La gestion clinique de la violence

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Les dirigeants du réseau estrien de la santé soutiennent que l'encadrement n'était pas déficient au Pavillon Argyll, lundi soir,  lors de l'altercation entre deux patients « ayant conduit à la mort de l'eux ».

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Je n'aurais pas voulu être à la place des deux gestionnaires envoyées au front pour expliquer pourquoi il s'est écoulé presque douze heures avant d'informer la police qu'il y avait eu mort d'homme, lundi soir, au terme d'une altercation entre deux patients du Pavillon Argyll  à Sherbrooke.

Douze heures!

« Ça s'est produit dans une unité où les gens ont des atteintes cognitives sévères et commettent des gestes pour lesquels ils ne sont généralement pas responsables. Si le même événement était survenu dans un autre environnement, avec des gens tout à fait lucides, le réflexe d'appeler la police aurait été immédiat » a nuancé la directrice adjointe des services professionnels du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, la Dre Suzanne Gosselin.

Le Pavillon Argyll est effectivement un établissement se voyant confier des cas lourds d'alzheimer, de démence et autres maladies du genre. Les deux septuagénaires qui en sont venus aux coups cohabitaient dans une unité dite spécifique, où l'encadrement médical, le personnel de soutien et l'environnement physique dépassent les standards généraux d'un établissement gériatrique.

« Le réflexe a été de mettre l'accent sur la gestion clinique. Les soins, le support aux proches, le soutien aux autres patients ainsi qu'aux membres du personnel, tout cela a été exemplaire. La famille de la victime a été contactée dans l'heure qui a suivi le décès et celle de l'autre patient impliqué, peu de temps après », a raconté à son tour la répondante des soins aux aînés, Sylvie Moreault.

Bravo! Mais le constat obligeait à aller plus loin que la « gestion clinique ». Comme une mort douteuse venait de se produire, il fallait impérativement composer le 911.

« On n'aurait pas souhaité un tel délai. Une procédure encadre les mesures d'urgence et il reste à voir pourquoi elle n'a pas été suivie. Nous apprenons de chaque situation, et nous devrons apprendre de celle-ci pour clarifier nos processus au cas où une autre situation similaire se produirait. Ce que nous ne souhaitons évidemment pas » a fini par admettre Mme Moreault.

Les deux porte-paroles du CIUSSS de l'Estrie - CHUS n'ont pas voulu élaborer sur les circonstances ou la virulence de l'altercation qui a mal tourné et au terme de laquelle le décès de l'un des belligérants a été constaté.

« Ce qui est clair, c'est qu'il y a eu un événement. De quelle nature? C'est l'enquête policière qui va le déterminer » s'est limitée à dire à ce sujet Sylvie Moreault.

L'organisation régionale de la santé n'a pourtant pas laissé planer les mêmes doutes quant à la relation de cause à effet dans le communiqué de presse remis aux journalistes. La toute première phrase réfère à « l'événement ayant conduit à la mort de l'un des participants ». Une formulation qui renforce la prétention que ce cas devait dès le départ être examiné comme un homicide. Que la mort ait été provoquée délibérément ou pas, par une personne égarée ou pas.

L'enquête policière va reconstituer les faits sous l'aspect de la responsabilité criminelle. Quant à lui, le coroner affecté au dossier passera sûrement en revue tout le contexte, il évaluera si la surveillance et l'encadrement de ces grands malades ont été à la hauteur des prétentions de ceux qui en avaient la garde.

« Il est arrivé un événement extrême, on s'entend. Mais, à notre avis, l'environnement dans cette unité est quand même exemplaire », a soutenu la Dre Gosselin.

Selon les chiffres fournis par le CIUSSS de l'Estrie - CHUS, l'encadrement dans cette unité particulière est de 1 personne pour 3,8 patients le jour, 1 pour 5 en soirée et de 1 pour 9 durant la nuit.

Le protocole sur les mesures d'urgence dont il a été question en conférence de presse réfère par ailleurs aux cas « d'alerte incendie, fugue ou disparition, alerte à la bombe, arrivée massive de blessés, fuite d'eau majeure et aux bris techniques ou informatiques du genre.

Pas besoin d'attendre le rapport du coroner pour ajouter « les événements obscurs ou les décès nébuleux ».

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