Sherbrooke court-elle à sa perte?

Les impacts négatifs du resserrement du financement hypothécaire... (Archives, La Tribune)

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Les impacts négatifs du resserrement du financement hypothécaire s'ajouteront aux répercussions de la politique de développement résidentiel appliquée à Sherbrooke depuis 2014 qui, selon l'APCHQ, aurait fait grimper le coût d'acquisition d'une habitation neuve de 10 000 $.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Le resserrement des règles pour le financement hypothécaire aura des conséquences qui s'ajouteront à la barrière que la Ville de Sherbrooke a érigée avec sa politique de tarification pour le développement résidentiel, mise en place il y a deux ans.

C'est l'avis de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ) qui, avant même que le gouvernement fédéral annonce des mesures de prudence pour l'accès au crédit, a servi une mise en garde aux autorités municipales de Sherbrooke.

Une étude, dont La Tribune a obtenu copie, impute aux choix de l'administration Sévigny une augmentation de 10 000 $ du prix de construction d'une habitation neuve à Sherbrooke.

En 2014, la Ville a revu à la hausse les coûts des travaux municipaux associés au développement résidentiel. Bien que ceux-ci soient initialement facturés aux développeurs, ils seraient au bout du compte refilés aux clients.

L'économiste Georges Lambert, qui a produit l'étude et qui était au nombre des représentants de l'APCHQ qui en ont présenté les grandes lignes à des représentants municipaux, le mois dernier à Sherbrooke, soulève plusieurs interrogations.

« La Ville a fait des choix qui, à notre point de vue, ne servent pas très bien ses intérêts. Encore moins avec le resserrement de l'accès au crédit par le gouvernement fédéral. À Sherbrooke, les impacts s'additionneront : la gestion municipale fait en sorte qu'une maison neuve coûte plus cher et moins de ménages se qualifieront pour en acheter », commente-t-il.

Cette analyse pointue du marché sherbrookois a été produite à la demande de membres de l'APCHQ de l'Estrie afin d'appuyer les constats faits individuellement par des promoteurs. Selon l'auteur de l'étude, la construction résidentielle a davantage ralenti depuis 2010 à Sherbrooke (4,7 pour cent) que dans la Région métropolitaine de Sherbrooke (3,4 pour cent), qui comprend les villes de banlieue ainsi que le secteur de Magog. Alors que Sherbrooke représentait 79 pour cent du total de la construction de la RMR de Sherbrooke en 2010, cette proportion aurait reculé à 73 pour cent en 2015.

L'APCHQ interprète ces données comme des signaux d'un déplacement du développement vers la périphérie.

« Veut-on courir le risque d'entraîner une dévitalisation de Sherbrooke? » questionne-t-on dans l'étude qui associe une baisse directe de 5 à 10 pour cent du nombre de mises en chantier aux politiques municipales.

Après 5 ans, une diminution de 5 pour cent des mises en chantier priverait la Ville de revenus de taxes et de droits de mutation de 2,9 M$. Avec un recul de 10 points, la perte fiscale serait de 5,7 M$ au cours de la même période, a calculé l'économiste.

« Considérant que la croissance du nombre d'habitations a généré 35 pour cent de l'augmentation des revenus de taxation du secteur résidentiel à Sherbrooke entre 2006 et 2015, l'orientation municipale est encore plus difficile à comprendre », étaye-t-il.

Tout n'est pas sombre puisque d'autres indicateurs économiques sont très positifs.

« Sherbrooke a des revenus diversifiés et n'est pas dans une position de vulnérabilité financière », relève l'auteur de l'étude.

Sauf qu'en matière d'ensemble résidentiel, « Sherbrooke peut et doit faire d'autres choix », conclut l'APCHQ.

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