La trilogie des anges

Robert Mercier (à gauche) a eu l'opportunité d'adresser... (Spectre Média, René Marquis)

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Robert Mercier (à gauche) a eu l'opportunité d'adresser ses remerciements à René Roy, qui l'a courageusement extirpé de sa voiture en flammes au début du mois. Il se trouve par ailleurs qu'il y a 30 ans, M. Mercier est celui qui a donné un élan à Mario Lambert (à droite) comme fondateur de la compagnie Surplec HV Solutions, qui emploie l'homme ayant posé le geste héroïque.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / Il y a eu des retrouvailles émouvantes cette semaine. Robert Mercier a rencontré celui qui l'a récemment sauvé d'une mort quasi certaine.

« J'ai les jambes molles, j'ai des frissons partout », a avoué l'homme de 79 ans en tendant la main à René Roy, qui a eu le courage et suffisamment de poigne pour l'extirper de sa voiture en flammes au début du mois à Sherbrooke.

Les souvenirs du secouriste sont précis, marqués au fer rouge. Ce n'est pas le cas pour l'automobiliste qui était coincé dans son véhicule renversé et embrasé.

« Je n'étais pas conscient que le feu risquait de me dévorer. Moi, je ne voyais que des chandelles... » a raconté M. Mercier.

« Pourtant, ça flambait tellement que j'avais peur de ne pas réussir à vous sauver. Si je me suis entêté, c'est que je me voyais à votre place, prisonnier des flammes, dans une situation où l'on ne veut surtout pas qu'une personne nous abandonne », l'a corrigé René Roy.

« Quand j'ai vu la carcasse du véhicule le lendemain, j'ai eu peine à croire que mon mari était encore vivant. J'imaginais plutôt son squelette au fond dans la voiture », a avoué Nora Charland avant d'exprimer à son tour sa gratitude à celui que le chef de la première équipe de pompiers arrivée sur place a qualifié de « héros ».

« Un ange passait par là et il m'a sauvé », a résumé son époux qui s'est retrouvé en salle d'opération après avoir été conduit à l'hôpital.

« Mon dernier souvenir au volant est d'avoir senti mon corps engourdir. Le spécialiste m'a dit que j'avais eu un malaise cardiaque. Le lendemain, on m'a posé un pace maker. L'accident est survenu le vendredi soir, mais ce n'est que le lundi qui j'ai eu les idées assez claires pour réaliser à quel point j'avais été chanceux ».

Après avoir lu dans nos pages que René Roy travaille pour la compagnie Surplec HV Solutions, M. Mercier a entrepris des démarches pour le contacter. Un autre souvenir de main tendue est alors remonté à la surface.

« T'as peut-être été secouru par un membre de notre équipe mais toi, Robert, t'es celui qui m'a mis au monde il y a 30 ans, quand j'ai fondé Surplec! » s'est exclamé Mario Lambert en présence du rescapé.

« Avant que tu m'accordes ta confiance, j'étais un inconnu. Les commandes que tu m'as passées pour la construction de l'usine Domtar de Windsor, qui était le gros chantier de l'Estrie à cette époque, m'ont donné des ailes. La reconnaissance que tu exprimes envers René, moi, je l'ai envers toi. Je te dois beaucoup », a encensé M. Lambert en se rappelant les débuts modestes de son entreprise embauchant 70 personnes et dont le chiffre d'affaires est aujourd'hui d'une vingtaine de millions de dollars.

Les hasards de la vie ne s'arrêtent pas là. Voici comment René Roy a été recruté par Surplec :

« Nous avions organisé un bee pour agrandir notre camp de pêche dans le nord. René a été invité par un ami, je ne le connaissais pas du tout. En passant la journée à travailler avec lui, je l'ai trouvé habile, vaillant. Autour d'une coupe de vin le soir, par curiosité, je lui ai demandé quel était son métier... » se souvient M. Lambert.

« J'étais alors en année sabbatique, je voulais prendre le temps de me réorienter. Comme j'étais diplômé en électromécanique, ça pouvait cadrer avec les besoins de Surplec », poursuit l'employé s'étant vu proposer un poste sur le champ.

Cette relation professionnelle dure depuis une douzaine d'années et on sent que le courant passe entre le patron et son homme de métier.

Le cadran de l'ampèremètre a cependant grimpé dans le plafond cette semaine lors des retrouvailles liées au sauvetage mettant en lumière le parrainage du passé.

*****

Non, je n'ai pas occulté l'une des causes possibles de l'accident qui est connue du public. À la fin de notre entretien, j'ai demandé à M. Mercier si les soupçons de conduite en état d'ébriété, consignés au rapport des policiers, lui paraissaient fondés.

« J'étais en vacances. J'ai pris une bière le midi, peut-être une ou deux en après-midi et une autre à l'heure du souper. Rien, je pense, pour dépasser la limite permise. Si je me trompe et qu'il y a des conséquences, j'y ferai face », m'a répondu le septuagénaire.

Le Service de police de Sherbrooke n'a pas encore reçu le rapport d'analyse des prélèvements sanguins effectués le soir de l'accident.

En terminant, vous avez bien lu : M. Mercier était bel et bien en vacances le jour de l'accident. L'inactivité n'est pas pour lui. Malgré ses 79 ans, il est commis de quincaillerie chez Rona l'Entrepôt.

« Je viens d'avoir un message, peut-être est-il temps pour moi de ralentir. Avant de précipiter des décisions, je vais toutefois me donner le temps de guérir ».

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