Les fanatiques et la formule Trump

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Le flamboyant Donald Trump a trouvé le moyen de vexer les Belges en commentant les attentats meurtriers de Bruxelles.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Parlez-moi de coïncidences! Après la bombe Normandeau qui nous a éclaté au visage à quelques heures du budget provincial, voilà que des attentats en Belgique ont torpillé le premier budget du gouvernement de Justin Trudeau. Après les fantômes de la collusion, ceux de la sécurité sont venus nous hanter.

Les coïncidences ne s'arrêtent pas là. Barack Obama venait de serrer la main de Raoul Castro en sol cubain, on allait oublier que cette île minuscule a déjà failli nous plonger dans un conflit nucléaire mondial en narguant les Américains avec ses bombes russes, et voilà qu'une poignée de kamikazes pose d'autres gestes de provocation à l'endroit des puissances occidentales.

La visite du président Obama à La Havane m'a rappelé que j'aurais pu ne pas survivre à mon premier automne si la crise des missiles de 1962 avait mal tourné et dire que si les hasards de la vie m'avaient envoyé à Bruxelles, j'aurais pu y risquer la mort.

À ce sujet d'ailleurs, il était réconfortant d'avoir des nouvelles rassurantes du maire de Drummondville, Alexandre Cusson, et du directeur de son bureau de développement économique, Martin Dupont, qui sont passés à l'aéroport et qui ont voyagé dans le métro de la capitale belge avant les attaques revendiquées par le groupe État islamiste.

Même si on se doutait que des djihadistes se terraient en Belgique depuis les attentats de Paris, mes patrons m'auraient proposé d'aller couvrir la mission économique à laquelle participent MM. Cusson et Dupont que j'aurais sauté dans l'avion avec eux sans avoir peur d'être plongé dans la terreur. Même Donald Trump ne m'aurait pas découragé d'y aller.

Dans ses discours anti-immigration, le controversé candidat à l'investiture républicaine avait déclaré avant les attentats de Bruxelles que les États-Unis ne devaient surtout pas devenir comme la Belgique.

«Nous me permettrons pas que cela se produise dans notre pays. Si cela venait à se produire, nous trouverions les responsables et ils en souffriraient grandement», a propagé dans les médias l'apôtre de la fermeté dans les heures ayant suivi les événements meurtriers de mardi.

Un politicien contenu aurait accordé aux Belges le temps de pleurer leurs morts et de soigner leurs blessés avant de les juger. Pas Donald Trump, qui n'a pas hésité à qualifier la Belgique de «hellhole».

Trou du diable, traduirait-on de manière polie. Trou de rats, comme l'ont plutôt interprété de nombreux Belges, qui ont été vexés.

L'un comme l'autre, ça manque d'empathie et de diplomatie.

Donald Trump s'en balance de ce que je pense, de ce qu'on pense. Sa propension à la provocation ne l'indispose absolument pas, elle est sa marque de commerce.

Il combattrait le feu par le feu. Sa réponse au fanatisme passerait par la radicalisation. Grâce à lui, claironne-t-il, les Américains retrouveraient leur dignité et leur honneur. Les États-Unis redeviendraient la superpuissance du passé.

À s'aliéner des alliés, à galvaniser ses ennemis, à propager constamment les insultes et le mépris, imaginez le nombre de foyers d'incendie que ce gars-là allumerait à travers la planète.

Depuis le début de la campagne présidentielle américaine, j'essaie de ne pas trop porter attention aux sottises de Donald Trump en me disant que son extravagance de multimillionnaire finira bien par couler son rêve de devenir président des États-Unis.

S'il le fallait!

Un homme trop fort en gueule pour se la fermer ou incapable de trouver le bon ton pour parler les jours où la mort frappe de cette façon est un danger public. J'espère que nos voisins auront la clairvoyance de l'éviter et de nous l'épargner.

Cela dit, c'était jour de budget à Ottawa. Le gouvernement Trudeau ouvre le robinet, il injectera des milliards pour remplacer de vieilles lignes de métro ou en ajouter une bleue, comme à Montréal.

Ça sera un plus pour l'économie. À tous égards, puisque ça permettra aux citoyens des grandes villes d'arriver à temps au travail. Il y aura moins de pertes de productivité, le Canada sera plus concurrentiel.

Va pour le neuf, pour l'efficacité, mais la sécurité?

Donald Trump n'attend que l'occasion pour dire de Montréal ou de Toronto que c'est un hellhole.

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