Un combat de tous les jours

La tragédie aérienne survenue aux Îles-de-la-Madeleine évoque de... (Archives, La Presse)

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La tragédie aérienne survenue aux Îles-de-la-Madeleine évoque de douloureux souvenirs pour les membres de la famille Lafontaine qui ont perdu quatre de leurs proches lors de la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic. Les Lafontaine, dont Christian,  sont de tout coeur avec les proches du chroniqueur Jean Lapierre.

Archives, La Presse

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Un deuil qui en entraîne cinq autres. Les Québécois ne parlaient que de cela au lendemain de la tragédie aérienne survenue aux Îles-de-la-Madeleine.

On peine à imaginer qu'une maman comme Lucie Lapierre ait à surmonter la perte de son mari Raymond ainsi que celles de ses enfants Jean, Louis, Marc et Martine et de sa belle-fille Nicole Beaulieu (conjointe du célèbre chroniqueur), tous disparus en moins d'une semaine. Ne reste à Mme Lapierre qu'une fille, Maire-Laure, pour l'épauler.

«C'est sûr que c'est venu me chercher. Je sais ce que ces personnes endeuillées ressentent, à quel point ce qu'elles vivent est pénible» livre Christian Lafontaine.

Le jeune homme de Lac-Mégantic est un rescapé de la catastrophe ferroviaire de juillet 2013. Il est parvenu ce soir-là à échapper aux flammes qui ont embrasé le centre-ville après avoir dévoré le Musi-Café. Mais son frère Gaétan, ses belles-soeurs Joanie Turmel et Karine Lafontaine ainsi qu'une employée de leur entreprise familiale, Marie-Noëlle Faucher, n'ont pas eu la même veine. Ces proches étaient parmi les 47 personnes décédées.

J'ai abordé M. Lafontaine sur la pointe des pieds, l'invitant à ne pas hésiter à décliner ma demande d'entrevue. Son premier réflexe en a été un de solidarité.

«J'aimerais que nos sympathies se rendent aux membres de la famille Lapierre. Les nombreux messages d'appuis que nous avons reçus et la chaleur humaine autour de nous ont été précieux au lendemain de l'explosion et je suis persuadé qu'ils ont besoin du même réconfort», a-t-il insisté.

«En apprenant cette triste nouvelle, j'ai eu une boule à la gorge. J'ai failli m'étouffer. Vivre un pareil drame cause du chagrin, un grand chagrin. Le temps passe, mais pas la peine qui nous afflige. Je veux aussi que les membres de la famille Lapierre sachent que nous sommes de tout coeur avec eux», renchérit son père Raymond.

Les larmes coulent encore souvent chez les Lafontaine, abondamment.

«Pas plus tard qu'en fin de semaine, alors que la famille était réunie pour Pâques, j'ai fondu en larmes juste à voir les filles de Gaétan s'amuser. C'est comme ça, c'est une vague qui ressurgit de temps à autre et qui inonde une de tes journées. Tu espères que ce soit moins pire le lendemain.»

«Ça fera trois ans à l'été. Je m'attendais à ce que la douleur s'estompe un peu plus vite que cela. Je suis de moins en moins convaincu qu'on en guérit complètement. Il faut apprendre à vivre avec cette blessure. Dans notre cas, c'est particulier, notre compagnie d'excavation travaille pratiquement chaque jour dans le centre-ville. C'est difficile de mettre les images d'horreur derrière nous», poursuit Christian Lafontaine.

Les Îles-de-la-Madeleine formant un territoire isolé, peu étendu, il ne sera sûrement pas aisé non plus pour les Lapierre de chasser ces sombres souvenirs, estiment les membres de la famille méganticoise ayant été durement frappée.

«J'ai passé trois semaines en Floride cet hiver en espérant prendre du mieux. Loin d'ici, ça allait. Quand je suis revenu à Lac-Mégantic, je suis retombé aussi bas qu'avant de partir. Les Lapierre auront besoin d'énormément de courage et de résignation pour accepter ces épreuves. C'est pas possible comme c'est dur. C'est un combat de tous les jours. Je leur souhaite bonne chance.»

«D'autre part, la perte d'un commentateur comme Jean Lapierre me chagrine beaucoup. Je l'écoutais et j'admirais son franc-parler. Quand les Québécois ou leurs dirigeants se comportaient comme des idiots, il le disait. Il nous brassait pour nous secouer un peu. Ça va nous manquer», conclut Raymond Lafontaine.

La peine part droit du coeur. L'empathie, aussi.

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