En retard sur la parade

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L'Université Bishop's aurait dû se manifester bien avant si elle voyait dans les besoins exprimés pour la jeunesse un usage complémentaire au Théâtre Centennial.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Le maire Bernard Sévigny n'aura pas à justifier de nouveau auprès du gouvernement provincial l'investissement de 9 M$ dans une salle de diffusion jeunesse au centre-ville de Sherbrooke même si la direction de l'Université Bishop's juge que le Théâtre Centennial peut répondre à ce besoin, pour moins cher.

Les prétentions à cet effet véhiculées au cours des derniers jours par la vice-rectrice aux Finances et à l'Administration de Bishop's, France Gervais, n'ont pas semé de doute dans l'esprit du ministre Luc Fortin.

« Outre les propos dont j'ai pris connaissance, nous n'avons reçu aucune proposition de l'Université Bishop's. Dans l'entente de principe reconduite pour deux ans, c'est la Ville qui porte le dossier et c'est elle qui demeure notre interlocuteur. Le choix du conseil municipal sera le nôtre », répond à ce sujet le ministre responsable de la Culture.

Québec ne remettra donc pas en question le financement de 4 M$ promis aux autorités sherbrookoises ainsi qu'aux futurs utilisateurs de cette salle regroupés au sein du consortium Côté scène.

Le cadran n'est pas à l'heure à Bishop's. Ce projet est en analyse depuis plusieurs années à Sherbrooke, au vu et au su de tous. Si la direction de l'institution voyait vraiment dans les besoins exprimés pour la jeunesse un usage complémentaire pour sa salle hypothéquée par un manque de revenus, elle devait vendre sa salade plus tôt.

La vice-rectrice Gervais n'a pas lancé qu'une vague suggestion. Son propos dans nos pages, samedi dernier, était catégorique : « il est évident que le Théâtre Centennial a tous les atouts nécessaires pour être l'hôte de spectacles destinés à un jeune public de la région sherbrookoise, et ce, sans grand investissement additionnel », a-t-elle soutenu.

Allez défendre le contraire auprès des payeurs de taxes, messieurs Sévigny et Fortin!

Même en admettant qu'il vaille mieux intervenir tard que jamais, la direction de Bishop's aurait minimalement pu s'allier le président du comité de la culture, Pierre Tardif, qui a enregistré sa dissidence face au projet du centre-ville et qui doute encore que le potentiel du Centennial ait été évalué sérieusement. Or, M. Tardif m'a avoué n'avoir jamais eu vent de la position de l'université avant d'en prendre connaissance dans le journal.

Quand on veut promouvoir une idée, défendre un projet, ça prend un minimum d'organisation.

À plus forte raison quand on va à l'encontre des orientations de la majorité des décideurs politiques. La démarche sortant de nulle part ressemble à un sauve-qui-peut comptable de la part l'institution ayant récemment tiré la plogue sur la programmation professionnelle du Centennial, faute de pouvoir assurer le financement des opérations.

Une vice-rectrice insinuant publiquement qu'un ministre s'apprête à cautionner dans sa circonscription une dépense de plusieurs millions qui serait plus ou moins utile, ça pourrait être du miel pour les partis d'opposition.

Pour ajouter à la brouille, juste vous rappeler que Pierre Tardif a dirigé la première campagne électorale de Luc Fortin dans Sherbrooke. Le président de la culture de la Ville invitant son poulin devenu ministre à mettre en veille un projet qu'il juge trop onéreux, ça pourrait aussi devenir du bonbon pour la presse nationale.

Ne craignez-vous pas d'être talonné par vos adversaires politiques ? ai-je demandé à Luc Fortin.

« L'engagement initial de financer le projet au centre-ville a été contracté par le gouvernement Marois et la porte-parole péquiste en matière de Culture, Véronique Hivon, a appuyé le projet il y a quelques mois encore lors d'une visite à Sherbrooke. Je vois mal que le Parti québécois vienne m'adresser des reproches » désamorce le ministre Fortin.

Qu'en pense le chef de la CAQ, François Legault ?

« J'ai quelques questions à poser à ce sujet, mais les maires me semblent représentatifs de ce que leur population veut et je serai, à priori, porté à faire confiance à M. Sévigny », a déclaré M. Legault avant de se rendre à la mairie de Sherbrooke, en fin d'après-midi mardi.

À sa sortie, M. Legault a affirmé que le projet du centre-ville lui paraissait plus porteur qu'une intégration aux activités du Centennial.

Je suis un fervent partisan des débats, du choc des idées. Mais il y a des moments et des façons d'argumenter. La méthode employée par la direction de Bishop's pour tenter d'influencer le choix du site pour la salle jeunesse était superficielle et cavalière.

Au plus fort des discussions pour obtenir l'aide gouvernementale nécessaire à la construction d'un nouveau centre sportif de 32 M$, pas sûr que le principal de Bishop's, Michael Goldbloom, aurait apprécié qu'on se mette à questionner la pertinence des installations qu'il jugeait indispensables pour son université. Il était d'ailleurs bien heureux d'avoir le maire de son côté.

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