Le beau côté des choses

La directrice générale du Cégep de Sherbrooke, Marie-France-Bélanger,... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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La directrice générale du Cégep de Sherbrooke, Marie-France-Bélanger, et la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, en point de presse.

Spectre Média, Jessica Garneau

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Les réinvestissements en éducation annoncés dans le dernier budget provincial se concrétisent dans la région.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, s'est faite porteuse de bonnes nouvelles en annonçant des contributions d'une douzaine de millions pour la modernisation d'installations dans les deux cégeps ainsi qu'à la faculté de médecine de Sherbrooke.

Dans ce dernier cas, la région a poussé fort pour le nouveau laboratoire universitaire de simulation clinique en allongeant 6 des 11,3 M$ requis. Une autre belle réalisation collective acquise en alliant les contributions de la Société des médecins du CHUS, de la Fondation de l'hôpital et de celle de l'Université, qui est notamment appuyée par la Ville de Sherbrooke.

Une embellie dans la grisaille des compressions qui continuent à hanter les dirigeants de nos institutions régionales même si l'équilibre budgétaire a été atteint à Québec.

L'Université Bishop's est à nouveau confrontée cette année à un déficit de l'ordre de 4,5 M$ représentant presque 10 pour cent de son budget d'exploitation. L'Université de Sherbrooke devra trouver 5 M$ en revenus additionnels ou réduire ses dépenses d'autant pour éviter un manque à gagner à la fin de l'exercice en cours, un essorage répétitif. Finalement, malgré de sérieux coups de barre pour s'ajuster à des compressions récurrentes de 2 M $, un déficit de 211 000 $ est anticipé au Cégep de Sherbrooke.

« Ça va prendre un certain temps avant que notre milieu meurtri par les deux dernières années puisse se stabiliser », a commenté de façon diligente la directrice générale du Cégep, Marie-France Bélanger, en présence de la ministre David.

Cette dernière a confirmé des projets d'immobilisations, mais n'est toujours pas en mesure de préciser la part des cégeps et universités de la région dans l'enveloppe supplémentaire de 153 M$ que Québec prévoit ajouter sur trois ans au financement régulier.

« Ces informations seront précisées d'ici quelques jours ou quelques semaines. Dans un cas comme le Cégep de Sherbrooke, ça devrait permettre d'éliminer le déficit, même d'aller plus loin que ça en ayant du développement ainsi qu'un maintien d'actifs proportionnels aux besoins », a laissé entendre Mme David.

Cinquante millions d'argent frais par année pour opérer, ce ne sera pas la mer à boire pour les 18 universités et 48 cégeps de la province.

« Tout ce que nous recevrons en surplus sera bienvenu » lance Marie-France Bélanger.

La ministre David a rencontré il y a dix jours les dirigeants de Bishop's, qui craignent de perdre pour une deuxième année consécutive un financement conditionnel de 2 M$.

« On travaille très, très bien avec l'Université Bishop's pour essayer de trouver un équilibre entre leurs besoins financiers réels et la situation budgétaire du Québec. C'est une petite université mais avec ses immeubles, dont certains ont 169 ans, elle a un vécu extraordinaire. Il faut s'en occuper », juge la ministre sans toutefois vouloir préciser si la pénalité appréhendée sera appliquée.

Contrairement à son prédécesseur François Blais, qui avait critiqué ouvertement la générosité de Bishop's envers son principal, dont le salaire est supérieur à plusieurs recteurs dirigeant des campus beaucoup plus populeux - notamment Luce Samoisette à l'UdeS -, Hélène David évite de placer Michael Goldbloom sur la sellette.

« Il a accepté que l'on revoie nettement à la baisse l'indemnité à laquelle il aura droit lorsqu'il quittera. Je précise que n'est pas notre souhait. Son équipe et lui ont de bonnes idées pour opérer le redressement »

La ministre David évoque « la liberté d'expression » en commentant l'initiative d'un étudiant en sociologie de l'Université Laval, Raphaël Létourneau, qui a pris la direction de l'institution à partie lors de la collation des grades, dimanche dernier, en lui reprochant d'avoir encaissé de généreux bonis pendant que les services aux étudiants étaient réduits.

« Nous sommes en train de regarder des paramètres généraux afin de permettre aux universités de conserver l'autonomie leur ayant été accordée légalement, mais avec une conscience qu'elles ont de plus en plus et que la ministre a certainement en fonction des conditions et de l'environnement social », a-t-elle précisé.

La ministre s'est montrée prudente et réservée. Elle a évité de faire des vagues.

C'était une journée pour voir le bon côté des choses.

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