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Alors qu'il souhaitait faire de la saignée des profits d'Hydro-Sherbrooke sa priorité, le vérificateur général Claude Cournoyer soutient avoir été invité par la direction générale de la Ville à s'occuper autrement.

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / À la lecture du rapport du vérificateur général de la Ville de Sherbrooke, Claude Cournoyer, on croirait que l'organisation municipale est devenue une classe d'élèves modèles.

Les réserves émises dans le passé quant à la façon de comptabiliser des engagements financiers du gouvernement provincial ont disparu, la trésorerie municipale serait maintenant à la page. C'est l'un des exemples démontrant que la grande majorité des recommandations des précédents rapports ont été suivies, s'est réjoui M. Cournoyer.

Dans ce rapport nettement plus élogieux qu'abrasif, une contradiction laisse toutefois perplexe. D'une part, le vérificateur général rappelle que la perte de profits de 7 millions qui découlera de la nouvelle grille tarifaire pour l'achat d'énergie mettra une « pression énorme » sur la situation financière d'Hydro-Sherbrooke, et par conséquent sur celle de la Ville.

De l'autre, il avoue ne pas avoir complété la mission qu'il s'était donnée, celle d'évaluer de possibles « mesures de mitigation » pour amortir ce choc tarifaire.

« Notre planification initiale était de commencer ce mandat-là l'automne dernier. J'ai eu des demandes de le retarder au début de 2016 », précise-t-il toutefois en entrevue.

Des demandes formulées par qui?

« Par la direction générale. On m'a demandé de prioriser d'autres dossiers, ce que j'ai fait », ajoute Claude Cournoyer.

Considérant les enjeux budgétaires, est-ce que cela vous est apparu logique?

« (Hésitation). Ma compréhension, c'est qu'il y avait formation d'un nouveau comité (à Hydro-Sherbrooke), les choses commençaient à se mettre en place, ce qui fait qu'on m'a dit d'attendre que la poussière tombe avec le nouveau comité ».

Pour clore notre entretien sur le sujet, le vérificateur général a ajouté qu'il aurait pu insister, invoquer son pouvoir d'indépendance, « mais pour obtenir quels résultats en se braquant? »

Aviez-vous au moins des idées?

« La Ville a tout intérêt à réactualiser certaines études faites dans le passé en tenant compte de cette nouvelle réalité tarifaire ainsi que de l'évolution des technologies. Les accumulateurs thermiques, qui permettent de récupérer et de stocker de la chaleur pouvant être récupérées pour contrôler les pointes, doivent notamment être examinés de près », suggère le vérificateur général s'étant adjoint les services d'un expert pour le guider dans ce dossier.

L'homme de chiffres ne cherche pas à se mettre sur un piédestal, à se prétendre plus compétent que les spécialistes d'Hydro-Sherbrooke qui, reconnait-il d'emblée, « avaient atteint l'excellence dans la gestion des charges selon les anciens paramètres ».

« Mais toutes les références du passé deviennent caduques et il faut trouver d'autres moyens d'optimiser la division en fonction de la nouvelle réalité », plaide M. Cournoyer.

Toujours est-il que notre chien de garde de l'efficacité administrative, détaché de l'appareil dont il a relevé certains travers depuis son arrivée à Sherbrooke en 2010, est resté sagement confiné dans son enclos à attendre qu'on l'invite aux discussions portant sur l'avenir du réseau municipal d'électricité.

En attendant, une vieille préoccupation, la gestion électronique des documents, était en train de s'empoussiérer. Des intentions ont été manifestées dans les plans d'immobilisations de la Ville depuis 2006, a rappelé le vérificateur général avant d'expliquer comment il s'est finalement occupé du dossier.

M. Cournoyer a excusé la lenteur administrative à Sherbrooke en affirmant qu'elle était la même partout, à l'exception de Laval et Longueuil, les deux premières villes à avoir entrepris ce virage.

Je vous relance avec une question, la même que la semaine passée, sur l'énigme en fait que j'ai été incapable de résoudre même après avoir questionné le directeur général de la Ville, Yves Vermette : que se passe-t-il donc au sein de nos effectifs municipaux?

On y voit par contre un peu plus clair. Quand le vérificateur général d'une grande ville comme Sherbrooke est ainsi envoyé sur la touche, on imagine un peu mieux la difficulté de cadres intermédiaires à faire leur place durant leur période de probation.

À moins qu'on soit en train de passer un message subtil au vérificateur général, dont le contrat viendra à échéance au cours de la prochaine année, à l'effet qu'il est mieux, lui aussi, de commencer à se chercher une autre niche...

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