Le Costco ne passera pas en vrac

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La Ville de Sherbrooke annonce dans son plan d'urbanisme l'intention de donner une vocation commerciale aux terrains vacants qui sont voisins du Centre de foires et qui bordent les boulevards menant au plateau Saint-Joseph.  Ce changement d'usage fera cependant l'objet d'une analyse particulière.

LA TRIBUNE, LUC LAROCHELLE

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Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Le nouveau plan d'urbanisme de la Ville de Sherbrooke ne servira pas de voie rapide pour faire accepter l'élargissement de l'offre commerciale sur le plateau Saint-Joseph.

L'administration municipale a préféré traiter la demande de relocalisation de Costco de manière distincte plutôt que de l'inscrire dans le lot des changements réglementaires qui seront soumis à une consultation au cours du prochain mois.

On se rappellera que c'est une controverse concernant l'agrandissement du plateau Saint-Joseph qui a coulé la précédente tentative de mettre à jour les usages et d'harmoniser les règlements des dix anciennes villes constituant la ville unifiée de Sherbrooke. Certains de ces règlements n'ont pas été revus depuis plus de 20 ans.

L'actuel maire Bernard Sévigny avait été l'un des principaux artisans du naufrage de 2007 en militant au sein du groupe ayant infligé une défaite référendaire au conseil municipal que dirigeait alors Jean Perrault.

Son administration propose une refonte réglementaire annonçant sans détour l'intention de donner une vocation commerciale aux terrains vacants qui sont voisins du Centre de foires et qui bordent les boulevards donnant accès au plateau Saint-Joseph. L'inscription CZ1170 (pour zone commerciale à long terme) a même été accolée à l'ensemble du lot convoité par Costco.

Mais ce changement est strictement indicatif, assure-t-on à la Ville.

« Rien n'a été modifié, les usages autorisés demeurent ceux liés à l'agriculture. Avant d'envisager un projet commercial, le gouvernement provincial doit d'abord consentir à ce qu'une partie de ce terrain soit exclue de la zone en réserve dans notre schéma d'aménagement. Puis, le propriétaire devra présenter une demande de changement de zonage avec toutes les consultations que cela suppose.

« Autrement dit, nous ne voulions pas donner l'impression de chercher à cacher le dossier Costco dans le plan d'urbanisme. Nous avons eu le souci de ne pas répéter deux fois la même erreur », avoue le directeur par intérim du Service de la planification et du développement urbain, Michael Howard.

Si la démarche avait été la même qu'en 2007, les changements visant le plateau Saint-Joseph auraient été liés à l'ensemble du plan d'urbanisme.

Cela aurait placé le maire Bernard Sévigny en contradiction avec les positions qu'il a défendues il y a dix ans aux côtés de Diane Délisle et Robert Pouliot, qui militent depuis avec lui au sein d'un parti politique dont les ancrages s'appuient sur les principes défendus lors de ce référendum.

Le maire Sévigny n'échappera pas au rappel des faits si arrive le jour d'annoncer la relocalisation de Costco, lui qui jugeait le concept du Power Center dépassé il y a dix ans, du fait « qu'il impose un mode de vie fondé sur l'utilisation de l'automobile ». Les politiciens sont cependant capables d'habiles contorsions lorsque vient le moment d'accueillir un investissement d'une cinquantaine de millions de dollars.

En procédant de la sorte, l'avantage pour lui comme pour la Ville sera par ailleurs de ne pas risquer de lier le sort du plan d'urbanisme au projet de Costco.

Ayant souvent de fois déploré que les consommateurs attirés par le plateau Saint-Joseph restent en périphérie de l'offre commerciale de Sherbrooke, la conseillère Diane Delisle ne voit pas en quoi les membres du Renouveau sherbrookois trahiraient leurs convictions avec ce qui est sur la table.

« Je vous avoue avoir encore des réticences à envisager la relocalisation de Costco sur le site proposé. On verra à la lumière des arguments. Je suis par contre tout à fait à l'aise de défendre l'approche avec laquelle ce plan d'urbanisme a été élaboré. Nous avons consulté et l'exercice se poursuit. Les citoyens auront eu leur mot à dire. Contrairement à ce qui s'est produit la dernière fois, nous n'avons pas essayé de faire passer des changements en vitesse », défend Mme Delisle.

La préparation d'un plan d'urbanisme est complexe. Décoder le sens et trouver les nuances de la multitude de changements sont des tâches aussi ardues.

Quand la caravane passera dans votre coin, allez voir en quoi la planification municipale peut affecter votre milieu de vie. On n'est jamais trop curieux.

La première adresse pour trouver de l'information est à realisonssherbrooke.ca.

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