Le zoo réglementaire

L'attaque d'une gardienne est déjà du passé pour... (La Voix de l'Est, Janick Marois)

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L'attaque d'une gardienne est déjà du passé pour la lionne Kao, qui a repris sa place dans l'enclos des félins au Zoo de Granby.

La Voix de l'Est, Janick Marois

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / Considérations humaines d'abord, réjouissons-nous des nouvelles positives quant à l'état de santé de l'employée du Zoo de Granby s'étant retrouvée sous les griffes d'une lionne. Ses blessures sont sévères, mais les craintes qu'elle garde des séquelles neurologiques ou physiques seraient dissipées, a relayé mardi en conférence de presse le directeur général du jardin zoologique, Paul Gosselin.

« Ces nouvelles sont un baume pour toute notre équipe », s'est-il réjoui en admettant que la jeune femme dans la vingtaine amorce cependant une longue période de récupération.

Cela dit, contrairement au jaguar abattu au mois de juin pendant qu'il malmenait un surveillant alors qu'il ne devait être qu'un bibelot lors du passage de la flamme olympique dans un zoo brésilien, la lionne s'étant ruée sur celle qui devait la nourrir ne sera pas éliminée.

La bête n'avait jamais pété les plombs auparavant et elle n'aurait pas agi de la sorte s'il n'y avait pas eu d'intrusion dans sa bulle, a expliqué M. Gosselin en évoquant une « certaine agression par la seule présence humaine dans son milieu et son territoire ».

À part être montrée du doigt dans son enclos par les visiteurs qui diront, c'est elle, c'est elle qui a attaqué la gardienne, la lionne Kao ne subira aucune autre forme de procès. L'affaire est traitée comme un accident, un accident de travail, et l'enquête sera orientée sur les moyens de mieux protéger le personnel dans le futur en cas « d'erreur humaine ».

Tout à fait d'accord et peu de gens semblent penser qu'il devrait en être autrement.

Les lions ne sont pas des chiens, mais la gestion de cet incident fournit des arguments aux partisans de l'approche modérée dans le débat sur les chiens dangereux, à ceux qui présentent la prévention comme étant la voie la plus porteuse afin de garantir la sécurité dans nos milieux de vie, partagés avec un nombre croissant d'animaux domestiques.

C'est le cas pour le comité consultatif dont l'analyse est déjà critiquée parce qu'il n'oriente pas le législateur provincial vers une interdiction des pitbulls sur le territoire québécois. L'opposition péquiste est déjà prête à mordre le gouvernement Couillard pour lui reprocher sa mollesse, sur la foi des quelques informations ayant coulé d'un rapport préliminaire.

Les chiens ne vivent pas cloîtrés comme les lions et c'est leur acharnement qui représente un risque intolérable, plaideront probablement les défenseurs de l'approche plus musclée, qui trouvent eux aussi des arguments dans « l'affaire du Zoo ». Un boyau à pression et quelques jets de gaz auraient suffi pour éloigner la lionne de sa victime alors que le pitbull ayant mordu à mort un petit chien à Sherbrooke s'est acharné même si cinq personnes auraient tenté de l'amener à lâcher prise.

Il y a donc encore plusieurs cellules orageuses à l'horizon avant de faire consensus sur les balises de notre zoo réglementaire.

L'expérience a par ailleurs démontré en milieu de travail que la prévention la plus efficace passe par des initiatives simples, sans éclat. Parallèlement, prenez le temps d'aller lire dans notre rubrique Opinions les observations de deux Sherbrookois ayant pris part au cours de la dernière fin de semaine à l'événement « Bouffe ton Centro ».

Ils s'interrogent sur la présence de chiens à travers la foule dense attirée par l'événement au centre-ville, une cohabitation n'ayant pas été tolérée lors de la Fête du Lac en invoquant le règlement municipal interdisant leur présence « lors d'une fête, un événement ou un rassemblement populaire ».

« Le site du parc Jacques-Cartier est clôturé durant la Fête du Lac, c'est un périmètre gardé, à l'intérieur duquel il y a un service d'ordre et une présence policière permanente. Ce n'est pas le cas du centre-ville où vivent d'ailleurs des citoyens qui sont propriétaires de chiens. Il est donc difficile d'y exercer le même contrôle. Toutefois, si des personnes ont été importunées, elles pouvaient nous le signaler, nous aurions donné suite à leur appel », commente le relationniste du Service de police de Sherbrooke, Martin Carrier.

Ce dernier précise que le périmètre du Festival des traditions du monde sera lui aussi interdit aux chiens, de mercredi à dimanche, dans l'arrondissement de Fleurimont.

Les petits gestes de prévention commencent par la continuité, la cohérence. Les animaux de compagnie n'ont pas leur place dans les grands rassemblements. Même si le maître de Fido prend plaisir à habiller son chien en lutin le jour du défilé du père Noël...

Ce n'est pas qu'une question de règlements, mais aussi de jugement et de sens commun.

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