Le pacte et les conventions

Dans l'effervescence d'une manifestation, les règles de sécurité... (Spectre Média, René Marquis)

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Dans l'effervescence d'une manifestation, les règles de sécurité au travail deviennent secondaires. Au terme de leur congrès à Sherbrooke, les délégués du Syndicat canadien de la fonction publique ont signifié au maire Bernard Sévigny que plus il se plaindra des tracts syndicaux dans sa ville, plus il y en aura.

Spectre Média, René Marquis

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Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / «J'ai toujours cru qu'un bon congrès finit par une manifestation », me glisse Pierre Avard tout en regardant les délégués des syndicats des employés municipaux du Québec tapisser l'hôtel de ville d'autocollants comme activité de clôture de leur séminaire de trois jours à Sherbrooke.

M. Avard est un vieux routier. Il a représenté les employés de Poste Canada en Estrie durant plus de 30 ans. Il n'est pas directement concerné par cette autre confrontation dans le monde municipal, mais son militantisme syndical en fait un spectateur intéressé.

« Bernard Sévigny devrait calculer le nombre d'employés du secteur public qui voteront à la prochaine élection municipale. Dans une ville institutionnelle comme Sherbrooke, ses positions tranchées pourraient lui coûter des voix », croit-il.

Dans le milieu syndical autant que dans le monde politique, un congrès est une occasion pour fouetter les troupes. Galvanisées, les « abeilles » du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) en ont posé du tract syndical.

Et c'est pas fini!

« J'ai entendu le maire Sévigny se plaindre de l'affichage et dire que sa tolérance s'arrêterait vendredi. Nos pancartes sont là pour rester. Quant à moi, il n'y en a pas assez et il va y en avoir plus », prévient le directeur québécois du SCFP, Marc Ranger

Des représentants des employés de la Ville de Sherbrooke ont pris part à la manifestation. Leur présence a toutefois été feutrée.

« Tout en étant solidaires des autres syndicats, nous, cols bleus de Sherbrooke, sommes à une table où les discussions progressent. Les parties manifestent de la bonne foi. On ne sent pas que la Ville étire l'élastique pour voir si le gouvernement lui offrira le pouvoir de décréter nos conditions de travail. Il y a une entente de principe sur le normatif et nos positions ne sont pas si éloignées sur le monétaire », rapporte le président de ce syndicat, Mario Bernard.

Le temps ne serait donc pas à l'orage et à la confrontation lors des séances de négociation.

« Il n'en est pas ainsi seulement à Sherbrooke, nous avons encore eu une quinzaine de règlements au cours des dernières semaines. C'est ça qui nous met en crisse! C'est comme si nous vivions dans deux mondes parallèles avec le pacte fiscal et les conventions collectives. Aux tables, les choses se règlent. Malgré cela, certains maires, dont M. Sévigny à titre de président de l'Union des municipalités du Québec, continuent à se plaindre », rage Marc Ranger.

Dans un autre dossier, la Ville de Sherbrooke et ses pompiers se retrouvent devant un arbitre qui doit évaluer si les sapeurs sherbrookois méritent un rattrapage en sus de la hausse proposée par l'employeur.

« On nous a offert les augmentations salariales de 2 pour cent qui ont été acceptées par les travailleurs d'Hydro-Sherbrooke alors que nos demandes tiennent compte de l'écart défavorable de 5,5 pour cent de nos salaires par rapport à la moyenne des autres villes », explique le président du syndicat des pompiers, Simon Gilbert.

Les pompiers de Sherbrooke sont prêts à monter aux barricades si le gouvernement change les paramètres de référence.

« Le projet de loi annoncé renverrait un arbitre aux seuls comparables entre groupes d'employés d'une même ville. Objectivement parlant, comment compare-t-on le travail d'un pompier à celui d'un col bleu ? La capacité de payer des contribuables, tu calcules ça comment », s'interroge M. Gilbert.

Les manifestants sont repartis en laissant leur signature sur l'hôtel de ville et des débris dispersés par le vent. Le carré Strathcona aurait été laissé dans cet état après un pique-nique d'étudiants qu'on dénoncerait un manque de civisme.

« Les cols bleus de Sherbrooke ne sont pas en grève, ils vont faire le ménage », a d'abord répondu Marc Ranger.

« Oui, c'est vrai. Y'a pas mal de papier qui traîne. J'accepte votre critique » s'est-il amendé par la suite.

Pas sûr que les policiers auraient laissé des citoyens mécontents beurrer un édifice municipal de la sorte, mais ça fait partie du décor depuis plusieurs mois dans la plupart des bâtiments de la Ville.

L'administration Sévigny se montrera-t-elle plus pointilleuse avec l'hôtel de ville pour en faire un symbole ?

Si le maire ordonne qu'une équipe de nettoyage passe, il invitera les manifestants à revenir.

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