Un cric devenu levier de développement

Le nouveau slogan de la Corporation Ski &... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

Agrandir

Le nouveau slogan de la Corporation Ski & Mont-Orford marque l'appropriation ainsi qu'une possession plus assumée.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Notre phare touristique régional n'éclairait guère plus qu'une lampe de poche lorsque la MRC Memphrémagog en a hérité. C'est à peine si l'on distinguait la silhouette du mont Orford à travers l'épais brouillard politique.

La prise en charge locale était une roue de secours et il n'y avait guère qu'un cric dans le coffre pour la poser. Rappelons-nous que les élus municipaux avaient dû embaucher un avocat pour aller chercher les recettes des billets de saison qui avaient été vendus (autour de 700 000 $), Québec voulait les garder. Or, logiquement, ils devaient servir à financer les opérations de l'hiver suivant.

Chasser le doute était un grand pas à franchir et il faut se réjouir, cinq ans plus tard, que la ligne d'horizon ne soit plus que la dernière ligne du bilan comptable d'une saison.

Voilà que les administrateurs se lancent dans les projections. Les 2,5 M$ que les municipalités de la MRC s'engagent à verser au cours des cinq prochaines années doivent servir de levier à des investissements de 12 M$. Il serait possible de maintenir ce rythme pour atteindre les 25 M$ sur dix ans sans que les années creuses compromettent ces ambitions.

Pour cela, la région entend réclamer sa part du financement annoncé dans le dernier budget provincial pour les infrastructures des activités hivernales. Ayant été témoin de l'exaspération de l'ex-ministre Monique Gagnon-Tremblay et après l'avoir entendu dire « qu'elle ne voulait plus entendre parler d'Orford », même à titre de responsable de l'Estrie, on imagine les réticences ou, à tout le moins, le peu d'enthousiasme avec lequel les ministres libéraux sont susceptibles de recevoir d'autres demandes pour Orford.

« Il ne faut pas s'en cacher, le "syndrome Orford" existe encore » convient Jacques Demers, qui porte les chapeaux de préfet et de président de la Corporation Ski & Golf Mont-Orford.

« Lors de rencontres à Québec qui portaient sur d'autres sujets, j'ai croisé des ministres surpris d'apprendre que la station existe encore ! D'où l'importance d'envoyer le message que la division est terminée et que notre modèle d'engagement est orienté vers un développement répondant aux critères d'acceptabilité sociale », poursuit-il.

Selon M. Demers, les 7,5 M$ investis par la Sépaq au cours des dernières années sont aussi une preuve que le développement ne doit pas être démonisé au parc national du Mont-Orford.

Si la station touristique se porte de mieux en mieux - malgré un déficit d'opération de 269 000 $ l'an dernier attribuable à un hiver capricieux ayant causé les mêmes soucis financiers ailleurs - pourquoi les investisseurs privés ne rôdent-ils pas autour de la montagne ?

« Il n'y a pas d'avantages à vendre et il n'y a pas d'acheteurs non plus », soutient M. Demers.

Les fruits d'une vente éventuelle reviendraient dans les coffres de la MRC, mais encore faut-il que le bilan financier démontre un réel potentiel de profits sans subsides de la communauté.

« Il faudrait pour cela doubler nos immobilisations et ce n'est pas envisageable à court terme. L'avantage de conserver la montagne, c'est de pouvoir en orienter le développement en choisissant les partenaires avec lesquels nous voulons diversifier les activités. Les investissements annoncés ne seront pas que pour le golf et le ski, nous évaluerons comment cet argent peut aussi servir à supporter les initiatives qui, comme le Festival de la bière, ont donné des résultats probants ».

Il y a cinq ans, les « secouristes d'Orford » se sentaient comme des brancardiers du Tiers-Monde avec leurs petits moyens pendant que les millions pleuvaient à l'autre bout du lac Memphrémagog pour propulser Jay Peak. Les accusations de fraude portées contre les artisans de ce développement rapide ont changé la donne. Jusqu'à ce que la justice américaine se prononce, la cadence risque d'être au ralenti à Jay tout comme à Burke, l'autre montagne acquise par le même groupe en projetant une métamorphose rapide qui n'est pas engagée.

Fermée depuis 2011, la station de villégiature The Balsams du New Hampshire, située à une quarantaine de kilomètres de la frontière canadienne, doit quant à elle renaître avec des investissements majeurs. Un agrandissement du domaine skiable est prévu, mais les promoteurs misent également sur le potentiel d'attraction de la motoneige.

La concurrence existera toujours et il faudra lui faire face. Le nouveau slogan « Mon Orford » marque l'appropriation ainsi qu'une possession plus assumée. C'est une bonne façon d'envisager l'avenir.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer