Cartier-St-Malo : pas de relance par les propriétaires

Denise St-Pierre et son mari Alan Wallis sont... (Spectre Média, André Vuillemin)

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Denise St-Pierre et son mari Alan Wallis sont toujours propriétaires de l'immeuble qui abritait Le Cartier-Pub Saint-Malo, le resto pub qu'ils avaient vendu à l'automne 2013 et dont les acquéreurs n'ont pas réussi à assurer la viabilité.

Spectre Média, André Vuillemin

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / L'émotion ne prendra pas le dessus sur la raison chez Denise St-Pierre, qui assiste à la disparition du restaurant Le Cartier-Pub Saint-Malo qu'elle a fondé et qui a longtemps été sa fierté.

Une éventuelle relance ne passera pas par Mme St-Pierre, même si elle et son mari, le chiropraticien Alan R. Wallis, sont toujours propriétaires de la bâtisse du boulevard de Jacques-Cartier qui est sans vie depuis lundi. À l'automne 2013, ils n'avaient vendu que le fonds de commerce.

Rappelons que Véronica Kaczmarowski, qui dirigeait le groupe s'étant porté acquéreur il y a trois ans du Cartier-Saint-Malo, a avoué à La Tribune en début de semaine que son entreprise se trouvait dans une impasse financière l'obligeant à cesser ses opérations.

« J'ai toujours été convaincue que le Cartier-Saint-Malo était voué à un bel avenir. Je souhaite ardemment qu'il y ait relance, mais elle ne viendra pas de moi. Je n'ai plus l'âge, l'énergie et la passion qui m'habitait lorsque j'ai lancé l'entreprise. Le décès de l'un de nos enfants, au début de 2013, nous avait envoyé le message qu'il était temps de passer à une autre étape de notre vie. Ce qui arrive me chagrine, c'était mon bébé, mais je dois me laisser guider par la raison » commente la femme de 65 ans, qui a passé le flambeau il y a trois ans afin d'avoir plus de temps à consacrer aux siens.

Ni la fondatrice ni celle lui ayant succédé à la barre du resto pub, qui était l'un des plus prisés à Sherbrooke, n'ont voulu élaborer sur les facteurs ayant mené à cet arrêt des activités.

« Tout ce que je peux vous dire, c'est que l'annonce de lundi ne fut pas une surprise pour moi. Si nous recevons une proposition intéressante pour une relance dans la restauration, nous allons la considérer. Mais, ultimement, notre intention est de vendre », annonce Mme St-Pierre.

Si les paiements du loyer sont à jour, le démarchage pour trouver un nouvel exploitant pourra se faire par le locataire sans trop de pression de la part des propriétaires. Il est toutefois peu probable que ce soit le cas.

Bien qu'avare de détails, Véronica Kaczmarowski confirme avoir confié à l'agent immobilier Jean-Luc Lavoie le mandat de vendre le Cartier-Saint-Malo. À moins qu'il n'y ait de l'intérêt que pour les équipements, une éventuelle transaction impliquera la négociation d'un nouveau bail avec les propriétaires des deux bâtisses jointées qui sont voisines du parc Jacques-Cartier.

« C'est un site qui demeure stratégique et convoité. Des gens nous ont approchés dans le passé pour nous inviter à les contacter si jamais une vente était envisagée. Nous sommes à éplucher cette liste afin de vérifier si l'intérêt est véritable », indique de son côté Denise St-Pierre.

Ce commerce peut accueillir jusqu'à 500 personnes sur une propriété dont le seul terrain est évalué à 899 300 $. Les taxes municipales, qui sont calculées sur une valeur totale avoisinant les 2 M$, se chiffrent à 41 387 $, Cela fournit une indication à l'effet que les coûts fixes du Cartier-Saint-Malo sont élevés.

Le Siboire, se trouvant également sur le boulevard Jacques-Cartier, a une valeur foncière à peu près équivalente. En plus des revenus générés par les repas, la microbrasserie amortit toutefois le coût des taxes municipales en produisant sur place les bières forgeant son identité commerciale et qui sont vendues avec un meilleur profit.

Autre comparaison dans le même secteur, le Caffuccino de la rue King Ouest reçoit de la Ville une facture de taxes de 25 000 $ sur une valeur foncière fixée à 1,2 M$. Les coûts de fonctionnement du Cartier-Saint-Malo excèdent donc ceux du Caffucino de 1300 $ par mois pour cette seule obligation. Ça prend du monde aux tables et sans qu'il y ait trop de creux pour soutenir des coûts d'exploitation d'un resto pub de cette taille.

Avant que la démolition de l'ancien magasin Canadian Tire déclenche le boom immobilier qui a transformé l'intersection King-Jacques-Cartier, le Cartier-Saint-Malo faisait figure de brave. L'activité commerciale était anémique autour. En même temps qu'il a dynamisé le secteur, le développement a aussi augmenté l'offre de restauration et apporté la concurrence du « prêt-à-manger » du supermarché Provigo.

De multiples scénarios sont possibles. À mon avis, le plus improbable sera l'arrivée d'autres investisseurs prêts à miser sur la même recette.

Verrons-nous apparaître deux restaurants distincts, dans des créneaux différents, pour se partager les deux bâtiments qui avaient été réunis sous la bannière du Cartier-Saint-Malo? Ce scénario m'apparaît plus plausible.

N'écartons pas nous plus une transformation plus radicale, un changement de vocation qu'on n'aurait pas imaginé il y a six mois. Les beaux sites sont effectivement très convoités, sauf que ce n'est pas nécessairement avec des terrasses que les investisseurs obtiennent le plus de rentabilité.

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