roy, qui était alors conseillère municipale.

La dénonciation avait certes créé un malaise au SPS, mais comme ma source était allée porter le message déplacé sur le bureau d'un supérieur avant de me parler, elle était pleinement assumée.

De toute façon, un juge n'aurait jamais permis à des enquêteurs de fouiller dans mon cellulaire pour une affaire de relation de travail qui, dans le pire des cas, aurait pu conduire à une plainte déontologique. C'est une différence majeure avec le « cas Lagacé ». Même s'ils ne sont pas parvenus à convaincre grand-monde jusqu'à maintenant, les enquêteurs de la police de Montréal justifient l'intrusion dans les communications personnelles du journaliste par la gravité des soupçons qui pesaient sur le policier sous surveillance, Fayçal Djelidi.

Un policier épluchant les messages et les relevés d'appels des cellulaires d'autres policiers, par contre, c'est du déjà vu à Sherbrooke. C'est une histoire encore toute fraîche, remontant à seulement trois ans.

« Osti de cirque », avais-je d'ailleurs titré le 14 juin 2013 en empruntant l'expression que le policier Alex Therrien avait utilisée dans un texto qui référait au sandwich aux excréments ayant déclenché une enquête interne au SPS. Ce matin-là, en se référant au dossier présenté comme motifs au soutien de l'arrestation et de la mise en accusation du policier Therrien, La Tribune avait raconté comment le capitaine aux enquêtes criminelles et aux normes professionnelles du SPS, Mario Lebrun, avait accumulé des preuves qui devaient servir à faire condamner la « taupe Therrien » sur une kyrielle d'accusations, dont celle d'abus de confiance.

Après avoir eu accès aux relevés des appareils mobiles d'autres policiers, dont l'un était la propriété du syndicat des policiers, le capitaine Lebrun avait relevé des textos cités hors contexte référant à la drogue et à la prostitution. Son rapport beurrait épais. Mais il fallait ce qu'il fallait pour assainir les relations de travail et veiller sur la propreté de la cafétéria, défendait-on alors à la direction de la police comme à l'hôtel de ville.

Les accusations contre le policier Therrien ayant soudainement été retirées, ce dernier est en grief contre la Ville avec le soutien de son syndicat et réclame notamment une compensation de 800 000 $. Les débats juridiques ont été engagés à huis clos au début du mois de septembre.

Parallèlement, la Ville et l'Association des policiers s'affrontent sur les dommages collatéraux, c'est-à-dire « sur l'atteinte à la liberté syndicale et à la dignité de ses représentants » mis en cause dans l'affidavit de l'affaire Therrien. Une autre réclamation de 100 000 $ est accrochée à ce grief dont l'analyse se prolongera en 2017. À ce jour, la Ville n'a reconnu aucun tort et n'a versé aucun dédommagement.

Le tour de manège est cependant loin d'être terminé.

Des grands-parents édifiants

Dès l'instant où il a été établi que la maladie était en cause dans l'agression au couteau qu'Alexandre Martineau a commise contre ses grands-parents habitant dans le nord de Sherbrooke, j'étais persuadé qu'en dépit du choc et des blessures physiques les victimes n'allaient pas tarder à devenir des alliés du jeune homme devant maintenant apprendre à contrôler les troubles schizoïdes qui, chaque jour, menaceront de perturber son comportement.

Je connais cette famille. Le père Michel était dans le cercle de nos amis d'enfance. La chaleur humaine qui se dégageait du témoignage que le grand-père Mario a livré, en appui à son petit-fils, avait la prestance de l'homme qui a été un directeur d'école apprécié à Coaticook.

La maladie mentale suscite souvent des craintes pour les mauvaises raisons. La compréhension plutôt que les reproches, l'affection plutôt que le rejet. La réaction des grands-parents est édifiante.

Beau modèle de réalisme et d'adaptation.

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