Plus débrouillards que la moyenne des ours

Le petit Olivier Couture, 5 ans, s'est improvisé... (Photo fournie par Madeleine Tremblay)

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Le petit Olivier Couture, 5 ans, s'est improvisé photographe à la rencontre d'un chevreuil ayant effectué une promenade derrière la résidence de ses parents à Ascot Corner.

Photo fournie par Madeleine Tremblay

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / Coquette photo, n'est-ce pas? En attendant de faire connaissance dans quelques semaines avec de nouveaux camarades à la maternelle, le petit bonhomme a tissé des liens avec des amis de la forêt.

À 5 ans, Olivier Couture a eu le réflexe de s'emparer de son IPAD à la rencontre d'un chevreuil qui s'est pointé derrière la résidence de ses parents, à Ascot Corner. On le voit ici concentré, s'appliquant à bien cadrer l'image.

Lorsque sa grand-mère m'a envoyé la photo, en mai, c'était pour la chronique du coureur des bois. Elle voulait me présenter un futur chasseur, exposé à la passion de son père Dominic et de son oncle René.

Dans cette photo, rien ne suggère que le gamin représentera peut-être un jour une menace pour Bambi ou les autres personnages du monde imaginaire des enfants. Il pointerait par contre une carabine à bouchon vers le cerf que la candeur disparaîtrait aux yeux de certains, qui y verraient une indécente promotion des armes à feu. C'est dire à quel point tout repose sur des perceptions...

T'es tombé sur un cerf de ville, particulièrement collaborateur, mon garçon. Pour être reconnu grand maître de la photographie, il faudrait que tu déjoues les sens d'un « vrai » chevreuil, méfiant, qui redoute les humains.

À la remarque, j'imagine Olivier crinqué à l'os, impatient de relever le défi, prêt à sortir à la pluie et à ramper dans la boue pour revenir avec un cliché qu'il nous exhibera comme un autre trophée. On le devine curieux, aventurier, pressé de s'engager sur le chemin des découvertes sans qu'on ait à le tirer par la main. Il a les traits des jeunes qui deviennent plus débrouillards que la moyenne des ours.

La photo d'Olivier est celle des enfants des nouvelles technologies. Ce jeune appartient à la prochaine cohorte qui mettra le pied dans notre réseau d'éducation en questionnement : faut-il ajouter les tablettes électroniques à la liste des fournitures scolaires obligatoires et exiger des parents qu'ils déboursent ce qu'il en coûte pour acheter ou louer ce nouvel outil pédagogique?

Les projets en ce sens de quelques écoles de la région de Québec alimentent le débat relancé lors de chaque rentrée. Chaque fois que le principe de gratuité garanti pour l'enseignement universel dans nos écoles publiques glisse vers des besoins spécifiques liés à des programmes particuliers.

Tous sont pour la vertu, mais les parents ayant moins de moyens ou ceux qui ont plusieurs enfants voient les factures exploser. Celle-là s'ajoutant à l'augmentation des frais exigés dans plusieurs écoles pour les services connexes, le seul moyen dont disposent les commissions scolaires afin d'accroître leurs revenus.

Bien qu'il ne fasse aucun doute que c'est la direction à prendre, les écoles doivent trouver les moyens de s'y rendre. Certaines commissions scolaires, comme l'Eastern Townships dans notre région, ont fait de l'usage des technologies de l'information une priorité. Par contre, les contribuables qui trouvent les investissements coûteux relèvent que c'est aussi la commission scolaire ayant le taux de taxes le plus élevé en région.

Difficile de vérifier s'il y a un lien véritable entre les deux. Les modes de calcul de la taxation scolaire sont à ce point compliqués qu'ils transforment les chiffres en langage crypté. Je ne me prétendrai pas non plus assez compétent pour inciter les professeurs à utiliser les tablettes pour ceci ou pour cela. Ils sont les vrais spécialistes de l'enseignement.

C'est juste que l'instinct de chasseur d'images d'Olivier montre à quel point nos enfants sont des machines à apprendre. Ils captent, assimilent et expérimentent à une vitesse inouïe.

Bien sûr, le rythme de leurs apprentissages est difficile à contrôler. Oui, il est compliqué de trouver le bon dosage de temps qu'un jeune devrait passer à pitonner. Mais comme pour le reste, c'est une question d'équilibre.

Chose certaine, plus Olivier en apprendra sur les chevreuils, plus il réalisera qu'il devra, comme eux, passer sa vie à s'adapter. Les technologies ne le dispenseront pas de cela. Au contraire, elles précipiteront les bouleversements autour de lui.

C'est l'adaptation au changement qu'il faut enseigner à nos enfants et les nouvelles technologies sont assurément une bonne façon d'y parvenir.

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