Ottawa doit embarquer dans le train de la relance

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Le gouvernement fédéral s'est lancé à la recherche de bureaux pour relocaliser son personnel de Lac-Mégantic sans spécifier s'il tenait à ce que cela se fasse dans le centre-ville qui est à reconstruire.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) C'est long, complexe et coûteux de déplacer une voie ferrée. Ces arguments ont maintes fois été répétés aux citoyens de Lac-Mégantic afin d'aiguiser leur patience à propos de la voie de contournement.

Sauf que même pour les choses simples, ça semble compliqué de traiter avec le gouvernement fédéral.

Ottawa a lancé à la fin du mois d'avril « une invitation à soumettre une expression d'intérêt concernant la disponibilité de locaux à louer à Lac-Mégantic ». Long préambule annonçant l'intention de ramener le personnel de Service Canada dans des locaux permanents à compter du 1er août 2017.

Les bureaux fédéraux n'ont pas été incendiés, pas même été évacués, lors de la catastrophe ferroviaire de juillet 2013. Ottawa ayant toutefois été partie prenante à la stratégie concertée mise de l'avant pour faciliter la vie des sinistrés en offrant le maximum de services à l'intérieur ainsi qu'autour du Centre sportif Mégantic, pour soutenir l'effort de guerre, les troupes fédérales ont été déplacées.

Encore aujourd'hui d'ailleurs, presque trois ans plus tard, les chercheurs d'emplois ou autres citoyens en quête de services fédéraux doivent se rendre dans une roulotte installée à l'arrière du complexe municipal, à proximité de la zone dévastée.

Où serait l'endroit le plus logique pour voir un drapeau fédéral devant un immeuble de bureaux?

Spontanément, je vous entends répondre : le nouveau centre-ville, voyons!

Ce serait effectivement la moindre des choses que le gouvernement fédéral agisse comme levier de développement et qu'il s'engage ainsi dans la revitalisation d'un secteur qu'un convoi en déroute a transformé en désert. Si tel est le cas, l'intention n'est pas manifeste.

Service Canada est à la recherche de 300 mètres carrés pour des locaux à bureaux contigus, sur un seul étage. L'invitation lancée précise également « que les immeubles situés dans les zones agricoles, résidentielles, industrielles ou inondables ne seront pas pris en considération ».

Au moins, les zones exposées à un déraillement de train ne sont pas exclues!

Territoire d'implantation fixé : la ville de Lac-Mégantic. Rien de plus précis, de plus restrictif comme périmètre, pour envoyer le message qu'un client solidaire, bon payeur et prêt à s'engager pour un bail de 10 ans, pourrait offrir une bonne partance à un promoteur intéressé à lever une bâtisse neuve dans la zone où tout a été rasé.

Il y a plus que 450 km séparant Ottawa de Lac-Mégantic ou alors la réalité méganticoise voyage vers la capitale fédérale à la vitesse d'un train circulant sur des rails mal entretenus!

Sherbrooke est une capitale régionale et elle doit recourir à des règlements municipaux pour forcer l'implantation de bureaux gouvernementaux à l'intérieur de son centre-ville qui, malgré cela, en arrache. On ne va pas reconstruire un centre-ville en entier dans une communauté éloignée seulement avec des voeux et des prières.

Aurait-il fallu que la Ville de Lac-Mégantic impose un semblable carcan légal au fédéral? C'eut été sans doute une forme de prévoyance. Mais l'évidence saute tellement aux yeux dans ce cas particulier que je n'arrive pas à croire qu'il faille se rendre aux contraintes et aux mises en demeure pour ouvrir les yeux des représentants fédéraux.

« Compte tenu du fait que le marché immobilier d'espaces à bureaux est restreint à Lac-Mégantic, Service Canada s'attend, à la suite d'une prochaine demande d'avis d'intérêt, à recevoir des propositions de terrains pour une construction neuve », écrivait récemment le ministre responsable, Jean-Yves Duclos, en réponse au député conservateur de Mégantic-L'Érable, Luc Berthold, qui a soulevé des questions concernant ce dossier.

Aucune allusion au nouveau centre-ville.

La période pour soumettre des propositions étant terminée depuis le 13 mai, j'ai tenté de savoir auprès des instances politiques et administratives de ce ministère si le fédéral avait arrêté son choix.

« M. Duclos examinera les différentes propositions de locaux disponibles à Lac-Mégantic suite à cet appel d'offres, et une décision sera prise au cours de l'été en prenant en considération la meilleure option pour les citoyens de la région », s'est limitée à dire son attachée de presse, Émilie Gaudichon.

D'innombrables lacunes fédérales ont été exposées dans la surveillance des activités ferroviaires à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic. Le minimum, mais vraiment le minimum, est qu'Ottawa monte dans le train de la relance.

Des remous dans la santé

La réorganisation du réseau de la santé est source d'irritation à Lac-Mégantic. Après la purge des cadres, la rationalisation chez les employés du soutien administratif se prépare.

« Oui, il y a du mécontentement et je suis le premier à m'inquiéter des effets de la centralisation qui amène tous les bons emplois dans la grande ville. Avec les moyens technologiques d'aujourd'hui, il doit y avoir moyen d'être efficaces autrement », admet le député de Mégantic, Ghislain Bolduc, bien au fait de la levée de boucliers qui se prépare.

Le déracinement devant lequel se retrouvent des employés de la MRC du Granit doit être exposé et dénoncé publiquement mardi prochain.

« Si je n'étais pas retenu à l'Assemblée nationale, mardi, je serais le premier à me pointer à la conférence de presse », endosse le député Bolduc.

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS affirme que la réorganisation en cours aura très peu d'impacts à Lac-Mégantic.

À suivre.

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