Le pied à terre plus léger

La minimaison aura peut-être sa place un jour à Sherbrooke. La chronique de... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

La minimaison aura peut-être sa place un jour à Sherbrooke. La chronique de vendredi présentait certains enjeux liés à son arrivée en milieu urbain. Si vous l'avez manquée et que le sujet vous intéresse, vous la retracerez avec une galerie de photos sur notre site latribune.ca.

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Le président de Vertendre, Alain Chagnon, a supervisé la construction d'une vingtaine de refuges Zoobox sur le versant ouest du mont Orford, à Eastman, sur des terrains voués au développement. La mode des minichalets flirte toutefois avec les règles d'implantation en zone verte.

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Deuxième volet, aujourd'hui, puisque ce courant se propage également en milieu rural. Il pourrait teinter les paysages de la région de villégiature qu'est l'Estrie.

Le pied-à-terre que les citadins veulent à la campagne n'est plus nécessairement la résidence secondaire luxueuse et spacieuse. Il est plus léger. Small is beautiful.

Le groupe Vertendre a plongé dans le marché des minichalets avec ses refuges Zoobox. Une première phase d'une vingtaine d'unités sera bientôt complétée sur le versant ouest du mont Orford, à Eastman.

À 250000 $ chacun, ces minichalets ne sont pas à la portée de tous. Comme ils sont un produit tendance, ils offrent toutefois un potentiel intéressant de revenus de location. Il faut aussi dire qu'en plus du bâtiment, l'acquéreur devient propriétaire unique d'un lot de 65000 pieds carrés et obtient un droit d'accès sur une vaste forêt partagée.

Cette approche est à mi-chemin entre le développement traditionnel et celui qui bouscule les conventions. Le projet en territoire isolé a été initié en milieu autorisé (zone blanche) et selon tous les standards de conformité.

«Ça nous a pris six ans pour obtenir toutes les approbations requises. Il nous a fallu construire un chemin d'accès assez large pour que des citernes à incendie puissent y circuler. Chaque unité a une fosse septique coûtant entre 15000 à 20000 $, soit le même prix qu'une maison. Les obligations réglementaires sont nombreuses», décrit le président de Vertendre, Alain Chagnon

Le législateur provincial passe en revue le Règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées et pourrait élargir les règles d'utilisation des toilettes à compost, une solution meilleur marché pour les minichalets.

«Ce dossier est le Uber de la campagne. Les autorités partent pratiquement d'une page blanche pour réglementer» compare M. Chagnon.

La page n'est pas blanche quant à l'implantation en zone verte. En pratique toutefois, il y a de nombreuses zones grises. Les camps de fortune des chasseurs ou certains abris «créatifs» sont tolérés sur des propriétés agricoles ou forestières, une élasticité que l'émergence de minichalets pourrait tester.

«Pour nous, les règles sont sans équivoque», répond la porte-parole de la Commission de protection du territoire agricole du Québec(CPTAQ), Agnieska Jarnuszkiewicz en se référant aux dispositions réglementaires.

Un seul bâtiment pouvant servir d'abri en milieu boisé peut être construit sur un lot d'une superficie minimale de 10 hectares (25 acres). Celui-ci ne doit pas être pourvu d'eau courante et doit être constitué d'un seul plancher d'une superficie au sol n'excédant pas 20 m²», précise le règlement applicable à quiconque n'est pas propriétaire exploitant d'une terre agricole.

La dimension des modèles les plus populaires de minichalets est inférieure à 20 m². Obtient-on un passeport en zone verte en renonçant seulement au confort de l'eau potable?

«Une mezzanine servant de dortoir est considérée comme un deuxième plancher» prend soin d'ajouter Mme Jarnuszkiewicz.

«Un plancher est une surface sur laquelle on peut se tenir debout, non?», oppose Gabriel Parent-Leblanc, président et fondateur d'Habitations MicroÉvolution, une entreprise de maisons et de chalets à dimensions réduites.

La comparaison avec le litige Uber dans l'industrie du taxi tient la route.

«En ce moment, notre schéma d'aménagement est muet sur les minimaisons ou les minichalets, chaque municipalité peut intervenir. La norme minimale d'implantation d'une habitation est de 50 m². Personnellement, je ne vois pas les risques d'une délinquance qui deviendrait problématique», pondère Camille Gagnon, du service d'urbanisme de la MRC de Coaticook.

«Nous savons qu'il y a des installations qui sont à la limite de la légalité. Sans être intransigeants, il faut rester vigilants et être proactifs», enchaîne son confrère Hugues Ménard de la MRC Memphrémagog.

Avec celle de Brome-Mississquoi, ces deux MRC ont engagé une réflexion afin de répondre à un besoin découlant du projet Banque de terres, le jumelage entre des aspirants-agriculteurs et des propriétaires de terres agricoles prêts à s'investir comme mentor ou intéressés à ce que leurs champs soient cultivés en sous-traitance.

Ce partenariat ne comprend pas toujours le volet de l'hébergement.

«Certains exploitants demandent à pouvoir s'installer à proximité des champs, à tout le moins pendant les périodes intensives de travail. Nous réfléchissons à la manière dont nous pouvons rendre cela possible», indique M. Ménard.

La semence de la microhabitation germe, et elle va produire une panoplie de plants...

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