Le prochain chapitre

Les consultations menées aux quatre coins du Québec... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Les consultations menées aux quatre coins du Québec par le ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, dépoussièrent une politique culturelle qui avait été adoptée sous le gouvernement de Robert Bourassa.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / Beding-bedang! le tablier de l'autoroute Bonaventure est cisaillé et les morceaux tombent avec fracas. La modernité nous accueillera d'ici quelques années à Montréal avec un nouveau pont et un boulevard urbain.

Les travaux sont moins spectaculaires et soulèvent moins de poussière, mais c'est tout un chantier que pilote le ministre Luc Fortin comme architecte de la politique culturelle devant remplacer celle qui a été adoptée en 1992... du temps où Robert Bourassa était premier ministre du Québec.

« Un nouveau chapitre culturel pour le Québec », suggère comme thématique le cahier de consultation que les acteurs du milieu étaient invités à lire avant la discussion régionale tenue lundi à Sherbrooke.

Pour un peuple se proclamant société distincte, avec un chapitre par quart de siècle, l'exercice est loin d'être un luxe!

« La culture est porteuse de sens, d'identité et de valeurs; elle est aussi un vecteur de démocratie, d'enracinement, de dialogue interculturel et de cohésion », clament dans le même document les autorités gouvernementales. Alors, la première intention affirmée du ministre Fortin devrait être d'écourter les cycles d'époussetage.

De la créativité, de la volonté, de la vitalité, il y en a à plein dans le milieu culturel. Plusieurs intervenants l'ont rappelé en s'adressant au ministre Fortin.

Que manque-t-il alors?

Plus de reconnaissance et plus d'argent, évidemment.

En invitant le ministre Fortin à renforcer le partenariat avec les villes pour la mise en valeur des institutions muséales, le maire Bernard Sévigny a préparé le terrain pour des projets d'envergure comme celui que caresse la direction du Musée des beaux-arts de Sherbrooke avec un agrandissement de 16 M$.

L'illusion est cependant de croire que le gouvernement provincial peut se montrer plus généreux alors qu'il peine année après année à consacrer 1 pour cent de ses dépenses à la culture (680 M$ par rapport à des dépenses de programmes de 68 milliards cette année).

Le budget alloué au Conseil des arts et des lettres du Québec, qui arbitre les demandes de financement, a grimpé de 89 à 108 M$ au cours des dernières années. La moitié de cette enveloppe supplémentaire est toutefois promise cette année à l'Orchestre symphonique de Montréal.

La région peut cependant espérer sa part des 3,5 M$ destinés au Plan culturel numérique et des 5 M$ ayant été débloqués dans le dernier budget provincial pour augmenter l'offre de créations destinées aux jeunes publics âgés de 4 et 12 ans.

Le ministre responsable de l'Estrie s'est bien gardé dans le cadre de ces audiences de renvoyer la balle aux représentants municipaux qui exprimaient le souhait d'une participation provinciale accrue. En lisant le document « contexte général » préparé en prévision de la tournée provinciale, le ministère de M. Fortin ne manque toutefois pas de rappeler que le Québec est l'une des provinces les plus engagées dans la culture.

La province y consacre 125 $ par habitant contre seulement 54 $ pour la Colombie-Britannique et 62 $ pour l'Ontario.

À l'opposé, l'investissement municipal dans la culture est moindre au Québec que dans la moyenne des provinces canadiennes (76 $ par habitant par rapport à 88 $). Les contributions municipales avoisinent 100 $ par habitant en Colombie-Britannique de même qu'en Ontario.

Ces comparables reposent sur des données de l'exercice financier 2009-2010, dernière année au cours de laquelle Statistique Canada a recensé les dépenses publiques associées à la culture. Difficile de savoir comment les choses ont évolué depuis.

La politique de la main tendue qui s'annonce la plus prometteuse sera celle des partenariats, car le gouvernement provincial peut difficilement fermer la porte aux organisations dynamiques qui seront capables de mobiliser leur milieu.

Si le Musée des beaux-arts réussissait en un temps record à récolter 5 M$ dans la communauté, s'il obtenait un engagement ferme de quelques millions additionnels auprès du conseil municipal, le projet pourrait faire du chemin rapidement à Québec.

On peut rêver et il faut rêver. Mais au-delà des grands énoncés de principe visant à promouvoir la culture et à la rendre accessible à tous, le prochain chapitre de la politique culturelle du Québec risque d'être celui des communautés dynamiques.

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