Une heure de thérapie ministérielle

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a joué la carte de la proximité en effectuant une tournée de la salle avant de s'adresser aux citoyens réunis au Centre sportif de Lac-Mégantic. Il a notamment salué Réjean Côté et Émery Bélanger.

Spectre Média, Frédéric Côté

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Tout comme le passage du train au centre-ville, la pente de Nantes demeure une hantise à Lac-Mégantic et c'est la réalité devant laquelle le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a maintes fois été ramené en écoutant la communauté meurtrie par la tragédie ferroviaire de juillet 2013.

Les représentations les plus insistantes ont porté là-dessus, sur les dangers de maintenir des activités de triage et de continuer à immobiliser dans une pente des convois susceptibles de partir à nouveau en dérive.

Le maire de Nantes, Jacques Breton, a soulevé la question au cours d'un tête-à-tête avec le ministre Garneau.

«Rien de cela n'a été réglé et ce danger ne disparaîtra que le jour où nous aurons une nouvelle gare de triage moins risquée», a-t-il déploré au terme de cette rencontre privée.

Émery Bélanger, un représentant de l'UPA de Lac-Mégantic, a soulevé les mêmes craintes lors de l'assemblée publique.

«On ne peut plus dire qu'on ne sait pas ce qui peut se produire. Il doit exister une meilleure place que ça pour opérer des trains».

Bien que le risque soit réel, pas question de faire cesser ces pratiques.

«Nous nous sommes arrêtés à Nantes, je suis descendu de la voiture et je concède : le dénivelé est évident. Par contre, nous vivons dans un pays où il y a des montagnes. C'est un risque qui peut être géré en instaurant des règles plus strictes, ce que nous avons fait depuis la tragédie. Au lieu de condamner des sites d'exploitation, nous nous assurons que les mesures de sécurité sont adéquates.

«Je suis ingénieur, j'ai eu à gérer des risques dans l'espace, je vous prie d'avoir confiance dans ma volonté de veiller à ce que vous puissiez vivre en toute confiance dans votre belle ville», a répondu l'ancien astronaute s'étant ainsi montré rassurant durant l'heure qu'il a passée sur la scène.

«La confiance est une pente que vous avez à remonter», lui a vite retourné Paul Dostie.

Le comité de vigilance a confronté le ministre aux résultats d'une étude de Central Maine and Quebec Railway (CMQ), révélant que trois sections de rails sont à la limite de l'usure tolérée. L'une d'elles se trouve derrière l'école secondaire et le pavillon de santé de Lac-Mégantic.

«Je vis avec la réalité technique que même si c'est à la limite, un chemin de fer est conforme en autant qu'il répond à nos critères, à moins qu'on décide de changer les normes. Pour le moment, celles que nous utilisons sont raisonnables», assume Marc Garneau.

La prochaine étape sera le dévoilement de l'étude de faisabilité d'une voie de contournement. Encore là, les attentes envers le fédéral sont grandes.

«Vous avez été un héros canadien lors de vos missions spatiales, seriez-vous capable de garantir à la population de Lac-Mégantic que vous mettrez tout ce talent pour avoir une voie de contournement», a questionné Denis Bellefleur.

Le ministre a apprécié la remarque flatteuse, mais s'est contenté de sourire.

Le maire de Lac-Mégantic, Jean-Guy Cloutier, a confirmé que les grandes conclusions de cette étude sont maintenant connues et ont été communiquées à des représentants de Transports Canada, il y a deux semaines.

Le maire Cloutier est allé rejoindre le ministre Garneau à l'aéroport de Sherbrooke et ils ont effectué ensemble le trajet en auto vers Lac-Mégantic.

«M. Garneau est sûrement au courant des conclusions de l'étude, mais j'ai compris à sa réaction que ce n'était pas le bon moment pour lui en parler. Ça viendra et nous serons prêts à défendre le dossier», a-t-il rapporté sans rien dévoiler avant le rendez-vous du mois prochain.

«Je connais certains détails du sommaire exécutif, mais je veux avoir l'ensemble du portrait. J'attendrai les résultats de la consultation publique auprès de la population de Lac-Mégantic. Il reste des choses à faire», a quant à lui esquivé le ministre Garneau.

Le ministre fédéral des Transports est arrivé, puis est reparti vers Ottawa en vol privé depuis l'aéroport de Sherbrooke. Il n'avait pas avec lui les autorisations que le maire Bernard Sévigny attend afin de pouvoir offrir un service de sécurité à une éventuelle clientèle commerciale.

«Le dossier progresse», a lancé à la hâte le ministre Garneau.

La visite éclair était déjà terminée.

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