Le risque du double emploi

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Le maire Bernard Sévigny partagera son temps entre les affaires courantes de la Ville et la défense des intérêts municipaux dans ses rapports avec le gouvernement Couillard.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Les traditions à l'Union des municipalités du Québec (UMQ) assuraient pratiquement la présidence à Bernard Sévigny avant le vote l'ayant désigné comme successeur à Suzanne Roy, dont le mandat de deux ans venait à échéance.

Il y a de meilleurs moments que d'autres pour se retrouver sur la ligne de feu dans le cycle d'alternance à la présidence de l'UMQ. Si M. Sévigny avait eu le choix, il aurait sûrement préféré que sa nomination survienne durant l'année suivant une élection municipale.

Un début de mandat est toujours moins risqué pour un maire se retrouvant à devoir partager son temps entre les affaires courantes de sa ville et la défense des intérêts municipaux auprès des gouvernements supérieurs.

Ce fut le cas pour Jean Perrault, devenu président de l'UMQ en novembre 2005, quelques semaines seulement après sa réélection à la mairie de Sherbrooke. Même après avoir concédé 44 pour cent des voix à sa rivale Hélène Gravel, M. Perrault n'était pas dans une position fragilisée.

Comme tous les autres élus sortants avaient également gardé leur siège, la dynamique municipale en était une de continuité et non de confrontation. Le maire Perrault n'avait donc pas trop à se soucier des jeux de coulisses qui se passaient dans son dos lorsqu'il se consacrait à son rôle de lobbyiste provincial.

Ce n'est pas le cas actuellement pour Bernard Sévigny. La conseillère Hélène Dauphinais affiche clairement ses couleurs comme possible prétendante à la mairie. L'opposition se manifeste et s'organise à travers le nouveau parti municipal qui veut rivaliser avec celui du maire lors du rendez-vous électoral de novembre 2017.

La dissension est nettement plus évidente que lors du premier mandat de M. Sévigny. Sans que cela fasse nécessairement de lui un maire en sursis, c'est une réalité qu'il ne peut ignorer.

Le double emploi comporte des dangers pour un élu. Jacques O'Bready a été un maire populaire et apprécié des Sherbrookois de même que de ses pairs du monde municipal au tournant des années 1980. Son charisme et ses qualités de plaideur ont d'ailleurs bien servi l'Union des municipalités du Québec.

M. O'Bready en était le président en 1982... lorsque Jean-Paul Pelletier l'a détrôné à la mairie de Sherbrooke!

Une défaite que l'homme déchu et ses proches collaborateurs n'avaient pas vu venir et que Jacques O'Bready a encaissée très difficilement après avoir essuyé les reproches d'être devenu un maire distant et peu soucieux de la précarité économique de ses concitoyens. La crise frappait alors Sherbrooke de plein fouet.

Loin des yeux, loin du coeur. Le maire Sévigny a tout intérêt à garder en mémoire le « crash politique » de 1982 à Sherbrooke au moment d'entreprendre son mandat à la présidence de l'UMQ, car c'est une vitrine qui peut lui servir de tremplin comme elle peut se fracasser à ses pieds.

Un tourbillon politique a accueilli M. Sévigny sur les plaines à Québec : le gouvernement Couillard ira-t-il aussi loin qu'il le promettait pour permettre aux élus municipaux de tenir tête aux syndicats? Pour l'avoir souvent entendu discourir sur le sujet, le maire de Sherbrooke tient mordicus à ce que les choses changent sans quoi, prétend-il, les villes demeureront prisonnières d'un carcan paralysant leur développement.

Tout ce que Bernard Sévigny dira à l'échelle provinciale se répercutera dans les rapports qu'auront les négociateurs patronaux et syndicaux, ici à Sherbrooke. Le discours corporatif que le maire défendra comme président de l'UMQ, il devra également l'assumer face à ses adversaires politiques locaux qui ne manqueront pas de le dépeindre comme un maire incapable de négocier sur une base constructive.

Y'a de meilleurs moments que d'autres pour se retrouver sur la ligne de feu et celui-ci s'annonce particulièrement intense.

Remarquez, c'est ce qu'on disait aussi au moment où M. Sévigny est devenu chef du Renouveau sherbrookois et a annoncé qu'il serait candidat à la mairie en 2009, que Jean Perrault y soit ou pas.

C'est un de ses traits de caractère : il avance en écoutant son instinct plutôt qu'en se fiant aux probabilités.

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