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Si les deux tiers des soins sont dispensés à Sherbrooke alors que la capitale ne  compte que pour 50 pour cent de la population régionale, c'est qu'il y a déjà pas mal de «patients navetteurs » qui sont obligés de se déplacer.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Les responsables du réseau estrien de la santé nous abordent pratiquement sur la pointe des pieds avec leur plan d'optimisation : sans vouloir bousculer vos habitudes, il est important que vous réalisiez qu'il y aurait un gain d'efficacité en dirigeant davantage de patients vers les établissements ayant des disponibilités pour une chirurgie mineure ou un examen, ont-ils lancé comme message.

Cela impliquerait, par contre, que plus de gens acceptent de se déplacer...

« Ah ben là, ça nous coûte assez cher en taxes et en impôts qu'on devrait pouvoir nous soigner dans notre ville », ai-je vu passer sur les réseaux sociaux.

La santé est vraiment une culture de vache sacrée au Québec!

Pourtant, on nous propose une approche sensée. Je me suis déjà rendu à Lac-Mégantic pour passer un examen d'imagerie par résonance magnétique (IRM) et j'étais bien heureux d'avoir obtenu des résultats plus rapidement que si j'étais resté sur la liste d'attente à Sherbrooke.

On met des écoliers dans des autobus dès l'âge de 5 ans et certains se tapent des trajets d'une vingtaine de kilomètres soir et matin. Il sera trop contraignant d'être orientés vers Magog ou Granby, vers un hôpital qu'on ne connaît pas, pour y subir une chirurgie d'un jour qu'on aurait préférée dans un environnement familier à Sherbrooke? Allo, les angoissés.

La distance n'a pas d'importance quand vient le moment d'aller voir les dernières collections du géant IKEA, à Boucherville, ou pour se rendre dans d'autres magasins spécialisés.

Je n'ai pas d'étude sociologique, mais je suis persuadé que la réticence la plus forte est dans la grande ville, dans la « chapelle universitaire », là où plus des deux tiers de soins sont actuellement dispensés alors que la population sherbrookoise ne représente que la moitié de celle de la région.

Ces ratios prouvent que des « patients navetteurs », il y en a déjà en masse dans la région. Des résidents des MRC périphériques, surtout, habitués à prendre la route sans s'en plaindre.

De l'argent pour la santé, il n'y en aura pas plus. Faut pas, sinon c'est le Québec en entier qui va se retrouver sur une civière.

Une centralisation complète pour ramener tous les soins spécialisés à Sherbrooke n'est pas non plus une option. Sinon, pourquoi ne pas tout centraliser à Montréal? Ce serait évidemment illogique et stupide.

Pour améliorer les services, il reste l'utilisation maximale des unités de soins dans lesquelles des ressources et des plages sont disponibles. En plein ce qu'on nous propose.

On se raccroche vite aux acronymes dans le réseau de la santé. Juste vous rappeler que le diminutif CIUSSS réfère à un centre intégré universitaire de santé et de services sociaux. Intégration et coordination sont des synonymes quand on se lance dans un pareil chantier.

Le préalable à mon IRM à Lac-Mégantic avait été plus agaçant que le voyage dans la MRC du Granit. J'avais dû retrouver ma prescription qui était latente dans les archives du CHUS pour obtenir un rendez-vous là-bas. À cette époque, deux composantes du même réseau de santé ne pouvaient même pas se parler. L'évolution vers le dossier unique du patient éliminera graduellement barrières et pertes de temps.

Je suis volontaire. J'adhère sans réserve au principe de l'option rapide dans l'établissement le plus disponible.

Sur la mécanique, par contre, j'ai hâte de voir. Après avoir investigué, après m'avoir informé que mon cas nécessite une opération, un médecin spécialiste souscrira volontiers à l'idée que ça fasse chlic-chlic dans les poches du confrère qui finira le travail?

« À ce que je sache, il n'y a pas de spécialistes inquiets de tomber au chômage. Les médecins qui ont de trop longues listes d'attente savent qu'ils ne passeront pas à travers et sont également conscients que leurs patients doivent être opérés dans des délais raisonnables.

« Je ne vous dirai pas que ça ne causera pas de frictions. Ça fera aussi partie des changements de culture. Nous obtenons une très bonne collaboration des médecins. Au bout de la ligne, c'est l'intérêt du patient qui doit primer et tous nos efforts de restructuration vont en ce sens », répond le Dr Stéphane Tremblay, directeur général adjoint chargé des soins généraux et spécialisés pour l'ensemble du territoire estrien.

Actuellement, à peine un patient sur cinq accepte « l'alternative » qui lui est proposée. L'objectif est de tripler ce nombre. Souhaitons qu'on l'atteigne. Nous profiterons tous du résultat.

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