Une croisade en solitaire

La Ville de Sherbrooke n'appuiera pas les revendications... (Spectre Média, Maxime Picard)

Agrandir

La Ville de Sherbrooke n'appuiera pas les revendications du maire de Cookshire-Eaton, Noël Landry, qui demande une révision  du tracé de l'autoroute 410 à la hauteur du Centre de recherche d'Agriculture Canada, dans l'arrondissement de Lennoxville. La ministre Marie-Claude Bibeau se retire également du dossier.

Spectre Média, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Il n'y aura pas de retour en arrière des élus de Sherbrooke, qui ne voient pas la pertinence de revoir le tracé du dernier segment à compléter sur l'autoroute 410. La ministre Marie-Claude Bibeau s'écarte également du dossier.

Le maire de Cookshire-Eaton, Noël Landry, se retrouve donc avec un poids politique considérablement réduit dans sa croisade, lui qui souhaite que l'autoroute se raccorde à la route 108 après le Centre de recherche d'Agriculture Canada plutôt qu'avant, dans l'axe du chemin Glenday.

Bien qu'il ait officiellement sollicité l'appui de la Ville de Sherbrooke lors d'une rencontre avec son homologue Bernard Sévigny tenue en janvier 2015, le maire Landry n'avait toujours pas obtenu de réponse. Celle-ci lui parvient par l'intermédiaire du président de l'arrondissement de Lennoxville, David Price.

« Nous sommes satisfaits du tracé, il atteint l'objectif de décongestionner le centre-ville de Lennoxville et nous attendons avec impatience que ça se fasse » annonce le conseiller Price, que le cabinet de la mairie a désigné comme porte-parole pour communiquer la position de la Ville.

Les espoirs du maire de Cookshire-Eaton reposaient notamment sur le changement de gouvernement à Ottawa. Il misait sur un coup de main de la ministre Marie-Claude Bibeau afin d'obtenir un assouplissement de la position d'Agriculture Canada, qui s'était opposé dans le passé au morcellement de ses terres. Noël Landry est d'avis que le fédéral ne serait aucunement brimé par un raccordement qui se ferait à la limite de la ferme expérimentale et de l'école secondaire Alexander Galt.

Même après une rencontre au bureau de Mme Bibeau, M. Landry n'a pas réussi à convaincre la ministre répondante de l'Estrie à Ottawa de réactiver le dossier.

« Après avoir écouté les arguments du maire Landry, nous avons pris des informations auprès des autorités provinciales et municipales. Il appert que le gouvernement fédéral n'est aucunement mis en cause. Rien ne justifie donc une intervention de ma part », en déduit la ministre Bibeau.

Si la position de la Ville a le mérite d'être claire aujourd'hui, elle semblait quelque peu embrouillée il y a quelques jours encore.

« Après vérification, nous n'avons ni analyse ni dossier concernant le tracé proposé par le maire de Cookshire-Eaton », m'a-t-on rapporté cette semaine dans une communication officielle émanant de l'appareil municipal.

Une affirmation qui a fait sursauter le maire Landry.

« Vous m'en voyez très surpris, la Ville de Sherbrooke a nos plans ».

David Price le confirme, reconnaissant s'être lui-même rendu à Ottawa avec ces plans pour intercéder auprès de l'ex-ministre Gerry Ritz, qui était ministre de l'Agriculture au sein du gouvernement de Stephen Harper.

« Non seulement le ministre Ritz m'a-t-il dit que ça compliquerait les choses pour le fonctionnement de la ferme expérimentale, mais il m'a passé le message que ça pourrait compromettre l'avenir du Centre de recherche. Or, il s'agit de très bons emplois que nous ne voulons pas perdre », rapporte le conseiller Price, qui a participé à toutes les étapes de planification de ce projet puisqu'il était maire de Lennoxville avant la fusion de 2002.

Les élus sherbrookois avaient également reçu un autre signal, celui-là des représentants provinciaux, à l'effet que les précédentes étapes du prolongement de la 410 avaient été obtenues à l'arraché et qu'il valait mieux ne pas trop compliquer les choses pour espérer la réalisation du dernier tronçon.

« Le pont coûtera plus cher que ce qui reste de voies à construire. Notre souci est donc qu'on en finisse », ajoute M. Price en rappelant que dans la planification initiale, cette dernière étape devait être la première.

Les autorités sherbrookoises auraient également eu comme souci d'éviter les conflits avec le ministère des Transports du Québec, à propos de la 410, durant les pourparlers engagés pour la reconfiguration des voies menant au centre-ville, en provenance de l'arrondissement de Brompton. Sherbrooke espère une compensation financière à la hauteur de ce que seraient les coûts de reconstruction du pont des Grandes-Fourches même si les changements qu'elle propose nécessiteront une structure moins imposante pour traverser la rivière Magog en se rapprochant de la rue Wellington.

Bien qu'il n'ait obtenu aucune réceptivité à la direction régionale du ministère des Transports, le maire Landry cherche tout de même à obtenir audience auprès du nouveau titulaire de ce ministère, Laurent Lessard.

« Il y a des gains d'efficacité et d'importantes économies importantes à réaliser. J'irai jusqu'au bout », maintient-il.

Sans la poussée des élus de Sherbrooke et de la ministre Bibeau, le maire de Cookshire-Eaton va toutefois ramer vers Québec en remontant le courant.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer