Une maison «cancéreuse» au coeur de Bury

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Les coûts pour éliminer tous les risques inhérents à la mérule pleureuse ayant contaminé une résidence de Bury seraient supérieurs à la valeur du bâtiment, a conclu le spécialiste Danny Carle qui en recommandera la destruction.

La Tribune, Luc Larochelle

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / À sa sortie d'une résidence de Bury, un homme masqué et vêtu d'une combinaison blanche a rendu sans délibérer un verdict qui semble sans appel.

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Danny Carle

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« Le coût de nettoyage et de décontamination vont dépasser la valeur de ce bâtiment », a livré Danny Carle de la firme spécialisée Fongix.

Nous sommes au coeur du village qui est l'emblème de la communauté anglophone de l'Estrie. La maison dont il est question, située au 595 de la rue Main, est fortement contaminée à la mérule pleureuse, le champignon dévastateur surnommé « cancer du bâtiment ». Elle n'y survivra vraisemblablement pas.

L'endroit n'est plus habité. Le dernier occupant, Mathieu Potvin, en serait toujours propriétaire, mais son créancier hypothécaire, la Banque CIBC, a entrepris des recours pour obtenir une vente en justice. La propriété est taxée par la municipalité sur une valeur de 90 400 $, dont 75 100 $ sont attribués au bâtiment.

« Un premier échantillon envoyé en laboratoire nous avait confirmé qu'il s'agissait bien de la mérule pleureuse. De là, nous sommes passés à l'évaluation des dommages. Les probabilités de sauver cette maison sont faibles, car d'autres problèmes sérieux sont à résoudre : infiltration d'eau par le toit, problème de structure, d'isolation, de ventilation, tous des facteurs ayant contribué à aggraver la situation », a relevé l'expert dépêché sur les lieux.

Une maison de Saint-Georges-de-Windsor doit être incendiée au cours de la prochaine fin de semaine afin de solutionner un cas semblable. Ce n'est pas ce que proposera Danny Carle, en tenant compte qu'il s'agit dans un secteur où les résidences sont rapprochées et que la plupart d'entre elles ont un revêtement en bois.

« La proximité des maisons voisines et la végétation mature suggèrent de ne pas recourir à une élimination par le feu. Dans de telles conditions, l'ardeur du brasier pourrait être difficile à contrôler. J'opterais davantage pour une démolition en respectant rigoureusement les protocoles », juge-t-il.

Cela signifie, dégarnissage et isolement des matériaux affectés afin d'éviter la propagation diffuse dans l'air, un peu comme cela est requis pour disposer de matériaux contaminés à l'amiante, avant l'étape de la pelle mécanique.

« Les voisins n'ont pas à s'inquiéter. La mérule pleureuse ne se propage pas à l'extérieur d'un bâtiment fermé. Il n'y a aucune trace de contamination à l'extérieur de la maison et pas davantage sur le garage qui est à moins d'un mètre. Quant aux règles d'élimination, elles sont strictes et en les suivant, il nous est possible dans certains cas de sauvegarder les bâtiments sans que cela comporte de risques pour les voisins », précise Danny Carle.

Sans s'inquiéter, Mavis Dougherty, une voisine, n'en est pas moins été estomaquée.

« Je sais que la rupture de conduites a provoqué un dégât d'eau l'hiver dernier, mais je n'aurais jamais pensé que les dommages étaient aussi sérieux ».

C'est tout le contraire pour Patricia Thibeault, dont la propriété est aussi attenante à la maison qui pourrait connaître une fin précipitée.

« Cette propriété a toujours été un nid à problèmes. Ça ne serait pas une mauvaise chose qu'elle disparaisse ».

Les problèmes sérieux constatés au 595 de la rue Main n'avaient pas encore été communiqués à la municipalité de Bury.

« C'est vous qui me l'apprenez. Nous allons essayer d'en savoir davantage sur ce qui se passe pour veiller à ce que les voisins soient rassurés. Comme il s'agit par contre d'un problème de sécurité à l'intérieur d'une résidence privée, les décisions concernant l'avenir du bâtiment appartiendront aux personnes concernées », commente le maire Walter Dougherty.

La firme Fongix produira un rapport à la compagnie de gestion immobilière Veranova, dont elle a reçu le mandat. Reste à savoir qui prendra la décision et ouvrira ses goussets pour éliminer le problème. Une facture qui dépassera vraisemblablement la valeur marchande du seul terrain.

« Habituellement, les institutions financières ne tardent pas à prendre les mesures qui s'imposent, car elles ne veulent pas risquer que les choses s'aggravent », soutient Danny Carle.

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