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L'homme fort Pascal Plamondon, qui a mérité une... (Spectre Média, René Marquis)

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L'homme fort Pascal Plamondon, qui a mérité une place pour les Olympiques de Rio en haltérophilie, a dû surmonter quelques blessures pour atteindre son rêve. Le modèle de courage et de persévérance, il l'a eu à la maison avec son père Jocelyn à la suite d'un grave accident de travail.

Spectre Média, René Marquis

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Il y a six ans, Pascal Plamondon se préparait pour son bal de finissants à l'école Le Ber. Dans un peu plus de six semaines, l'haltérophile sherbrookois tentera une fois de plus de repousser ses limites aux Jeux olympiques de Rio.

Une récompense qu'il s'apprête à savourer avec ses parents, dont son père Jocelyn.

« Les billets d'avion sont achetés, on a réussi de peine et de misère à se trouver une chambre à 800 $ la nuit. C'est compliqué et dispendieux, le Brésil, mais nous voulons vivre le rêve de Pascal avec lui. »

Ses plus vives déceptions comme athlète, le jeune Plamondon, 23 ans, les a vécues lorsque les blessures ont bousillé d'innombrables séances d'entraînement.

« Mais Pascal se relevait et se remettait au travail. Il n'a jamais baissé les bras », lance fièrement le paternel.

Le modèle est du père, me confie ensuite le fils.

« Même si mon père a subi un grave accident de travail, je ne l'ai jamais entendu se plaindre. On lui a déjà dit qu'il ne remarcherait plus et, malgré cela, je ne l'ai jamais vu découragé », décrit-il.

Une admiration exprimée spontanément qui gorge les yeux de Jocelyn Plamondon.

« Avec la morphine pour contrôler la douleur, disons que je ne l'ai pas eu facile. Mais ça va mieux. De mieux en mieux », précise l'ancien ouvrier de l'usine Domtar de Windsor ayant été écrasé sous un rouleau de papier.

« Je n'avais jamais entendu Pascal parler de cela, mais c'est vrai que Jocelyn a été un modèle de courage et de persévérance pour nos enfants », entérine son épouse Nathalie.

Caroline et Sandrine complètent la famille Plamondon, qui vit à Ascot Corner.

En dehors du sport, la complicité père-fils a maintes fois été entretenue en nature, en pêchant ou en chassant.

« Mes meilleurs souvenirs de jeunesse avec mon père sont nos excursions de pêche. D'ailleurs, c'est une des choses que je devrai sacrifier cet été, je ne serai pas du voyage dans le nord avec la parenté. À tout prendre, je préfère aller à Rio. Par contre, c'est à la pêche que je serai allé évacuer ma déception si j'avais raté ma qualification », raconte celui qui est détenteur de trois records canadiens dans sa discipline.

Après avoir pris le 17e rang au Championnat du monde de 2015, il vise un top 12 à Rio.

« Il y a quelque chose de mystérieux, aux Jeux du Commonwealth ou aux Jeux panaméricains, nos haltérophiles canadiens performent bien. Arrivent les pays d'Europe de l'Est et tout à coup, on s'éloigne du peloton. Malgré cela, j'ai toujours dit à Pascal : j'aime mieux que tu finisses deuxième en restant droit que premier en étant boosté », plaide Jocelyn Plamondon.

« Mon père a toujours été franc et honnête. C'est une ligne de conduite que j'entends suivre. C'est plate parce que ça fait honte à notre sport quand un athlète est testé positif mais, en même temps, il faut que les tricheurs soient démasqués », ajoute son fils.

Pascal a étudié pour devenir pompier, mais il n'exclut pas prendre les rênes de la compagnie d'excavation que son père exploite depuis qu'il a réorienté sa carrière.

« Pascal sait que j'ai confiance en ses capacités pour diriger l'entreprise. Par contre, c'est à lui que revient la décision. »

« Je vais me concentrer sur les Olympiques, ensuite je verrai », répond l'éventuel successeur.

Ce n'est pas la première fois que la priorité est accordée au rêve sportif chez les Plamondon. Celui-ci ne se concrétise que s'il demeure une fixation.

« Deux heures d'entraînement sont plus difficiles que huit heures de travail. L'été dernier, j'ai essayé de combiner les deux. Mon corps ne pouvait pas le prendre, mes performances diminuaient. À l'approche des rendez-vous importants, mon coach a dû me rappeler qu'un corps fragilisé est vulnérable aux blessures. Il m'a fallu ralentir », décrit l'athlète.

« Durant nos grosses périodes de travail, c'est sûr que j'aurais besoin de Pascal. Y'a peut-être des pères qui auraient mis leur enfant en face d'un choix : les Olympiques ou l'entreprise. Faut pas leur imposer cette pression, les athlètes en ont bien assez. S'il ne se consacrent pas entièrement à leur sport, ils n'atteignent pas l'élite mondiale », souscrit son père.

Derrière tout athlète olympique, il y a des parents engagés, dédiés et nécessairement conciliants.

*****

Vous aurez peut-être reconnu votre père dans ce témoignage de Pascal. C'est mon cas.

Mon père ouvrier a longtemps concilié deux emplois pour subvenir aux besoins de la famille. Il a été pour nous modèle de compréhension, de dévouement et d'engagement. Merci papa, nous sommes privilégiés de t'avoir

encore à nos côtés.

Bonne fête à tous les papas.

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