Ça ne colle pas

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Le président du comité exécutif, Serge Paquin, a exprimé un souci intergénérationnel en justifiant le financement sur 40 ans du nouveau poste de distribution d'Hydro-Sherbrooke. Cette préoccupation n'a pas pesé lourd pour les caisses de retraite.

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Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Avoir su qu'il s'apprêtait à partir pour des vacances, j'aurais tenté d'attraper le président du comité exécutif, Serge Paquin, avant son départ. J'aurais aimé qu'il m'explique pourquoi l'équité intergénérationnelle devient soudainement une préoccupation. C'est l'une des raisons évoquées pour justifier l'étalement sur 40 ans du paiement du nouveau poste de distribution d'Hydro-Sherbrooke.

Rappelons que le conseil municipal a récemment retenu cette période pour rembourser un emprunt de 27,4 M$ afin d'accroître la capacité du réseau municipal d'électricité qui est sur le point d'atteindre son niveau de saturation. Sans investissements, il ne serait plus possible de raccorder de nouveaux clients à compter de 2018.

Le financement coûtera 7 M$ de plus que si cette dette avait été effacée en 20 ans, avec des intérêts calculés à 2,088 pour cent. À un taux de 3 pour cent, cet écart grimpe à 10,7 M$.

Considérant qu'une première tranche de 5 M$ avait été allouée pour ce projet de 32,5 M$, les déboursés supplémentaires varieront plutôt entre 8 et 12 M$.

Un montant de cette ampleur représente la moitié des dividendes qu'Hydro-Sherbrooke verse annuellement à la caisse municipale. Il se situe dans les mêmes proportions de ce que la Ville paye présentement pour rembourser les emprunts ayant servi à renflouer les caisses de retraite des employés municipaux.

« D'ici une dizaine d'années, les déboursés pour les déficits des fonds de pension vont diminuer, alors la Ville commencera à retrouver une certaine marge de manoeuvre. Il reviendra alors aux prochains conseils municipaux d'évaluer si la durée du financement du poste de distribution peut être revue », a d'ailleurs relevé le président du comité exécutif lors de l'analyse du dossier.

Jusque-là, tout à fait d'accord avec M. Paquin.

Un financement sur 40 ans répartira plus équitablement la charge financière entre les abonnés d'Hydro-Sherbrooke, a ajouté le président du comité exécutif. C'est le bout qui m'a fait sourciller.

Sur le fond, il est vrai que Sherbrooke comptera dans une vingtaine d'années plus de foyers, nouveaux abonnés du réseau municipal qui grossiront les rangs des payeurs de taxes qui financeront les équipements dont la durée de vie est estimée à une cinquantaine d'années.

Sauf que si le souci intergénérationnel prévaut maintenant pour l'électricité, pourquoi l'avoir ignoré pour les caisses de retraite?

Il n'est pas particulièrement équitable d'exiger des propriétaires dont la maison sort de terre ce printemps qu'ils paient pour des déficits actuariels représentant une dette du passé. C'est pourtant la conséquence des choix que les élus sherbrookois ont faits sans remords exprimés au moment d'empiler les emprunts sur 15 ans pour remettre les caisses de retraite à flot. Les sommes payables cette année représentent 7 pour cent du compte de taxes des Sherbrookois.

Même pour celles et ceux dont le projet domiciliaire n'est qu'un rêve ou encore un plan quinquennal, sachez qu'en 2021 et même encore en 2025, la Ville affectera une partie de vos taxes à ces dettes d'une autre époque.

Pour être équitables en payant comptant les 120 M$ versés dans les caisses de retraite, les élus sherbrookois auraient dû nous imposer une surtaxe de 80 pour cent. Cela ne leur a évidemment jamais effleuré l'esprit...

De ce fait, il n'est pas très crédible d'évoquer l'équité intergénérationnelle pour l'électricité alors que c'est un principe qui a été totalement ignoré pour sortir du bourbier des caisses de retraite. Ça ne colle pas.

La réalité est plutôt que, cassée comme un clou, la Ville n'avait pas les moyens pour le moment de faire autrement, c'est-à-dire d'étaler sur une très longue période les coûts de mise à niveau de son réseau d'électricité.

On verra lors du rapport d'étape dans cinq ans s'il est possible d'accélérer le paiement de cette dette.

*****

La navigation entre Sherbrooke et Magog serait possible si ce n'était des barrages hydroélectriques exploités par ces deux villes, qui segmentent les tronçons de la rivière Magog. Pour ces raisons, les deux villes devraient avoir un souci particulier pour l'accès aux cours d'eau qu'elles ont en commun.

Voilà que Magog refoule les pêcheurs du lac Magog à la descente de Deauville, qui lui aurait causé des problèmes de débordement depuis que Sherbrooke a imposé une tarification. Seuls les Magogois pourront utiliser LEUR descente municipale, comme cela se fait à Sainte-Catherine-de-Hatley.

Aucune discussion entre les deux villes. Aucune tentative d'harmonisation des pratiques. Seulement la loi du cadenas.

Allez, continuons à privatiser les cours d'eau vendus comme des lieux à découvrir sur nos cartes postales touristiques.

Les visiteurs ne tarderont pas à se rendre compte que ces belles images ne collent pas à la réalité.

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