Le vrai du faux

En vertu des nouveaux règlements proposés par le... (La Tribune, Luc Larochelle)

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En vertu des nouveaux règlements proposés par le gouvernement Couillard, la chaîne Toys « R » Us aurait l'obligation de s'afficher en français dans le mail du Carrefour de l'Estrie comme à l'extérieur du centre commercial. La manière de le faire, par contre, serait assez élastique.

La Tribune, Luc Larochelle

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / Une formation d'artificier devrait être dispensée à tout ministre se voyant confier l'explosif dossier de la langue française au Québec.

Le ministre Luc Fortin est mieux de s'y faire, c'est lui qui aura à marcher dans ce champ de mines pour défendre les nouvelles dispositions réglementaires visant à greffer du français autour des marques de commerce ne s'affichant qu'en anglais.

J'ai mis le ministre Fortin au blanc dans ma chronique qui traitait la semaine dernière des cas de la compagnie Wiptec, qui a l'Office de la langue française sur le dos pour l'unilinguisme de ses façades donnant sur l'autoroute 410, et de la chaîne Toys« R » Us, qui est présente au Carrefour de l'Estrie et qui se retrouve dans la mire de la réglementation annoncée.

Voici les propos que j'attribuais au ministre au sujet des changements à prévoir au Carrefour:

« Avec ce que nous proposons, il devra y avoir un générique ou un descriptif en français ».

« Le ministre Fortin semble avoir formulé un propos inexact. Si son gouvernement a changé d'avis, je serai heureux de l'apprendre », a réagi par courriel Guillaume Rousseau, professeur de droit à l'Université de Sherbrooke, en me renvoyant aux textes légaux.

Lundi matin, c'est l'ex-député péquiste de Johnson, Étienne-Alexis Boucher, qui a rué dans les brancards en sommant le ministre de s'expliquer.

Sans prendre la défense de Luc Fortin, j'assume la partie du blâme qui est mienne : au cours de notre entretien, le ministre n'a pas limité la future obligation légale à un « générique » ou à un « descriptif ». Il a fait référence « à l'obligation d'un affichage en français ».

Dans l'esprit de la loi, les propos associés à M. Fortin n'étaient pas faux, mais ils étaient incomplets.

« Une fois le règlement adopté, il s'agira d'une obligation légale d'afficher du français sur les façades intérieures et extérieures. Ce qui n'est pas obligatoire, c'est la nature du français en question. Slogan? Descriptif? Générique? Autre chose? C'est au choix du propriétaire de la marque de commerce », a précisé son attaché de presse Karl Filion.

En googlant les mots « affichage » et « marques de commerce », vous trouverez le document de vulgarisation qui rend les textes juridiques arides un peu plus précis.

Ce qui titille, c'est que la mise en valeur du français sur la façade du restaurant d'une chaîne anglophone pourrait se limiter à l'affichage du menu du jour ou du rabais du mois dans une vitrine, sans qu'il y ait prédominance de la langue française autour de la bannière.

Pour revenir à l'exemple du magasin Toys « R » Us, un affichage complémentaire en français serait exigé autant sur la façade extérieure du Carrefour que sur celle du mail. La manière de le faire, par contre, serait assez élastique.

« L'affichage du français sur les façades devrait être aussi visible et d'aussi loin que le logo de la marque. Donc, si le logo est éclairé, le message en français devrait l'être aussi », a résumé en des termes généraux le porte-parole du ministre Fortin.

En conclusion, autant l'obligation est claire, autant le comment est effectivement flou. Notre député et ministre de l'Estrie risque d'avoir à s'adonner à de la jonglerie parlementaire cet automne.

On se passe tout de suite le mot : si Luc Fortin envoie le Père Noël acheter les cadeaux de ses jeunes enfants dans un magasin de jouets trop récalcitrant, ça prendra des lutins pour bavasser !

*****

Toutes mes félicitations au hockeyeur québécois Marc-André Vlasic qui, devant la meute de journalistes assoiffée de commentaires sur le départ de P.K. Subban, n'a pas eu la langue de bois.

« On n'est pas encore passés à une autre étape, les partisans de Montréal sont encore déçus », a-t-il questionné avec ironie.

Quelle belle caricature de notre hystérie sportive !

On s'en convainc une fois pour toutes : la vedette qui était la marque de commerce du Canadien l'an dernier est rendue à Nashville. Maintenant, et vous serez probablement d'accord avec moi, la prédominance du français au Centre Bell sera assez secondaire si Carey Price redevient le magicien qui transforme les défaites en victoires.

Allez, Carey, permets-nous de rêver qu'avec notre nouveau guerrier Shea, même la Coupe Stanley nous sera accessible après avoir mis la main sur la Coupe du monde...

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