Le point d'équilibre

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Les négociations dans le secteur public ont provoqué  une partie de bras de fer entre les syndicats et le gouvernement. L'insatisfaction s'est manifestée au sein même des unités syndicales. L'agitation a cependant été moins tumultueuse que le scénario des pessimismes, qui ne voyaient aucune autre issue qu'un décret.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Il y a un élément dont on a peu parlé dans le tourbillon politique et budgétaire des dernières heures : le Québec reprend peu à peu le contrôle sur ses finances sans avoir vécu de crise sociale majeure.

On ne rame pas tous dans le même sens, on ne rame pas toujours dans le bon sens, mais au moins il y a de la tire dans le bateau!

Cela dit, je prierais le capitaine de faire preuve d'un peu plus d'humilité. En affirmant à la veille du budget qu'avant le coup de barre de son gouvernement, «le Québec était littéralement en train de couler», le premier Philippe Couillard a versé dans la même exagération que ceux qui, à l'autre bout du spectre, présentent «l'austérité libérale» comme une opération destructrice qui causera des dommages irréversibles au Québec.

La modération a meilleur goût.

Les négociations dans le secteur public ont certes été corsées. Elles ont provoqué une partie de bras de fer entre les syndicats et le gouvernement. L'insatisfaction s'est manifestée au sein même des unités syndicales. L'agitation a cependant été moins tumultueuse que le scénario des pessimistes, qui ne voyaient aucune autre issue qu'un décret gouvernemental pour défendre les intérêts des contribuables québécois.

Des différends persistent malgré certains réajustements et le retour à l'équilibre budgétaire ne fera pas disparaître par enchantement tout le mécontentement. On nagerait dans l'argent que ce serait pareil, il en manquerait quand même pour satisfaire tout le monde.

Le Québec réinvestit cette année en éducation. Pendant ce temps, pour une des rares fois depuis dix ans, les sommes affectées à la santé augmenteront moins rapidement que les dépenses pour l'ensemble des programmes.

Dans l'attente de transferts fédéraux plus élevés en santé, c'est un bon test pour les structures mises en place par le ministre Gaétan Barrette. Ça nous permettra d'évaluer s'il y a de réels gains d'efficacité au sein du réseau dont le cadre administratif a été épuré.

La sagesse est de savoir trouver le point d'équilibre, et pas seulement dans des équations budgétaires. Si ce gouvernement n'y parvient pas, celles et ceux qui ont d'autres orientations à proposer pourront courtiser notre vote dans quelques années.

On ne voit souvent que l'aspect conflictuel dans les rapports de force. Ce sont pourtant eux qui, souvent, nous orientent vers les meilleurs choix.

Si l'argent est une mesure de réussite collective, le jugement l'est tout autant. Sinon plus. Les Québécois savent naviguer entre les extrêmes.

*****

Tout n'est pas parfait sauf que l'essentiel y est, estime le ministre responsable de l'Estrie, Luc Fortin, à propos du budget de jeudi.

«Les attentes régionales étaient de veiller à ce que les grands projets demeurent à l'agenda du gouvernement dans le Programme québécois des infrastructures. La prochaine étape du prolongement de l'autoroute 410, le Centre mère-enfant, les fonds pour la reconfiguration du centre-ville de Sherbrooke ou pour l'étude de faisabilité du déplacement de la voie ferrée à Lac-Mégantic, le futur poste de la SQ dans la MRC Memphrémagog, tout y est», relève d'abord M. Fortin.

Ce dernier n'est pas peu fier non plus des 3 M$ qui proviendront du provincial pour appuyer et confirmer la valeur de la stratégie Innovation, Partenariat et Entrepreneuriat de l'Université de Sherbrooke.

«L'Estrie peut également aller chercher sa part dans la mise en valeur de la Forêt ou dans les 35 M$ affectés au développement du tourisme. Divers outils sont à notre disposition pour avancer», croit le ministre.

Les 28 microentreprises de l'Estrie détenant un permis de production de boissons alcoolisées (vins, cidres et bières) devraient, quant à elles, bénéficier du soutien gouvernemental pour le développement de nouveaux marchés, dont l'exportation. Québec y consacrera 6 M$ pour chacune des cinq prochaines années.

À ce sujet, notre alliance avec la Montérégie via Tourisme des Cantons-de-l'Est est un levier supplémentaire. Cette région compte 152 entreprises de fabrication de boissons alcoolisées, soit plus de la moitié de l'ensemble de la province.

Ce budget ne passera pas à l'histoire comme un grand cru. Faut le boire à petites gorgées.

Voyons le bon côté des choses : il y a moins de danger qu'il altère nos facultés à raisonner!

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