Le partage des valeurs

Les dernières prières du ramadan à la mosquée... (Courtoisie ACIE)

Agrandir

Les dernières prières du ramadan à la mosquée A'Rahman de Sherbrooke ont été suivies, mercredi matin, d'un geste de la solidarité de la part de la communauté islamique de l'Estrie, qui a remis à deux organisations caritatives des denrées alimentaires recueillies durant les 30 jours de jeûne du ramadan.

Courtoisie ACIE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Les dernières prières du ramadan à la mosquée A'Rahman de Sherbrooke ont été suivies, mercredi matin, d'un geste de la solidarité de la part de la communauté islamique de l'Estrie, qui a remis à deux organisations caritatives des denrées alimentaires recueillies durant les 30 jours de jeûne du ramadan.

La Fondation Rock-Guertin de même que l'organisme Moisson-Estrie ont reçu chacun une centaine de kilos de nourriture à redistribuer à des personnes dans le besoin.

Tout en admettant avoir souhaité une contribution plus significative, l'instigateur du projet au sein de l'Association culturelle islamique de l'Estrie (ACIE), Madjid Djouaher, se réjouit des résultats de cette première.

« Comme la démarche était tardive et quelque peu improvisée, il fallait doser les attentes. Attardons-nous au symbole d'entraide et de partage ».

La période du ramadan est aux musulmans ce que celle de Noël est aux catholiques. Les célébrations islamiques sont toutefois précédées d'un mois de prière et de privations.

« Ça nous porte à réfléchir à ce que vivent à longueur d'année les personnes qui ne mangent pas à leur faim. De ces gens, il y en a bien sûr au sein de notre communauté. Nous ne voulions cependant pas que notre geste soit ciblé. L'aide est offerte aux organismes reconnus qui sauront répondre aux besoins ».

Selon M. Djouaher, l'invitation lancée en avril dernier à Héma Québec, qui a tenu une collecte de sang à la mosquée de Sherbrooke, véhiculait le même message d'implication.

« C'était aussi une première. Nous rendons nos actions plus visibles pour que l'on cesse de nous percevoir comme des citoyens différents ».

« Ça pourrait devenir une belle aventure. Peut-être que d'autres membres des communautés ethniques de Sherbrooke profiteront de festivités qui leur sont propres afin de nous proposer une pareille association » réagit le directeur général de la Fondation Rock-Guertin, Denis Fortier.

« Nous avons toujours fait fi des différences. Nous aidons toutes les personnes dans le besoin. Tant mieux si le cercle de ceux qui nous aident s'agrandit », juge également le directeur des opérations de Moisson Estrie, Bernard Lachance.

Contrairement à Noël, le ramadan n'est pas à date fixe.

« Il y a des années où les deux fêtes se chevauchent. Peu importe la date, nous voulons faire notre part », souligne Madjid Djouaher.

N'était-ce pas possible avant, en même temps que tout le monde, pendant la Grande guignolée des médias ou lors d'autres collectes de fonds qui sont de tradition?

« Bien sûr! Nous n'inciterons pas nos fidèles à attendre le ramadan pour se montrer généreux. Nous voulons tout simplement ouvrir une autre porte. Si l'on nous offre de participer l'an prochain à la distribution du Panier de l'espoir pendant la période de Noël, nous y serons sans y voir de conflit religieux », assure le porte-parole de l'ACIE.

Sans attendre une quelconque reconnaissance pour cette implication, la communauté islamique est toutefois en droit d'espérer plus d'ouverture de la part des autorités sur certains aspects de ses différences, croit M. Djouaher.

« J'ai demandé au conseiller Robert Pouliot de porter une fois de plus le message à la mairie : depuis le temps qu'il en est question, nous devrions pouvoir compter sur l'appui de nos dirigeants afin de répondre à nos attentes légitimes d'avoir à Sherbrooke un cimetière islamique ».

Nos cimetières multiconfessionnels ne conviennent toujours pas?

« Nous voulons un carré musulman, un périmètre distinct, conforme à nos traditions », fait le porte-parole de l'ACIE.

En 2006, l'archevêché de Sherbrooke avait accepté de vendre une parcelle de ses terrains à la communauté islamique, qui compte maintenant autour de 3000 membres. Cette dernière n'est toutefois pas parvenue à finaliser la transaction.

La Coopérative funéraire de l'Estrie a depuis vendu des lots individuels à des familles musulmanes, mais elle refuse de céder un bloc détaché à l'Association islamique.

« Pour nous, la cohabitation dans un cimetière devrait être la même que dans la société », précise son directeur général, François Fouquet.

On progresse dans le vivre ensemble. Pour ce qui est du « mourir distinctement », ça reste plus laborieux.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer