Boulevard à plusieurs voix

La Ville a livré les boulevards menant au... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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La Ville a livré les boulevards menant au plateau Saint-Joseph à vitesse accélérée, à l'automne 2004, pour respecter des ententes lucratives. Le modèle n'est pas le même pour le futur boulevard René-Lévesque, dont les délais de réalisation repoussent d'un an la construction d'une nouvelle école primaire dans le secteur de Rock Forest.

Spectre Média, Julien Chamberland

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Ça pressait de prolonger le boulevard de Portland et de construire le boulevard René-Lévesque lorsque le maire Bernard Sévigny et les hauts fonctionnaires municipaux ont pris part à une séance de consultation publique, en mars 2012. Les intentions de la Ville étaient alors de mettre le nouveau tronçon de Portland en service dès la fin de 2013 et de rendre le boulevard René-Lévesque accessible aux automobilistes dès l'année suivante.

Comme on le sait, l'administration Sévigny n'a pu emprunter la voie rapide. Elle a dû soumettre son «projet intégré» au Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE). Après la recommandation favorable du BAPE, le maire a tapé du pied à attendre durant quelques mois l'approbation finale du ministre de l'Environnement du Québec, David Heurtel, arrivée en août 2014.

«Nous sommes heureux que le ministre ait tenu compte de nos échéanciers serrés. Il a compris qu'il y avait urgence d'agir», s'était alors réjoui M. Sévigny.

Le boulevard de Portland rejoint maintenant le boulevard Industriel, aux portes de Saint-Élie. Pour la deuxième phase, il y a d'autres délais.

Des délais municipaux, cette fois, qui forcent la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke à reporter d'un an la construction de la troisième école primaire autorisée par Québec afin de pallier à la surpopulation d'élèves dans ce secteur de la ville. L'école C (nom temporaire) n'ouvrira ses portes qu'en septembre 2018.

Les enfants attendront.

Les grandes surfaces rapportent beaucoup de taxes. Une école, peu. Je trace ce parallèle en vous rappelant l'ardeur avec laquelle les planificateurs municipaux et les entrepreneurs généraux ont pédalé, à l'automne 2004, pour prolonger en un temps record le boulevard Lionel-Groulx et construire le boulevard Monseigneur-Fortier.

Ça pressait.

Wal-Mart s'en venait sur le plateau Saint-Joseph, les chaînes Home Depot et Canadian Tire, aussi. La Ville avait l'obligation contractuelle de livrer des boulevards pavés avant Noël même si Wal-Mart avait prévu passer les Fêtes aux défuntes Terrasses Rock Forest. Il n'était pas question que le géant américain coure le risque d'accueillir ses clients sur des chemins de terre en janvier!

«De fait, nous avions des ententes contractuelles à respecter pour le plateau Saint-Joseph. Il était logique d'agir de la sorte, car nous avions des promesses fermes d'investissements et des échéanciers précis», justifie le président du comité exécutif, Serge Paquin.

Les promoteurs du plateau s'étaient engagés à générer un minimum de 847000 $ en taxes municipales à compter de 2010. Ce seuil a été atteint dès 2007.

En comparaison, la compensation tenant lieu de taxes que le gouvernement provincial verse pour une école primaire ne représente qu'une fraction des taxes municipales perçues pour un bâtiment privé de même superficie. De plus, la Ville ne peut espérer un retour sur investissement aussi rapide avec le développement de 1800 unités d'habitation projeté de chaque côté du futur boulevard René-Lévesque.

À terme, les rentrées fiscales annuelles de ces projets doivent atteindre 22 M$, ce qui représenterait 44 pour cent des coûts totaux du projet Portland/René-Lévesque estimés à 50 M$. Mais à terme, c'est quand?

«Contrairement à la planification du plateau Saint-Joseph, ça implique plusieurs promoteurs et on ne peut pas accrocher une date de réalisation à chaque projet résidentiel du secteur René-Lévesque. Nous ne sommes absolument pas dans la même dynamique, dans le même modèle.

"Nous sommes conscients des inconvénients du report de la construction de l'école. De concert avec la Commission scolaire, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire avancer le dossier. Pour le plateau Saint-Joseph, nous n'avons eu qu'à convenir d'un partage du coût des infrastructures tandis que pour l'école, il faut finaliser l'acquisition du terrain qui sera remis aux autorités scolaires. C'est plus compliqué", poursuit M. Paquin.

Petite nuance : ça pressait tellement pour les boulevards débouchant au plateau Saint-Joseph qu'ils ont été construits avant que la Ville devienne officiellement propriétaire des emprises. Ça s'est réglé cinq ans plus tard, lors d'un échange de terrains avec la famille des promoteurs Custeau afin de prolonger le Bois-Beckett.

Les grandes surfaces rapportent en taxes municipales beaucoup plus qu'une école. Or, c'est avec l'argent des taxes qu'on construit les boulevards.

C'est plate pour les enfants qui seront déportés encore l'an prochain, mais c'est comme ça.

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