L'approche dynamique

Dans son concept de Cité des rivières, Sherbrooke... (Photo tirée d'une vidéo de la Ville de Lévis)

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Dans son concept de Cité des rivières, Sherbrooke a déjà projeté l'installation de fontaines colorées comme celles qui jaillissent maintenant sur le quai Paquet, à Lévis. Cette ville utlise l'effet de levier en arrimant ses projets de développement touristique à ceux de sa voisine, Québec.

Photo tirée d'une vidéo de la Ville de Lévis

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Luc Larochelle
La Tribune

CHRONIQUE / Depuis la fusion de 2002, Sherbrooke et Lévis sont des villes de même catégorie. Elles sont souvent comparées l'une à l'autre dans les palmarès municipaux.

Regard sur Lévis, aujourd'hui, plus particulièrement sur les fontaines du quai Paquet que le maire Gilles Lehouillier a présentées comme la « nouvelle signature de sa ville ». Les 160 jets d'eau qui jaillissent pour atteindre jusqu'à neuf mètres de hauteur et qui se teintent de couleurs en soirée formeraient le bassin d'eau le plus high-tech au pays.

Si Coaticook a réussi avec Foresta Lumina à mener à terme l'une des idées qui avaient été lancées pour animer la gorge de la rivière Magog, Lévis vient à son tour de devancer Sherbrooke dans la mise en oeuvre d'un autre des concepts ayant déjà figuré dans le plan directeur de Cité des rivières.

Ces fontaines géantes ne sont pas données, elles ont nécessité un investissement de 20 M$, financé à parts égales par la Ville, le gouvernement du Québec et celui d'Ottawa. Juste vous préciser que Lévis n'a pas de réseau d'électricité lui rapportant chaque année des bénéfices d'une vingtaine de millions de dollars comme c'est le cas à Sherbrooke.

Sans moyens financiers supérieurs aux nôtres, les élus municipaux ont foncé.

« Nos citoyens avaient été tellement emballés par l'aménagement de notre corridor vert longeant le fleuve qu'ils étaient impatients de passer à la phase suivante pour renforcer ce symbole identitaire », commente en entrevue le maire Lehouillier.

Leur phase 1 a été semblable à nos aménagements autour du lac des Nations : réappropriation et mise en valeur des berges. Le parcours de l'Anse, qui offre une vue imprenable sur Québec, est vite devenu l'une des voies cyclables les mieux cotées au pays.

Sherbrooke a rénové sa vieille gare, à laquelle le train touristique donne une certaine visibilité. De son côté, en plus de ses investissements, Lévis a hérité d'un nouveau pavillon d'une douzaine de millions entièrement défrayé par la Société des traversiers du Québec.

« Impressionnée par nos aménagements, la direction du Port de Québec vient de nous proposer son expertise pour prendre en charge l'accueil de bateaux de croisière sur notre territoire. Nous avons maintenant une vitrine pour le tourisme international », se réjouit M. Lehouillier.

Lévis arrime également sa stratégie de développement touristique à celle de la Ville de Québec qui, après la réalisation de la promenade Samuel-de-Champlain, vient de se lancer dans un autre investissement d'une quarantaine de millions pour aménager la place des Canotiers, le long de la rue Dalhousie, à deux pas de l'autre point d'ancrage du traversier.

« Nous travaillons sur un grand plan d'ensemble pour augmenter la mobilité des touristes. Par exemple, nous installerons de la signalisation à Lévis afin de promouvoir les attraits de Québec, et vice-versa ».

Les nouvelles fontaines de Lévis sont évidemment visibles, le soir, à partir des plaines ou de la terrasse Dufferin, du côté de Québec. Elles seront plus invitantes que les flammes des raffineries de Saint-Romuald!

Sherbrooke n'a pas de phare touristique international comme Québec l'est pour sa voisine. Elle n'a pas non plus de port pour devenir halte des touristes en croisière.

C'est bien en quoi!

Avec le tirant d'eau de Montréal, le pouvoir d'attraction du tandem Québec-Lévis et le positionnement de Trois-Rivières, qui a trouvé avec son amphithéâtre la façon de se mettre en valeur dans le corridor du Saint-Laurent, Sherbrooke est mieux d'y voir si elle veut rester dans le circuit touristique.

En comparant avec l'approche dynamique de Lévis, ne trouvez-vous pas que notre vieille gare est statique et que le pourtour de notre lac des Nations est une oeuvre inachevée?

« Il manque effectivement une valeur ajoutée et c'est sûr qu'à faire du surplace, on recule quand les autres avancent. Notre projet de fontaines animées serait totalement différent de ce que Lévis offre, et je pense qu'il provoquerait autant d'éclat. Même si nous sommes en attente de financement et de l'approbation du conseil municipal pour aller de l'avant, nous n'arrêtons pas de travailler. Il ne faut pas », argue le conseiller Rémi Demers, qui préside Destination Sherbrooke.

Sans foncer tête baissée dans les projets à vocation touristique, les Sherbrookois doivent regarder ce qui se fait ailleurs s'ils veulent donner de l'envergure et du rayonnement à leur ville.

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