Au-delà des perceptions

Le directeur général de la Ville de Sherbrooke,... (Archives, La Tribune)

Agrandir

Le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Yves Vermette, ne voit pas de facteurs qui compliqueraient l'intégration de nouveaux cadres au sein de son organisation. Trois directeurs fraîchement nommés n'ont pas complété leur période de probation.

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Le directeur général d'une ville prenant l'initiative d'aller vers les médias pour fournir l'assurance qu'il travaille dans un milieu stimulant, entouré de professionnels dédiés et compétents, je n'avais pas vu cela avant de recevoir en début de semaine un communiqué de presse de la Ville de Magog.

« J'ai l'impression que les gens pensent que ça va mal au sein de l'administration magogoise, mais c'est loin d'être vrai » a tenu à corriger Claude Marcoux, le gestionnaire vers qui la Commission municipale du Québec s'est tournée pour assurer une transition harmonieuse après la période houleuse ayant braqué la mairesse Vicky-May Hamm à l'ex-directeur général Armand Comeau.

J'ai contacté M. Marcoux pour lui demander s'il avait déjà songé à un pareil exercice de relations publiques durant les cinq années au cours desquelles il a dirigé la Ville de Sherbrooke, qui a été son employeur pendant 18 ans.

« Non, je ne me suis jamais retrouvé dans une situation de crise comme celle que l'on décrivait à Magog. C'est d'ailleurs en constatant qu'il n'y avait rien de tel, ici, que je me suis dit qu'il fallait absolument corriger ces perceptions erronées », s'est-il justifié.

Une mairesse rassurée par le flegme d'un Claude Marcoux, encouragée qu'un ancien gestionnaire du Service de protection des incendies de Sherbrooke. Serge Collins, soit en voie de rétablir la cohésion parmi ses pompiers, cou'donc, nos retraités municipaux forment-ils une brigade de secouristes?

Une fois ce mandat terminé, ça vous dirait de venir jeter un oeil sur ce qui cloche dans l'embauche de cadres à Sherbrooke? ai-je demandé à M. Marcoux.

« C'est une organisation que je connais bien et je sais qu'elle n'a pas besoin de moi pour fonctionner », a-t-il répondu avec diplomatie.

Voyant son ancien collègue se livrer à du renforcement positif à Magog, Yves Vermette s'est empressé de donner suite à ma requête pour faire la même chose à Sherbrooke. Le directeur général a répondu aux interrogations soulevées par les départs précipités de trois cadres à qui la Ville avait confié des postes de gestion et qui sont partis avant la fin de leur période de probation.

« Ce sont des difficultés ponctuelles d'arrimage. Je ne perçois aucun malaise, aucun signal laissant croire que notre organisation a des lacunes au niveau de l'intégration de nouveaux gestionnaires », assure le grand patron de l'appareil municipal sherbrookois.

Réponse classique. Le maire Bernard Sévigny est du même avis.

Quand on soulève des questions sur des prévisions budgétaires ou des résultats financiers, on peut opposer des chiffres à ceux que l'on nous sert. Dans les dossiers de ressources humaines, on nage malheureusement souvent dans le superficiel.

D'abord, parce qu'une personne accueillie avec des félicitations et qui repart dans la déception n'a pas comme premier réflexe d'exposer publiquement les travers de l'organisation qui vient de la larguer ainsi. Son souhait est de panser ses plaies en refermant ce chapitre de sa vie au plus sacrant.

En invoquant de son côté son devoir de réserve et de respect, un employeur arrive assez facilement à se soustraire aux questions plus pointues.

Une organisation comptant 1300 employés permanents, qui presse constamment le citron afin de générer les économies de 11 millions annoncées dans le plan d'optimisation de l'administration Sévigny, a nécessairement dans ses rangs des gens aigris de ne pas avoir obtenu la promotion espérée ou excédés de voir leur charge de travail augmenter sans arrêt. Le contexte est propice aux frictions.

« Des déceptions, il y en a. Je suis partisan de la transparence et nous prenons le temps d'expliquer le fondement des décisions. La couverture médiatique des activités municipales étant plus soutenue à Sherbrooke que dans la plupart des autres grandes villes du Québec, nous nous savons constamment sous le radar. Ça nous oblige à nous challenger entre nous. L'essentiel est que cela se fasse dans le respect de chacun », répond Yves Vermette.

Ça va aussi bien à Sherbrooke qu'à Magog? Vraiment? Tant mieux, ça nous évitera d'avoir à appeler en renfort l'escouade des anciens.

Je garde par contre à l'esprit que cette organisation municipale a aussi parmi ses antécédents d'avoir tenté de déboulonner le vérificateur général, Claude Cournoyer. Cet épisode avait aussi été très particulier.

Tantôt, la Ville de Sherbrooke risque de devenir un employeur ayant mauvaise presse...

« Ça ne m'inquiète pas. Nous traitons bien notre monde et la rémunération que nous offrons est très compétitive », tempère le maire Bernard Sévigny.

L'ancien journaliste que vous êtes, M. Sévigny se souvient sûrement de la théorie de la communication voulant que « la perception, c'est la réalité ».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer