Le capitaine que Subban n'est pas

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P.K. Subban est spectaculaire. Il est incontestablement une vedette individuelle. Mais ça prend une équipe pour ramener la Coupe à Montréal.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) Après la secousse PKP, voilà le séisme P.K.

Un chef politique qui part, passe encore. Même quand c'est celui qui portait le rêve d'un pays. Mais qu'une vedette de la Sainte-Flanelle soit échangée après avoir incarné l'espoir d'une Coupe Stanley, là, c'est un tremblement de terre assuré de 10 sur l'échelle de Richter.

Je ne suis pas parmi les amateurs consternés. Si j'avais été Marc Bergevin, j'aurais pris les mêmes décisions. J'aurais envoyé P.K. Subban le plus loin possible de Montréal, avec le souci qu'il ne vienne pas nous hanter trop souvent, mais je n'aurais pas hésité à l'échanger.

Convenons que le Canadien se départit d'un joueur extrêmement talentueux qui appartient à l'élite de la Ligue nationale de hockey. Il s'agit d'un patineur rapide, habile, qui peut changer l'allure d'un match. On a d'ailleurs vu Subban plus d'une fois rendre la foule partisane du CH complètement hystérique en se portant garant du spectacle.

Mais le problème est justement là: le jeu spectaculaire ne figure pas dans les plans de match des entraîneurs. Gardons les choses simples pour être efficaces, ne cessent-ils de répéter.

Quand le talent est mené par l'intelligence, il met l'habileté en valeur sans que les choses soient compliquées, sans artifices. C'est ce qui fait la différence entre un caractère fort et une tête forte.

De quoi les dirigeants de l'équipe olympique canadienne avaient-ils peur en gardant P.K. dans les gradins plutôt qu'en l'envoyant dans la mêlée pour conquérir l'or aux Jeux olympiques de Sotchi? Qu'il ne soit pas assez discipliné pour protéger les victoires et que son excentricité cause des défaites.

Deux années ont passé depuis Sotchi, notre jeune P.K. aurait dû prendre du galon, gagner en maturité, devenir incontournable. Autre évaluation révélatrice, son nom ne figure pas sur la liste des 16 premiers joueurs recrutés par Équipe-Canada en prévision de la Coupe du monde qui aura lieu l'automne prochain et cela, même si son patron chez le Canadien agit comme adjoint au directeur général de la formation canadienne.

Non seulement Marc Bergevin n'a-t-il pas insisté publiquement, ne serait-ce que pour la forme, pour dire que son cheval de tête méritait une place, mais le dg du Canadien a laissé courir les rumeurs de transaction à son sujet depuis la fin de la dernière saison. C'était le signe que les jours de P.K. à Montréal étaient comptés.

Le gardien Carey Price est un joueur de concession. P.K. Subban peut prétendre à le devenir également. S'il avait été sur le bon chemin, c'est lui qui serait devenu le capitaine du Canadien. Les Crosby, Toews et Tavares ont tous hérité de cette responsabilité en bas âge parce qu'ils sont des leaders, des rassembleurs, des joueurs inspirés et inspirants pour leurs coéquipiers.

Une reconnaissance que Subban n'a pas obtenue après cinq saisons complètes avec le Tricolore et une autre, la dernière, au cours de laquelle il n'a convaincu personne non plus qu'il aurait été plus efficace que Max Pacioretty pour souder l'équipe. Au contraire, il y a eu des signes évidents qu'il était la cause de frictions.

C'est la plus importante transaction du CH depuis celle de Patrick Roy. « Casseau » a su rabattre sur le nez de ses anciens patrons l'erreur de de ne pas avoir toléré sa colère envers Mario Tremblay. La direction du Canadien a mal paru parce que les joueurs acquis pour Roy n'ont jamais réussi à faire oublier son départ.

Sans manquer de respect à Jocelyn Thibault, il était un gardien en devenir et non le joueur établi obtenu pour Subban lorsqu'on lui a donné le filet du roi. Il y avait également de plus grandes attentes envers Martin Rucinsky et Andrei Kovalenko, les deux autres joueurs impliqués dans la transaction avec le Colorado.

Sans dénigrer ou déprécier P.K. Subban, c'est le joueur que le Canadien s'est vu offrir qui est à considérer. Shea Weber est un capitaine, un leader. Un défenseur productif, fiable et malléable. Des qualités lui ayant permis de se mettre en valeur à Sotchi et d'être recruté en prévision du rendez-vous international de l'automne prochain.

Bien sûr qu'on peut se tromper. Il est possible qu'un déclic se fasse, qu'un P.K. plus raffiné émerge et soulève un jour la Coupe Stanley en portant le chandail d'une autre équipe. Ce serait tout à son honneur.

L'athlète et l'homme méritent reconnaissance. Son engagement sur la patinoire comme dans la communauté, son respect des différences du Québec et ses efforts pour nous parler dans notre langue sont exemplaires.

Le spectaculaire P.K. est une vedette individuelle incontestable. Mais ça prend une équipe pour ramener la Coupe à Montréal.

Or, allez demander aux Britanniques s'il suffit de réunir des vedettes pour former une équipe. Les Islandais viennent de leur donner la réponse au soccer!

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