La planification optimale

Le tracé du tronçon de l'autoroute 410 restant... (Archives, La Tribune)

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Le tracé du tronçon de l'autoroute 410 restant à compléter jusqu'à la ferme expérimentale est revenu dans l'actualité en marge de l'annonce d'un investissement de 1,5 M$ au Centre de recherche et de développement d'Agriculture Canada à Sherbrooke.

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / Les deux dernières heures de la vie d'un porc seraient plus déterminantes sur la qualité de la chair qui se retrouve dans notre assiette que la nourriture durant sa période d'engraissement.

« Si un animal est maltraité avant de mourir, ça compte. Sa carcasse est considérablement dévaluée. Nous avons notre propre abattoir pour effectuer des tests et les preuves scientifiques que nous avons accumulées sont de plus en plus intégrées aux pratiques de l'industrie », explique Jean-Pierre Charuest alors qu'il agit comme guide auprès de la ministre Marie-Claude Bibeau et l'un de ses collègues du gouvernement Trudeau, Jean-Claude Poissant, pour une visite éclair des installations du Centre de recherche et de développement (CRD) d'Agriculture Canada à Sherbrooke.

Contrairement à la croyance populaire, on n'entasserait plus les bêtes dans les camions en ayant comme souci de minimiser les coûts de transport. Lorsque les porcs ont à voyager dans des conditions de chaleur extrême, il est fortement recommandé de leur offrir un sursis dans un environnement tempéré, voire même de les doucher avant de les abattre.

Eh ben !

Poussera-t-on la psychologie animale assez loin pour prouver un jour que les porcs entrent dans le couloir de la mort heureux ?

Durant le tour du propriétaire, M. Charuest rappelle que le mandat des chercheurs du CRD est d'optimiser les productions porcine et laitière avec des standards environnementaux relevés. D'où le nouveau bioréacteur de 1,5 M $ qu'Ottawa accepte de financer (voir autre texte).

Puis, le guide évoque les barrières physiques empêchant aujourd'hui qu'on agrandisse la ferme expérimentale : le CRD est enclavé par l'Université Bishop's, l'école secondaire Alexander Galt et le développement View Point.

Pas un mot par contre sur le prolongement de l'autoroute 410, cette urbanisation prochaine et certaine, pour laquelle Agriculture Canada a fait montre d'une certaine rigidité afin de protéger l'intégralité de ses terres. Rappelons que la province n'a aucun pouvoir d'expropriation sur le fédéral.

Le maire de Cookshire-Eaton, Noël Landry, ex-président de l'UPA de l'Estrie, n'est pas de la visite. Il a par ailleurs relancé sa croisade visant à convaincre les décideurs politiques que le tracé proposé, approuvé par le Bureau d'audiences publiques en environnement, mais pour lequel le ministère des Transports du Québec (MTQ) n'a toujours pas le financement requis, est loin d'être optimal.

« De quoi aurait l'air une route neuve avec des viaducs pour y faire passer exclusivement les tracteurs de la ferme expérimentale dans une entrée de ville patrimoniale comme celle de l'arrondissement de Lennoxville. Ce serait grotesque », martèle M. Landry, qui est d'avis que le futur tronçon d'autoroute devrait déboucher sur la route 108 à la hauteur de l'école Alexander Galt plutôt que de venir s'y raccrocher à l'entrée ouest du Centre de recherche.

Le maire de Cookshire avance que son option pourrait réduire de 12 à 20 M $ les coûts de construction du dernier tronçon de la 410.

Je me tourne vers la ministre Bibeau.

« M. Landry m'a interpellée là-dessus. Un membre de mon équipe est à vérifier tous les aspects techniques, notamment avec les services techniques de la Ville de Sherbrooke. Avant d'aller faire des représentations auprès de mes collègues, je veux m'assurer que je comprends bien tous les aspects du dossier. Toutefois, s'il s'avère que c'est dans l'intérêt des gens de la région que je le fasse, je le ferai », répond-elle.

Noël Landry ramène cette discussion à l'avant-plan même s'il sait que la direction régionale du ministère des Transports n'est pas chaude à l'idée de revoir ses plans.

« Réévaluer les choix du MTQ n'implique pas de déboursés importants. Les études de sol déjà réalisées couvrent pratiquement tout le territoire. On ne peut d'aucune façon non plus prétendre que ça causerait des délais », soutient-il.

Pour en avoir parlé dans le passé avec le maire Bernard Sévigny, il semblait vivre assez bien avec les choix du ministère des Transports. Aux dernières nouvelles, lui aussi est donc à convaincre.

Personnellement, assez d'accord avec le maire Landry. La région n'a rien à perdre à analyser cette autre option plus à fond, d'autant que le MTQ n'a aucun échéancier de réalisation pour la dernière phase du prolongement de la 410.

Au moment des choix, le rapport de force était différent, Sherbrooke n'avait aucune représentation ministérielle à Ottawa pour débattre et argumenter sur la mainmise fédérale.

Tant qu'à viser l'optimisation, assurons-nous que notre planification routière sera elle aussi optimale !

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