Un acte de foi dans le parc scientifique

Le conseil municipal de Sherbrooke a approuvé la... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Le conseil municipal de Sherbrooke a approuvé la vente du terrain ainsi que le montage financier du bâtiment multilocatif de 5,5 M$ qui servira d'incubateur dans le parc scientifique voisin du CHUS Fleurimont. Les comités de promotion industrielle de Sherbrooke et Brompton sont partenaires dans le projet.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / C'est finalement à travers une alliance régionale et avec des fonds exclusivement sherbrookois que naîtra le premier bâtiment multilocatif du parc scientifique, à l'intention des entreprises de la filière-clé des sciences de la vie.

En approuvant lundi soir la vente du terrain ainsi que le montage financier, les élus sherbrookois ont donné le feu vert à la construction, au coût de 5,5 M$, de l'immeuble appelé à devenir une pépinière sur les terrains adjacents au complexe du CHUS Fleurimont.

La Ville de Sherbrooke et l'organisme Sherbrooke Innopole sont parvenus à orchestrer une alliance impliquant les comités de promotion industrielle de Sherbrooke et de Brompton, deux entités distinctes nées avant la fusion de 2002 et qui, à ce jour, n'avaient jamais été partenaires dans un même projet.

La Ville injectera 612 000 $, Sherbrooke Innopole en allongera 500 000 $, tout comme le Comité de promotion industrielle de Sherbrooke. Même sans mise de fonds, le Comité de promotion industrielle de Brompton sera reconnu comme propriétaire et gestionnaire du bâtiment qui aura une superficie de 20000pieds carrés (sur deux étages).

« C'est une entente historique unissant nos forces et mettant en valeur l'expertise de chacun. L'un de nos partenaires s'occupera du chantier, l'autre des opérations. De notre côté, notre énergie ira au recrutement d'entreprises », se réjouit la directrice générale de Sherbrooke Innopole, Josée Fortin.

Le Comité de promotion industrielle de Sherbrooke (CPIS) a vu le jour durant la saignée des emplois dans les grandes usines. Sa première mission a été d'acquérir, en 1995, l'immense bâtiment que la compagnie ABB a cessé d'opérer sur la rue Cabana. Aujourd'hui, des travailleurs y transforment de l'aluminium et d'autres y assemblent des plates-formes de chargement.

« Notre expertise est dans le bâtiment. Plus récemment, après avoir acheté l'usine de cosmétique ayant fermé ses portes dans le parc industriel, nous l'avons revendue en réalisant des profits de 1,6 M$. Ce sont les liquidités que nous utilisons pour appuyer ce projet dans l'économie du savoir », explique le président du CPIS, Jean-Paul Longchamp.

De son côté, le Comité de promotion industrielle de Brompton (CPIB) a historiquement agi comme investisseur et comme gestionnaire d'immeubles, son travail ayant servi de levier dans le parc Gene-H-Kruger, fleuron de l'ancienne ville de Bromptonville.

« Au fil des ans, nous nous sommes monté une très bonne équipe de gestion. Le mandat de gérer le bâtiment du parc scientifique colle à nos compétences. C'est notre première implication hors de l'arrondissement de Brompton, mais pas la dernière », fait de son côté valoir le président du CPIB, Paul Proulx.

L'organisme que préside M.Proulx acquiert d'ailleurs un autre terrain de la Ville à titre de promoteur immobilier, pour préparer l'arrivée d'une entreprise dans le nouveau périmètre du parc industriel régional se trouvant aux portes du secteur Saint-Élie.

« Il n'y a pas de fusion dans l'air entre nos deux comités. Peu importe qui fait quoi, il faut que la région se retrousse les manches. Mon fils vit en Suède, j'ai vu les investissements qui s'y font en haute technologie à proximité des campus universitaires. Si nous ne faisons pas preuve du même dynamisme, nous allons passer au bout du pont », juge Jean-Paul Longchamp.

Ce n'est pas la première fois que les Sherbrookois entendent parler d'un bâtiment locatif pour les sciences de la vie. C'était la mission initiale du pavillon qui avait été construit par la Solim (le bras immobilier du Fonds de solidarité de la FTQ) à l'ancienne entrée du CHU.

Le taux d'occupation y a été faible. Les coûts de location étaient jugés trop élevés. L'immeuble a été récupéré par l'Université de Sherbrooke.

Cette fois, la région contrôlera l'offre.

« Il faudra être d'une extrême vigilance sur nos coûts de construction et d'opération afin de garantir le meilleur prix possible aux entreprises présentant un potentiel de commercialisation. Nous nous donnons les moyens d'y parvenir » assure Josée Fortin.

La Ville de Sherbrooke participera au financement des opérations en versant une subvention annuelle qui correspondra à la valeur des taxes municipales imposées sur l'immeuble. Elle compensera également l'excédent de dépenses sur les revenus. Cette aide additionnelle de la Ville est estimée à 250 000 $ sur dix ans dans les prévisions financières.

La région ose. Elle pose un acte de foi dans son parc scientifique.

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