La charte des parents inquiets

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Sophie Dupont, une femme de Québec qui se bat depuis douze ans afin que la province se dote d'un registre public sur les délinquants sexuels, juge que l'alerte lancée par la Régie de police Memphrémagog à propos du déménagement de Rénald Côté accrédite sa démarche.

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / Suggestion de question référendaire pour les candidats à la direction du Parti québécois en attendant les conditions gagnantes sur la souveraineté : « souhaitez-vous que le Québec se dote d'un registre public sur les délinquants sexuels »?

Le sujet recoupe la plupart des préoccupations exprimées depuis le début de la campagne au leadership du PQ : autonomie, affirmation, identité, charte des valeurs, etc.

Même si le premier ministre Philippe Couillard et le chef de la CAQ, François Legault, aiment à se tenir loin des référendums, ça les forcerait à se positionner dans le camp du Oui ou celui du Non. Idem, pour les représentants de Québec solidaire.

À défaut d'un référendum, la mise en garde lancée par la Régie de police Memphrémagog, qui a été relayée par la direction de certaines écoles de Sherbrooke, appelle à un positionnement politique quant à la façon d'alerter le public lorsqu'un délinquant sexuel notoire comme Rénald Côté débarque dans une nouvelle ville.

Y'a pas de pitié à l'égard d'un père incestueux ayant abusé de sa fille durant 17 ans, de son jeune âge et jusqu'à son lit d'hôpital, quelques mois avant qu'elle ne décède d'un cancer à l'âge de 22 ans. La réputation du « monstre de Magog » n'est pas surfaite et elle le suivra partout. La médiatisation de son déménagement à Sherbrooke ne facilitera sûrement pas son intégration.

« J'ai été surprise par le geste de la Régie de police Memphrémagog, car il est contraire aux positions politiques. Les autorités provinciales n'ont cessé de me répéter que ces informations doivent demeurer à circulation restreinte. En même temps, c'est une initiative qui accrédite mes prétentions. La sécurité, en particulier celles des enfants, commande une plus large diffusion des renseignements » commente Sophie Dupont, qui se bat depuis 12 ans afin que le Québec se dote d'un registre public sur les délinquants sexuels.

Mme Dupont, dont la fille a été exposée aux fantasmes d'un voisin exhibitionniste à l'âge de sept ans, tentera de faire progresser ses revendications à travers un mouvement en voie de formation, le PECAS (Protection des enfants contre les agressions sexuelles).

Sa bataille obtient de larges appuis dans les sondages, qui ne se sont toutefois pas traduits par une participation significative lors de la Marche blanche tenue au début du mois à Québec. Celle-ci n'a réuni qu'une centaine de personnes.

Certaines provinces, dont l'Alberta et la Saskatchewan, ont des registres de délinquants sexuels que le public peut consulter. L'Ontario est à mi-chemin. Certaines informations, incluant la photo d'une personne pouvant représenter une menace, sont diffusées dans les communautés locales concernées. Il en revient à un comité désigné, comprenant un policier, d'évaluer la pertinence et la teneur des dossiers à dévoiler.

Dans le cas particulier de Rénald Côté, ses lourds antécédents ainsi que la menace qu'il représente toujours, puisqu'il a été établi ces derniers mois qu'il avait offert des bonbons à un enfant de 9 ans en l'invitant à son domicile, justifient l'alerte diffusée par le corps policier qui s'efforçait de garder un oeil sur lui depuis sa sortie de prison. Ce n'est cependant qu'un cas parmi d'autres.

Pour qui, pourquoi et comment cette responsabilité devrait-elle être systématiquement assumée?

« Nous ne commenterons pas le cas particulier de Magog. Toutefois, notons que les questions de la diffusion de certaines informations de nature personnelle concernant un délinquant sexuel doivent être prises en considération de la Loi sur le renforcement des peines pour les prédateurs d'enfants. Bien qu'adoptée par le gouvernement fédéral le 18 juin 2015, cette loi n'est pas encore en vigueur. Le Québec est actuellement en réflexion quant à sa participation à cette initiative fédérale », répond en des termes généraux une porte-parole du ministère de la Sécurité publique du Québec, Louise Quintin.

Ce n'est ni noir ni blanc, plutôt dans les tons de gris actuellement dans l'appareil gouvernemental québécois.

Pour avoir un peu de suite dans les idées, il faut se tourner vers les dirigeants politiques afin qu'ils campent leurs positions : le Québec se donne-t-il un registre de délinquants sexuels, oui ou non?

Si c'est non, qui nous aide à suivre de manière civilisée les déplacements des Rénald Côté de ce monde?

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