À la croisée des chemins

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Selon la direction, la suspension des activités du Camp Val-Estrie était préférable au maintien d'opérations déficitaires qui auraient risqué durant l'été de causer des dommages irréversibles.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Un centre de ski annoncerait la suspension de ses opérations à l'approche de l'hiver qu'on douterait sûrement des probabilités que les télésièges redémarrent un jour.

Les activités du Camp Val-Estrie sont mises en veilleuse pour l'été, sa période la plus active. Prolonger les opérations déficitaires aurait aggravé les choses au risque de rendre les dommages irréversibles, ont jugé les administrateurs placés devant le constat que les limites du modèle actuel sont atteintes.

On croyait l'institution tirée d'embarras l'été dernier après l'annonce d'un investissement de 1 M$. «Le camp Val-Estrie se réinvente», claironnaient alors ses dirigeants en se réjouissant d'un nouveau partenariat avec la Caisse d'économie solidaire Desjardins.

Il y avait cependant peu d'oxygène là-dedans puisque le gros de cette somme (60 pour cent) a servi au rachat d'un prêt. Une autre tranche de 200000 $ a été consacrée à la réfection de la toiture. Il ne restait que 200000 $ pour le rajeunissement d'un produit soumis à une forte concurrence.

L'image d'avoir à débourser 7 $ par jour pour envoyer un enfant en CPE reste dans l'esprit des parents. Quand ces derniers se voient ensuite offrir des camps de jour municipaux à 300 $ pour une saison, il n'est pas facile de glisser dans les priorités familiales des camps à 175 $ par semaine pour chaque enfant.

D'autant, que les forfaits tout-inclus se vivent fréquemment de nos jours en famille dans des destinations exotiques durant les vacances des fêtes ou lors de la relâche scolaire. Ces déboursés s'ajoutent aux dépenses des vacances estivales, aux camps sportifs ou culturels spécialisés. Bref, le corridor est de plus en plus étroit pour recruter une cohorte de jeunes qui, en plus, a diminué au fil des ans.

«Quand t'es confronté à des défis comme ceux-là, faut pas en plus que tu te fasses couper une jambe», image le président du conseil d'administration, Guillaume Brien, pour décrire la perte non anticipée de la clientèle scolaire venue amplifier les problèmes au cours de la dernière année.

Les sorties éducatives se planifient dès la rentrée. Or, les enseignants étaient à couteaux tirés avec le gouvernement, l'automne dernier, au moment où le calendrier de réservations se remplit habituellement au Camp Val-Estrie. Il est resté dégarni dans ce segment de marché générant normalement le tiers des revenus.

La suspension des activités décrit une situation critique, une problématique majeure devant être résolue rapidement puisque l'organisation ne peut se permettre qu'il y ait encore un point d'interrogation quant à son avenir lorsque le blitz automnal des réservations arrivera.

La corporation n'a plus de terrains accessibles au développement domiciliaire qu'elle peut mettre en vente rapidement pour financer ses opérations courantes. Les 400 acres de terrains qui lui restent sont en zone agricole.

L'organisme Croquarium est novateur, son action dans l'éducation alimentaire auprès des jeunes est complémentaire, mais le loyer de quelques milliers de dollars qu'il verse à Val-Estrie est marginal dans les livres d'une entreprise dont le budget dépasse les 900000 $.

La niche médiévale a été exploitée au cours des dernières années. Il faudrait cependant que son apport soit plus soutenu dans la colonne des revenus considérant que les frais fixes de cet ancien orphelinat, particulièrement énergivore, sont de l'ordre de 200000 $ par année. Ces coûts pourraient évidemment être réduits en modifiant le système de chauffage, en remplaçant la fenestration, etc. Les économies ne viendront cependant qu'à travers des investissements.

L'avenir passe par la diversification. Par des usages complémentaires.

La Ville de Waterville n'aurait toutefois pas d'usages communautaires criants à combler comme c'est le cas dans l'arrondissement de Brompton où les administrateurs de l'École secondaire seront soulagés de tracas financiers grâce au loyer que la Ville de Sherbrooke versera pour un usage municipal d'une ancienne partie du juvénat.

«Nous avons déjà quelques ententes de services avec le Camp Val-Estrie. Nous examinerons si d'autres débouchés sont possibles, mais Waterville a déjà un centre communautaire», précise à ce sujet la mairesse Nathalie Dupuis.

Les délais sont courts pour la recherche de solutions. On saura dans quelques mois si ça passe ou si ça casse.

«Nous sommes très optimistes quant à une relance», lance Jacques Gauthier, membre d'un conseil d'administration faisant preuve d'une franche détermination face à ce défi d'adaptation.

Prétendre que ce lieu est un joyau à protéger n'est pas exagéré. Reste à trouver comment.

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