Les yeux de la relève

Le maire Bernard Sévigny pense que l'arrivée  d'une... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Le maire Bernard Sévigny pense que l'arrivée  d'une entreprise à vocation touristique  peut  « faire démarrer la roue des investissements privés » du côté sud de la rivière Magog. Le copropriétaire de Strøm SPA Nordique, Guillaume Lemoine, ainsi que le dragon Serge Beauchemin (au centre), partenaire financier dans ce projet, sont quant à eux  très heureux du choix de leur site.

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Les croquis des architectes, les maquettes, les photos promotionnelles, tout le développement de Cité des rivières était un concentré de projets à la décharge du lac des Nations. Le Grand Times Hotel est toujours le seul investissement privé ayant été réalisé à ce jour en bordure du plan d'eau.

Des promoteurs sont débarqués avec l'intention arrêtée de construire un spa à Sherbrooke. Même après avoir marché autour du lac, ils ont choisi de s'installer à l'extérieur de la «bulle» .

Ils construisent sur l'ancien site de CHARMES, à l'ombre du pont Jacques-Cartier.

«Notre préférence a étonné certaines personnes, qui m'ont dit : tu veux vraiment aller à cet endroit, du côté où il n'y a rien? Pour nous, c'est le meilleur site parmi tous ceux que j'ai visités à Sherbrooke au cours des quatre dernières années», a disserté le président de Strøm SPA Nordique, Guillaume Lemoine, après la pelletée de terre protocolaire de ce projet de 8 M$.

Celle-ci a eu lieu mercredi, en présence du dragon Serge Beauchemin, l'un des partenaires financiers.

Rivière ou lac, pas de différence. Les investisseurs voulaient un accès direct à l'eau.

«C'était encore possible à Sherbrooke et ça pour nous, c'était extraordinaire. La signature de nos centres de relaxation est le contact naturel en milieu urbain», lance M. Beauchemin.

En choisissant ce site, l'entreprise ne peut toutefois bénéficier du crédit de taxes sur 10 ans accordé aux propriétaires de l'hôtel bordant le lac des Nations. Le périmètre d'application de cet incitatif fiscal ne s'étend pas jusque-là.

Les dirigeants du futur spa ont vite écarté l'idée de s'installer sur la berge sud, dans le secteur des vieilles usines.

«L'industriel lourd y est encore très présent. Même lorsque les bâtiments seront prêts à être recyclés, il faudra décontaminer les terrains et envisager le déplacement des voies ferrées. Le coefficient de difficulté est très élevé. La vision ne m'apparaît pas très claire et je pense qu'on est loin d'un développement dans ce coin-là. Comme nous voulions démarrer rapidement, cet endroit ne nous convenait pas. Nous avons également examiné un terrain adjacent au complexe Urbano, présentement en construction. Mais encore là, la voie ferrée dressait une barrière devant le cours d'eau», précise Guillaume Lemoine.

Le maire Bernard Sévigny n'est pas vexé par les remarques.

«Nous déployons beaucoup d'efforts de planification. En même temps, ce sont les investisseurs qui vont détecter les meilleures opportunités. Ce projet permet de démarrer la roue de ce côté de la rivière et c'est quelque chose d'encourageant.  Délocaliser l'usine de Supermétal et déplacer la gare de triage demeurent des projets de moyen et long terme, car c'est à la fois complexe et coûteux. Par contre, quand on voit arriver un investissement de 8 M$ avec un potentiel d'une centaine d'emplois, ça prouve qu'on avance» retient-il plutôt.

Le maire Sévigny a failli rougir de honte en présence de ses invités. Il venait de quitter le site quand un policier est débarqué pour émettre des contraventions aux véhicules n'ayant pas respecté les interdictions de stationnement le long de la rue Roy, en face du chapiteau où la conférence de presse a eu lieu.

«C'est assez ordinaire», a réagi M. Lemoine.

Le site en chantier est clôturé. Il borde la piste cyclable et les stationnements sont rares autour. Les visiteurs s'étaient garés de façon improvisée.

Ce sont les Sherbrookois qui paieront toutefois les contraventions.

«On ne souhaite pas la bienvenue à des investisseurs avec des contraventions, nous paierons les amendes. Il y a eu manquement de notre côté, car nous aurions dû prévenir le Service de police de la tenue de cette activité spéciale», s'est excusé le directeur général de Commerce Sherbrooke, Gilles Marcoux.

Le président de Strøm SPA Nordique assure que ce problème ne se posera pas lorsque le centre ouvrira ses portes.

«Nous aurons suffisamment d'espaces de stationnement pour bien recevoir notre clientèle».

Si le site est invitant, le coup d'oeil est quelque peu brutal quand il se bute aux piliers du pont Jacques-Cartier.

«Dans le mandat architectural, nous avons eu le souci de cadrer les vues et d'atténuer les impacts liés au bruit. Les chutes dans les bains et les bassins, la musique, tout a été pensé pour faire oublier la trame urbaine», précise à cet effet Anne Joyal, l'épouse de Guillaume Lemoine.

Ils sont tous deux dans la jeune trentaine. En plus d'être actionnaire de la compagnie, Mme Joyal porte le troisième enfant du couple planifiant l'ouverture d'un troisième spa en trois ans. L'objectif est de maintenir ce rythme durant dix ans. Pour les centres de relaxation, pas nécessairement les enfants!

Au bistro du futur spa de Sherbrooke, c'est avec la vue orientée vers le champ des Buttes plutôt que vers le pont Jacques-Cartier qu'on prendra l'apéro ...en attendant le progrès autour du lac.

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