L'aller-retour de Sam Hamad

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Vivement critiqué pour avoir décidé de séjourner en Floride dans l'attente de son audition devant le commissaire à l'éthique, le ministre Sam Hamad reviendra à l'Assemblée nationale jeudi, jour du deuxième anniversaire de l'élection du gouvernement Couillard

La Presse Canadienne

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Le ministre Sam Hamad a pris du mieux. Il n'est pas garanti qu'il soit totalement remis de la commotion l'ayant forcé à prendre du repos, mais il va suffisamment bien pour rentrer. Il sera de retour à l'Assemblée nationale dès jeudi.

L'absence de Pierre Moreau pour cause de maladie pesant déjà passablement lourd sur le moral des troupes libérales, au moins Sam, lui, pourra prendre part aux activités du deuxième anniversaire.

Il y a déjà deux ans que les libéraux provinciaux ont repris le pouvoir à Québec avec Philippe Couillard comme chef. Ils ont renvoyé les péquistes sur les banquettes de l'opposition le 7 avril 2014. Nous ne sommes toutefois pas encore à mi-mandat puisque, en vertu de la nouvelle loi établissant que les élections provinciales auront dorénavant lieu à date fixe, le prochain scrutin aura lieu le 1er octobre 2018.

Le temps passe vite, mais la dernière semaine a été longue pour le ministre Hamad et les derniers mois passablement éprouvants pour le premier ministre Couillard.

Au départ, Sam Hamad s'est dressé sans broncher en face de ce qui n'était qu'un «pétard mouillé». Deux jours plus tard, le premier ministre saluait le discernement qui suggérait à son homme de confiance de s'effacer, le temps que le commissaire à l'éthique détermine s'il a transgressé des règles.

Peu de Québécois ont cependant accordé autant de mérite à Sam Hamad que Philippe Couillard. Encore moins après avoir appris que le ministre transformait sa pause curative en vacances payées en Floride. Un manque flagrant de jugement de la part du grand patron des employés de l'État québécois.

Le gouvernement va de mal en pis mais Sam, lui, a retrouvé en seulement quelques jours son aplomb, sa fougue et son ardeur. Il revient plein d'entrain.

C'est louche, cette affaire-là. La récupération est trop rapide. Le ministre Hamad a-t-il dormi sous une tente hypoxique pour se régénérer le système à vitesse accélérée cette semaine? À moins que...

On ne va quand même pas exiger d'un ministre qu'il se soumette à un test antidopage!

Mais non, ne suspectez rien. Le ministre Hamad a choisi d'écourter sa cure par souci du devoir. Pour démontrer aux assistés sociaux qu'on peut se refaire une santé en moins de sept jours. Rappelons que c'est lui qui s'est retrouvé à défendre, avant les Fêtes, la restriction de séjour à l'étranger que son gouvernement veut imposer aux prestataires d'aide de dernier recours aptes au travail.

Peut-être un peu aussi parce que le temps était à l'orage au Québec.

«On comprend que cet aspect-là chatouille la population», a timidement reconnu son collègue Laurent Lessard, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Est-ce que votre humeur a juste été titillée ou a-t-elle été irritée et contrariée par la thérapie du ministre Hamad? Je vous laisse choisir le synonyme de «chatouiller» vous semblant le plus approprié.

Toujours est-il que Sam le taquin, revient. À la grande satisfaction de son patron, toujours persuadé que son ami et loyal serviteur réussira à passer à travers la tempête.

Par contre, de qui et de quoi parlera-t-on au jour du deuxième anniversaire du présent gouvernement?

Essentiellement de Sam et de ses agissements soulevant du questionnement. Les députés libéraux de l'Estrie, comme ceux du reste du Québec, auront pas mal de difficulté à mettre leur travail et les réalisations gouvernementales à l'avant-plan.

Les symptômes d'anémie sont nombreux et persistants au sein du Parti libéral du Québec. Ils l'étaient sous Jean Charest et Philippe Couillard n'est pas parvenu à endiguer le problème. Le Dr Couillard n'arrive pas à démontrer que sa greffe de moelle est une opération réussie.

Le système immunitaire du gouvernement libéral reste très fragile. Le rythme de production de globules rouges sains et exempts de contamination n'est guère plus convaincant qu'il ne l'était le jour où les Québécois ont renvoyé l'ex-premier ministre Charest à la maison.

Ils ne peuvent s'en plaindre ouvertement, mais les députés libéraux de la région sont sûrement préoccupés par tout ce qui accable leur gouvernement et par la façon dont les crises sont gérées. Dans deux ans, ils seront au carrefour d'une autre élection. Ça viendra vite.

Mais qui sont celles et ceux qui les menacent vraiment?

Le PQ se cherche une nouvelle identité en Estrie, la CAQ y est toujours quasi inexistante et la présence de Québec solidaire demeure très marginale. Ce sera aussi bien court pour ceux qui espèrent mieux.

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