Le passé collé aux talons

Même s'il n'est plus premier ministre, partout où... (La Presse, André Pichette)

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Même s'il n'est plus premier ministre, partout où il passe, Jean Charest essuie le même barrage de questions à propos du financement du parti qu'il a dirigé et de l'octroi de contrats.

La Presse, André Pichette

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / «J'ai aimé chaque jour que j'ai passé à occuper mes fonctions, incluant les jours les plus difficiles», a déclaré Jean Charest au lendemain de la défaite électorale de septembre 2012 l'ayant amené à tirer un trait sur sa longue carrière politique.

L'ancien premier ministre, qui a représenté la circonscription de Sherbrooke à Ottawa puis à Québec durant 28 ans, espérait sans doute l'avoir un peu plus facile le jour où il a annoncé «qu'il rentrait à la maison».

Partout où il passe, M. Charest essuie le même barrage de questions à propos du financement des libéraux provinciaux et de l'octroi de contrats par son gouvernement.

«J'ai dirigé un gouvernement honnête et intègre», a-t-il réitéré lundi alors qu'il était de passage à l'Assemblée nationale pour une activité du Groupe Femmes, Politique et Démocratie.

Il a de nouveau été confronté aux accusations visant celle qui fut sa vice-première ministre, Nathalie Normandeau, ainsi qu'au cas de Sam Hamad, qui avait également l'un de ses ministres.

La semaine dernière, M. Charest avait été chahuté par des manifestants pendant qu'il prononçait une conférence à l'Université McGill.

Vous attendiez-vous à vivre de telles perturbations après avoir quitté l'arène politique? lui ai-je demandé par courriel au lendemain de cette sortie mouvementée sur le campus de McGill. Il a décliné ma demande d'entrevue.

Le contraire m'aurait étonné. Comme il se retrouve avec des caméras et des micros dans le visage lors de chacune de ses apparitions publiques, il n'en ajoute pas sur le tas.

Jean Charest n'apprécie sûrement pas de la façon dont les choses se passent, mais il ne fuit pas. Il pourrait rester en marge en déclinant les invitations pour les activités publiques à connotation politique. Il s'y pointe sans se défiler.

On n'apprend rien de neuf à l'écouter. Il répond sans rien admettre et sans renier personne de son entourage non plus. Il assume ses choix et la façon dont il a dirigé le Québec durant neuf ans.

Cette attitude est perçue par certains comme de l'entêtement, même comme une forme de désinvolture.

Pour d'autres, cette obstination est plutôt signe de persévérance. Les convictions de Jean Charest n'ont pas été ébranlées du temps qu'il était chef du gouvernement québécois et elles ne le sont pas davantage aujourd'hui, plus de trois ans après son départ.

L'ex-député de Sherbrooke n'a jamais fait l'unanimité et cela n'a jamais été sa prétention non plus. Il a survécu en politique avec des admirateurs et des dénigreurs.

Un Sherbrookois m'a abordé ces derniers jours dans un supermarché pour me demander: cou donc, M. Charest sera-t-il pris à partie pour le reste de sa vie, retiendra-t-on de lui qu'il a été le premier ministre du Québec le plus impopulaire?

Je ne sais pas, seul le temps finira par nous le dire.

Malgré les hauts et les bas de sa carrière, sa cote de popularité a toutefois résisté à l'usure des années entre le premier et le dernier jour de son passage en politique au Québec

M. Charest a gagné trois élections provinciales comme chef des libéraux et il en a perdu deux.

Son parti a obtenu 44 pour cent des voix lors des élections de 1998, qu'il a néanmoins dû concéder à Lucien Bouchard et au Parti québécois.

Le PLQ a récolté 46 pour cent des voix exprimées lorsqu'il est devenu premier ministre en 2003. Il a de nouveau gagné avec 42 pour cent des voix en 2008 et son parti a tout de même obtenu 40 pour cent du vote populaire lors de sa défaite de 2012 face à Pauline Marois.

Sa plus mauvaise performance a été celle de 2007 avec seulement 33 pour cent d'appuis. C'est l'élection au terme de laquelle il s'est retrouvé à la tête d'un gouvernement minoritaire.

Ça donne une moyenne de 41 pour cent sur 16 ans et un écart de 4 pour cent entre la première et la dernière élection.

Son successeur Philippe Couillard s'est maintenu dans les mêmes eaux alors qu'il est devenu premier ministre avec 42 pour cent du vote en 2014.

Si le Canadien avait affiché la même régularité cette saison, il serait dans les séries...

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