Le baromètre affectif

La SPA de l'Estrie prévoit entreprendre sous peu... (Spectre Média, René Marquis)

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La SPA de l'Estrie prévoit entreprendre sous peu la transformation du bâtiment de la rue Sauvé qu'elle veut convertir en refuge. Ce chantier sera lancé à côté de celui que la compagnie Importations Thibault est à compléter.

Spectre Média, René Marquis

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / C'est décidément l'année du chien à Sherbrooke, et pas juste à cause de la bisbille réglementaire.

Un deuxième parc canin vient d'être inauguré en autant de mois. Les enclos pour chiens des parcs Victoria et Kruger ont coûté 35 000 $ chacun.

Le conseil municipal a d'autre part officialisé par résolution, la semaine dernière, une caution de 3,6 M$ sur le prêt de 6,9 M$ que la Société protectrice des animaux (SPA) de l'Estrie a obtenu pour son nouveau refuge.

La SPA paiera 1,2 M$ pour acquérir un terrain avec un bâtiment sur la rue Sauvé, édifice qu'elle adaptera à ses besoins pour 4 M$. En calculant les honoraires professionnels, les nouveaux équipements et autres frais connexes, la facture atteindra les 6 M$ annoncés.

Outre la garantie de prêt, rappelons que la Ville versera une contribution directe de 600 000 $. Elle aura également majoré sa cotisation annuelle de 58 pour cent en trois ans. Qu'on vienne prétendre ensuite que l'élu est l'ennemi de Pitou!

« À chaque deux portes, trois peut-être, qui s'ouvrent à nous durant une tournée électorale, il y a un chien » a imagé le conseiller Vincent Boutin, membre du parti du maire Bernard Sévigny, pour illustrer les besoins d'un parc canin dans l'arrondissement de Fleurimont.

Même la conseillère Hélène Dauphinais, qui ne ménage pas ses critiques envers l'administration Sévigny, a peu à redire sur ces investissements.

« Même si une caution de prêt de cette nature ne comporte pas beaucoup de risques, je déplore qu'on n'en tienne pas compte dans la politique d'endettement de la Ville. Pour le reste, j'adhère à l'approche nous ayant été proposée jusqu'à maintenant », précise celle qui lorgne la mairie.

Les deux élus n'avaient pas fini leur laïus de circonstance que déjà les premiers usagers ouvraient l'enclos pour y laisser entrer leur chien.

Détenez-vous la police d'assurance responsabilité que la Ville exige pour fréquenter un parc canin?

« Non, je ne savais pas que c'était obligatoire », me répond Jacob Chamberland, un étudiant de l'Outaouais de retour pour la rentrée au Cégep.

« La Ville devrait faire appliquer tous ses règlements, à propos des assurances comme de la vaccination. Ça m'agace d'exposer mon chien à des risques qui peuvent être contrôlés », lance Francine Rosa.

« Pour moi, il est clair que tout utilisateur d'un parc canin devrait détenir une police d'assurance. Il va falloir que les autorités sévissent, de la même façon que c'est fait pour la conduite avec les facultés affaiblies ou l'usage de cellulaires au volant », endosse le président de l'Association des propriétaires de chiens du grand Sherbrooke, Bertrand Boisvert.

Le vice-président de la SPA de l'Estrie, Michel Richer, est témoin de notre conversation.

« Entre 60 et 75 pour cent des citoyens qui habitent dans des immeubles à logements n'ont pas d'assurances. À la suite de sinistres, ces gens sont dirigés vers la Croix-Rouge. Si une police d'assurance devenait une condition préalable pour obtenir une licence de chien, on ferait peut-être d'une pierre deux coups », glisse cet ancien directeur du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke.

La Ville de Montréal entend imposer aux propriétaires de chiens de son territoire une couverture offrant une protection minimale de 250 000 $.

Après avoir récolté quelques centaines de milliers de dollars au cours d'une collection silencieuse de fonds, la SPA de l'Estrie s'apprête à lancer une campagne de souscription publique pour financer une partie de ses nouvelles installations. La mobilisation sera-t-elle aussi forte pour appuyer que pour contester?

« Nous l'espérons », commente avec prudence le vice-président Richer.

« Logiquement, oui, il devrait y avoir une réponse positive de la part des propriétaires d'animaux domestiques. Je n'ai toutefois aucun contrôle là-dessus », répond de son côté le porte-parole de l'association canine.

Permettez-moi de douter que le baromètre affectif sera proportionnel aux esclandres des derniers mois.

Juste à côté de l'édifice dans lequel la SPA veut établir ses quartiers, la compagnie Importations Thibault est en voit de compléter un investissement de 4 M$ afin d'accroître la superficie de ses installations de 40 pour cent. Le projet n'a pas fait l'objet d'annonce politique.

Lorsque la campagne électorale battra son plein, l'an prochain, les élus sortants nous parleront d'économie en espérant avoir donné satisfaction aux propriétaires de chiens en cours de mandat...

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