Équité et équilibre

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Le maire Bernard Sévigny soutient que même après avoir augmenté les frais municipaux facturés aux promoteurs, Sherbrooke demeure parmi l'une des villes les moins gourmandes à ce chapitre

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / La politique de développement résidentiel de la Ville de Sherbrooke repose sur des choix éclairés et assumés qui ont été guidés par l'intérêt de l'ensemble des contribuables.

C'est la réponse que le maire Bernard Sévigny sert à l'Association provinciale des constructeurs d'habitations (APCHQ), qui prétend que la Ville a mis un frein à l'activité domiciliaire en haussant, il y a deux ans, les coûts facturés aux promoteurs. Ce faisant, elle se priverait de revenus fiscaux qui pourraient atteindre 1 M$ par année, a fait valoir l'APCHQ dans une étude économique.

« Voilà un groupe de pression qui défend ses membres ainsi que la vitalité de se son industrie. Il est également normal que les constructeurs de maisons neuves se soucient de leurs clients. Par contre, la responsabilité qui incombe aux élus municipaux est de veiller à ce que chacun fasse sa part, ce qui n'était pas nécessairement le cas auparavant », rétorque M. Sévigny.

La construction des trottoirs ainsi que l'aménagement de bassins de rétention sont parmi les travaux dont les coûts étaient autrefois pris en charge par la Ville et qui sont maintenant facturés aux promoteurs. Ceux-ci font valoir que c'est le consommateur qui se retrouve finalement à devoir payer 10 000 $ de plus pour chaque unité d'habitation.

« Était-ce normal que les contribuables sherbrookois aient à débourser un demi-million de dollars, et parfois davantage, pour l'ouverture d'une nouvelle rue et cela, pour ajouter parfois seulement une douzaine de maisons? Moi, ça m'agaçait. Rien ne justifiait que nos citoyens assument des coûts qui, dans d'autres villes, incluant Drummondville ou Granby, étaient déjà à la charge des promoteurs. Malgré les ajustements apportés, nous restons avec des tarifs qui sont parmi les plus bas », compare à son tour le maire de Sherbrooke.

Lorsqu'un jeune ménage caresse le rêve d'acheter une maison neuve, la concurrence à laquelle Sherbrooke fait face n'est pas toutefois pas celle d'autres régions. Elle vient de la banlieue. Statistiques à l'appui, l'APCHQ notait à cet effet un ralentissement d'activités plus important dans la ville-centre que dans l'ensemble de la Région métropolitaine de Sherbrooke.

« Nous serons toujours vulnérables à la concurrence de la banlieue. Y a-t-il des exigences moindres à Ascot Corner ou à Sainte-Catherine-de-Hatley? Peut-être. Sauf que, changement ou pas, après avoir connu des années exceptionnelles au cours desquelles nous ajoutions entre 1200 et 1300 nouvelles portes, nous retrouvons un rythme plus normal. Nous nous maintenons autour de 1000 mises en chantier tout en percevant des revenus nets de l'ordre 1,8 M$ provenant de la poche des premiers bénéficiaires de ce développement. Nos objectifs d'équité et d'équilibre sont atteints ».

Bernard Sévigny se montre particulièrement agacé par une remarque formulée par l'APCHQ à l'effet que « Sherbrooke a la marge pour augmenter les taxes afin de financer le développement des infrastructures ».

« C'est trop facile de se rabattre sur la taxation pour refiler des factures à d'autres. Nous faisons des pieds et des mains pour maintenir les hausses de taxes à l'intérieur de la fourchette de l'inflation. Ça n'a pas été le cas l'année dernière alors que nous avons réclamé un effort additionnel pour l'amélioration du réseau routier. Mais, les citoyens sont à même de juger par le nombre de chantiers qu'ils en ont pour leur argent », répond-il.

Nous sommes à la mi-octobre, à moins de deux mois du dévoilement du budget 2017. La promesse du passé tiendra-t-elle?

« Après notre réunion hebdomadaire du comité exécutif, mardi, nous nous attaquerons à l'examen intensif du budget. La cible n'a pas changé, c'est l'Indice des prix à la consommation. L'atteindrons-nous, je ne sais pas. Nous verrons. En sept ans, c'est arrivé seulement deux fois que nous ayons dépassé l'inflation ».

Le maire Sévigny n'aime guère qu'on laisse entendre que son administration a donné le grand coup l'an dernier, en imposant une hausse de taxes moyenne de 4,77 pour cent, afin de ménager les susceptibilités des Sherbrookois durant l'année électorale de 2017.

« L'exercice est plus complexe que cela », argue-t-il.

Néanmoins, si vous vous rappelez bien, à pareille date l'an dernier, je vous avais recommandé de vous préparer au pire. Ce que le budget 2016 a confirmé.

Fiez-vous une fois de plus à mon pif : cette année, ce sera moins pire.

L'inflation, et peut-être des poussières, mais pas davantage.

Pourquoi?

Parce que l'exception peut toujours servir d'excuse à un politicien. Par contre, la récurrence, elle, est un danger qu'un maire n'aime pas courir. Particulièrement quand arrive le moment de solliciter un renouvellement de mandat.

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