Dossier de ville

La conseillère Annie Godbout est irritée de n'avoir... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

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La conseillère Annie Godbout est irritée de n'avoir pu participer au comité de mise en oeuvre du boulevard René-Lévesque pour suivre de plus près les échéanciers. Mme Godbout a appris en même temps que tout le monde que la construction de la nouvelle école primaire attendue dans son district était reportée d'un an.

Archives La Tribune, Frédéric Côté

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

CHRONIQUE / Retour sur la chronique de jeudi, qui rappelait les promesses de revenus ayant précipité la construction des boulevards menant au plateau Saint-Joseph, des garanties financières que la Ville de Sherbrooke n'a pas de manière aussi ferme pour financer le futur boulevard René-Lévesque. Comme ce projet progresse plus lentement que prévu, la construction d'une nouvelle école primaire a été repoussée d'un an.

La conseillère Annie Godbout, qui représente le secteur concerné, est irritée d'avoir été tenue à l'écart de la planification municipale. Une fois de plus, doit-on dire, car Mme Godbout avait aussi été prise de court par la colère des commerçants du boulevard Industriel à propos d'une taxe de secteur qu'ils n'attendaient pas.

«Le scénario se répète. Même si je me faisais insistante pour être impliquée dans la planification du boulevard René-Lévesque, j'ai appris le report de la construction de l'école en même temps que vous. On vient de me fournir un échéancier. J'ai énormément de difficulté à accepter cette façon de faire», dénonce-t-elle.

Mme Godbout est au nombre des élus n'appartenant pas au parti du maire.

«Ça n'a rien à voir. La construction d'un boulevard est un dossier de ville, pas un enjeu de secteur. Ça relève de l'exécutif et des services concernés. Les représentants des districts reçoivent des rapports d'étape, mais ils ne sont pas directement impliqués dans la démarche, qu'ils soient membres ou pas de notre parti», rétorque le lieutenant politique du maire Bernard Sévigny, Serge Paquin, un des ceux qui ont été élus sous la bannière du Renouveau sherbrookois.

Le petit picossage politique habituel, pensez-vous. À mon avis, il y a plus que cela.

«Siégeant au conseil d'établissement de l'école La Maisonnée, je vois les contorsions qui sont nécessaires pour composer avec la surpopulation d'élèves. Je suis directement concernée et les citoyens que je représente, aussi. Mes attentes sont parfaitement légitimes», insiste Annie Godbout.

«J'ai été membre du comité exécutif de Jean Perrault, du temps où aucun élu n'était membre d'un parti politique, et c'était la façon d'opérer. Les conseillers municipaux qui ne siégeaient pas à l'exécutif n'étaient pas nécessairement impliqués dans les dossiers de ville même s'ils concernaient leur quartier», rappelle cette fois Chantal L'Espérance, une conseillère indépendante à qui le maire Bernard Sévigny a confié un poste à l'exécutif.

La partisanerie ne serait donc pas en cause.

Si vous aviez été chef d'un parti d'opposition à l'hôtel de ville, la mairie aurait-elle pu ignorer vos protestations de la même façon?

«Je suis persuadée que non», m'a répondu du tac au tac la conseillère Godbout, qui ne s'est pourtant jamais montrée très entichée par la naissance de Sherbrooke Citoyen, la nouvelle formation politique souhaitant faire contrepoids au parti du maire.

J'ai relancé Chantal L'Espérance avec la même question :

«J'admets que vous marquez un point, le rapport de force n'aurait pas été le même. Mais en quoi est-il nécessaire d'avoir deux, trois, quatre partis politiques avec un conseil municipal réduit à 15 conseillers» m'a-t-elle répondu.

Ce n'est pas le nombre de partis qui compte. La dynamique politique, par contre, influence toujours la façon de gouverner.

À la fois conseillère municipale et commissaire scolaire, Chantal L'Espérance s'est tenue loin du boulevard et de l'école. Comme la famille du conseiller Julien Lachance détient des terrains que la Ville doit acquérir pour ce projet, le représentant politique de Saint-Élie a déclaré son intérêt dès le départ et s'est imposé le silence. Sans pression de la part des conseillers indépendants, outre Christine Ouellet, ce dossier a avancé à la va-comme-je-te-pousse.

Rien n'indique que l'administration Sévigny s'est traîné les pieds. Il est cependant raisonnable de croire qu'une opposition organisée aurait talonné la mairie de manière beaucoup plus insistante et serait restée accrochée aux échéanciers au nom de l'intérêt les enfants, des parents et des enseignants à qui cette école était annoncée pour la rentrée 2017.

Sans qu'il soit nécessaire d'amener un parti de la jeunesse à l'hôtel de ville, peut-être qu'on aurait pu avoir un parti pris plus manifeste pour veiller à ce que l'on construise la nouvelle école au plus vite. Depuis le temps qu'on l'attend.

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