Plus de prudence que pas assez

La décision de la Commission scolaire des Sommets... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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La décision de la Commission scolaire des Sommets de fermer l'école secondaire d'Asbestos était celle qui s'imposait en pareille circonstance.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / L'instruction de faire irruption lundi matin à la polyvalente l'Escale d'Asbestos était une incitation on ne peut plus claire à la violence : « Votre but est d'éliminer le plus de personnes possible », lisait-on sur le message ayant circulé sur les réseaux sociaux au cours de la soirée de dimanche.

Sous quels motifs ou en soutien à quelle cause des jeunes étaient-ils invités à se rendre complices d'un carnage ?

Pour éviter le piratage de leur compte Facebook ! On ne rit plus...

Il ne faut pas en rire. Même si les motivations semblent futiles et insipides, la menace devait être prise au sérieux. La décision de la Commission scolaire des Sommets de fermer l'école secondaire d'Asbestos était celle qui s'imposait en pareille circonstance.

« Avec les drames survenus depuis dix ans dans des écoles, avec la violence qui se manifeste de nos jours sous plusieurs formes, nous convenons tous aujourd'hui qu'une telle menace peut s'avérer », endosse sans réserve le président de l'Association des directions générales des commissions scolaires du Québec, Éric Blackburn.

L'Île-du-Prince-Édouard a ordonné l'évacuation de 19 000 élèves de ses écoles primaires et secondaires la semaine dernière, le temps d'évaluer le sérieux d'une alerte à la bombe. De semblables perturbations étaient survenues quelques jours auparavant en Nouvelle-Écosse ainsi qu'au Manitoba.

L'effet d'entraînement étant habituellement perçu comme l'un des facteurs augmentant le niveau de risque dans une situation de crise ou au lendemain d'attentats, la prudence était encore plus de mise. D'autant que les cérémonies de commémoration du 10e anniversaire de la tuerie au Collège Dawson, le 13 septembre dernier, ont rappelé les moments tragiques survenus dans nos propres institutions. Des images fortes se superposant à celles de parents dévastés par le massacre de 20 enfants à l'école primaire de Sandy Hook, au Connecticut, il y a à peine quatre ans.

« La vigilance est accrue. La collaboration avec les services policiers a été renforcée. Des programmes de prévention sont mis de l'avant, des exercices d'évacuation ou de cantonnement sont effectués afin de mieux préparer les élèves et le personnel au cas où ils auraient à faire face un jour à un tireur actif.

« Ces situations sont toujours difficiles à évaluer, mais je pense que nous sommes mieux outillés pour les gérer. Aucun de nous n'est prêt à courir un risque pour lequel il pourrait avoir des regrets toute sa vie », affirme M. Blackburn.

S'il arrive encore aux gestionnaires scolaires d'essuyer des reproches pour la fermeture d'écoles les jours de tempête, les décisions comme celle prise lundi matin par la Commission scolaire des Sommets seraient rarement critiquées.

« Dans un cas comme dans l'autre, c'est la sécurité des élèves qui prime. Aucune décision n'est prise à la légère. Les deux causent les mêmes inconvénients. Les parents nous pardonnent toutefois davantage d'avoir fermé une école en raison d'une menace à l'intégrité physique des enfants que pour des risques découlant des conditions météorologiques », admet le porte-parole des dirigeants des commissions scolaires.

De l'agitation, des altercations, des attaques physiques, il s'en passe pas mal dans les écoles du Québec. Dans un dossier préparé en 2014, la consoeur Marie-Claude Malboeuf, du journal La Presse, rapportait que les policiers recensent chaque année depuis 2006 autour de 700 cas impliquant des armes dans les écoles de la province. Sur un calendrier de 180 jours de classe, c'est pratiquement quatre cas par jour.

On ne parle évidemment pas nécessairement d'armes à feu. Ces cas sont relativement rares. Les carabines ou pistolets à air comprimé sont plus souvent en cause. De même, des armes blanches ainsi que des objets tranchants ou contondants sont parfois utilisés lors de disputes entre adolescents.

Certaines écoles de Sherbrooke ont eu dans le passé à couper tous les cadenas des casiers des élèves afin de pouvoir vérifier si une menace présumée était réelle. Assurer l'ordre et la discipline dans une école n'est pas une tâche de tout repos. C'est une responsabilité de plus en plus complexe.

Dans tous les cas, vaut mieux plus de prudence que pas assez. Si 24 heures ont suffi pour évaluer et dissiper la menace à la polyvalente l'Escale, enfants et parents devraient être rassurés.

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