Le Québec à la rame

Sans ancrage au Saguenay, la Coalition Avenir Québec,... (La Presse Canadienne)

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Sans ancrage au Saguenay, la Coalition Avenir Québec, son chef François Legault et sa candidate Hélène Girard ont été une fois de plus refoulés dans la marge lors de l'élection partielle de lundi dans la circonscription de Chicoutimi.

La Presse Canadienne

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Le chef caquiste, François Legault, devait avoir le caquet bas, lundi soir, à la fin du dépouillement du vote de l'élection partielle dans la circonscription de Chicoutimi, qui a refoulé une fois de plus la Coalition Avenir Québec dans la marge.

Les résultats des partielles sont parfois trompeurs, mais M. Legault espérait sûrement mieux dans le contexte politique actuel que les maigres 12 pour cent récoltés par sa candidate Hélène Girard.

Le leader de la CAQ s'était appuyé sur les résultats d'un sondage commandité par son parti pour qualifier, il y a une dizaine de jours, les régimes libéraux de Jean Charest et de Philippe Couillard «d'échecs sur toute la ligne».

Le boomerang lui revient puisque la CAQ a perdu pratiquement le tiers de ses appuis par rapport à l'élection générale d'avril 2014 tandis que le Parti libéral du Québec s'est maintenu à 30 pour cent en dépit des dégâts politiques causés par la mise en accusation de Nathalie Normandeau et l'enquête concernant Sam Hamad.

Les troupes de François Legault ont été incapables de récupérer une partie du vote de mécontentement comme cela avait été le cas lors de l'élection ayant marqué la fin de l'ère Charest, en 2012. Avec 25 pour cent des voix, la CAQ avait alors relégué les libéraux au troisième rang dans Chicoutimi.

Les gains ne sont pas durables. Le capitaine Legault et son parti, qui ont un certain tirant d'eau avec leur représentation concentrée dans le corridor du Saint-Laurent, viennent de remonter le Saguenay à la rame.

Ils s'embarqueraient sur les rapides de la Saint-François à Drummondville, en direction des Grandes-Fourches, qu'on serait surpris de les voir apparaître un bon matin au centre-ville de Sherbrooke, car on n'a guère vu âme caquiste qui vive en Estrie depuis deux ans, soit depuis les élections générales d'avril 2014.

«Je suis encore un embryon du parti et j'agirai comme pivot de l'organisation que nous voulons mettre en place pour être mieux organisés pour l'élection de 2018 que nous ne l'étions la dernière fois. J'admets cependant que tout est à bâtir» précise Gaston Stratford, qui était candidat caquiste dans Saint-François il y a deux ans.

À 70 ans, M. Stratford est passablement occupé. Il s'est vu offrir des mandats pour agir comme attaché de presse des députés André Lamontagne et Sébastien Schneeberger, dans les circonscriptions de Johnson et Drummond-Bois-Francs. L'homme est consciencieux et vaillant, mais il n'a ni la fougue ni le charisme d'un Bernie Sanders qui rallie la jeunesse américaine autour de sa candidature à l'élection présidentielle.

Philippe Girard, qui avait fait bonne impression comme candidat caquiste dans Sherbrooke en 2014, est lui aussi employé du parti. Il travaille au sein de l'aile parlementaire à Québec. Il ne s'est cependant pas vu confier en parallèle la mission de développement d'une filiale estrienne.

J'ai parlé à Alain Dion, qui avait été candidat de Richmond. Il croit encore au message caquiste, mais avoue ne l'avoir guère propagé depuis la bataille électorale.

Comme du temps où Pierre Paradis agissait comme ministre libéral de l'Estrie, la région a encore un tuteur de la Montérégie chez les caquistes.

«Je serais le premier heureux de pouvoir compter plus d'alliés en Estrie! De façon réaliste, c'est la théorie des petits pas. En quatre ans, la CAQ n'a pas eu le temps de se déployer dans toutes les régions de la province. M. Legault l'admet d'emblée, c'est pourtant une obligation que nous avons pour devenir une alternative crédible aux yeux des Québécois», réagit le député de Granby, François Bonnardel.

«Nous avons tenu notre caucus de janvier à Bromont, nous aurons prochainement une table politique à Magog, j'ai pris part à une activité récemment à Stratford. Nous ne publicisons pas chacune de nos sorties, mais nous ne sommes pas loin. Nous avons assurément un oeil sur l'Estrie», poursuit M. Bonnardel.

Ce dernier admet par ailleurs que l'ouverture de son parti au rejet du projet de loi libéral qui rendrait l'immatriculation des armes à feu obligatoire ne s'est pas traduite en appuis de la part des chasseurs, pourtant nombreux au Saguenay.

«Faut croire que les électeurs n'ont pas attaché beaucoup d'importance à ce sujet au moment de voter», répond prudemment le député caquiste.

Le Québec à la rame, c'est long longtemps!

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