Une tuile pour l'hôtel qui vivote

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Selon Laurence Fortin, les signes de détérioration sont tels qu'ils obligeront probablement le propriétaire de l'Hôtel Wellington à restaurer toute la façade de son édifice. M. Fortin avait participé aux travaux de reconstruction de cet immeuble après l'incendie qui l'avait lourdement endommagé en 1973.

La Tribune, Luc Larochelle

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / L'Hôtel Wellington est si peu animé qu'il a l'air figé. Mais le temps l'use et la pluie ruisselle dessus.

Fissures dans le mortier, tablettes de fenêtres égrainées, parois qui renflent: juste à voir, on voit bien que ce commerce souffre d'un manque d'entretien qu'on devine lié à un achalandage insuffisant.

Les signes de danger amenant la Ville à intervenir se limiteraient à la façade. À l'intérieur de l'édifice construit il y a 90 ans, aucun dommage à la structure pouvant susciter des craintes d'affaissement n'a été relevé.

« Je n'ai pas fait le tour de la bâtisse mais, à première vue, ça me semble strictement un problème de maçonnerie. Un problème par contre assez sérieux. Quand des briques bougent et que des parois renflent, c'est que le gel a poussé fort. On voit qu'il y a eu plus d'une infiltration. Les signes de détérioration sont tels que le propriétaire doit s'attendre à devoir restaurer toute la façade de son immeuble », relève quant à lui Laurence Fortin.

L'homme s'y connaît en bâtiments. Il a passé sa vie à solidifier des structures affaiblies ou à démolir celles qui étaient en fin de vie. M. Fortin a le souvenir très net du travail qu'il a eu à exécuter pour effacer les traces d'un incendie qui avait endommagé une trentaine de chambres de l'Hôtel Wellington en 1973.

« Le haut de cette façade, c'est nous qui l'avons refait. Lorsque les édifices quasi centenaires ont été construits, la brique n'était pas nécessairement ancrée très solidement. Plus on attend pour réparer, plus c'est compliqué », soutient-il.

Ce n'est pas une très bonne publicité en pleine saison touristique que d'avoir à ériger une structure de protection pour éviter qu'un passant ou que l'un de vos clients reçoive une brique sur la tête. Remarquez que c'est monnaie courante dans les grandes métropoles du monde. On ne se prive pas d'arpenter les rues de New York même en devant marcher avec de semblables « chapeaux de sécurité » au-dessus de la tête.

Toutefois, un établissement qui peine autant doit attirer l'attention autrement.

Comme on le sait, le propriétaire du New Wellington, Karimi Ramezanali, se cherche une porte de sortie bien plus qu'il ne manifeste d'enthousiasme en vue d'une relance. Il veut vendre à « un prix qui n'est pas pour donner. » Mais il n'est vraisemblablement pas un apôtre du home staging, car les investissements pour moderniser ses installations sont aussi rares que ses clients.

Est-ce la tuile de trop, la brique qui le découragera ? Je ne saurais vous dire.

Chose certaine, il y a des jours où M. Ramezanali doit regretter de ne pas avoir accepté l'offre de 1,4 M$ lui ayant été faite lors d'une vente à l'encan en 2013. Un hôtel qui vivote de la sorte ne prend pas beaucoup de valeur.

Façade neuve, bannière neuve ?

Sans méchanceté, il faut quasiment le souhaiter. Car, pour le moment, cet hôtel est l'une des tares de Sherbrooke.

Je suis encore sous le choc d'avoir lu que c'est vers l'Hôtel New Wellington qu'ont été dirigés la femme et les enfants de Raif Badawi lorsqu'ils sont arrivés comme réfugiés à Sherbrooke à l'automne 2014.

Sans offrir une suite du Delta aux nouveaux arrivants, me semble qu'on n'est pas non plus obligés de les accueillir dans l'hôtel le plus délabré de la ville.

« C'était du temps où l'arrivée des réfugiés était coordonnée par la direction régionale d'Immigration Québec. Ce mandat nous a été transféré en avril 2015. Depuis, nous offrons un hébergement temporaire aux réfugiés à même nos installations. Au besoin, nous avons des ententes de service avec des communautés religieuses qui jouent un rôle d'accompagnement. Quelques personnes seulement ont été dirigées vers des hôtels, mais pas le New Wellington », m'a précisé la directrice générale du Service d'aide aux Néo-Canadiens, Mercedes Orallana.

Pourquoi pensez-vous ?

La réponse est assez évidente. Y'a pas juste la façade de l'hôtel qui souffre de l'usure du temps.

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