L'embonpoint

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Après avoir présidé un groupe de travail sur les saines habitudes de vie, l'ex-maire Jean Perrault était aux côtés de l'ancien grand patron de Vidéotron, André Chagnon,  et des ministres Philippe Couillard et Michel Audet, en octobre 2006,  lors de l'annonce d'un fonds dans lequel la Fondation Lucie et André Chagnon et le gouvernement du Québec ont investi chacun 200 M $. M. Perrault est profondément déçu de voir ce partenariat prendre fin.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Jean Perrault a remporté et perdu des batailles durant ses 15 années passées à la mairie de Sherbrooke. Une victoire l'avait rendu particulièrement fier parce qu'elle débordait largement du territoire de sa ville. Son implication allait profiter aux jeunes de tout le Québec.

Le 23 octobre 2006, M. Perrault se trouvait sur l'estrade d'honneur aux côtés de l'ex-grand patron de Vidéotron, André Chagnon, ainsi que des ministres Philippe Couillard et Michel Audet - alors chargés de la Santé et des Finances - pour l'annonce « d'un partenariat sans précédent » entre le gouvernement du Québec et la Fondation Lucie et André Chagnon.

Les deux parties convenaient d'investir chacune 200 M$ dans deux programmes destinés à promouvoir de saines habitudes de vie ainsi qu'à lutter contre l'embonpoint chez les jeunes.

« Le rapport que nous avions produit à cet effet décrivait une situation alarmante. J'avais préalablement rencontré Jean Charest à Sherbrooke et je l'avais prévenu que le rapport n'allait être d'aucune utilité sans initiatives concrètes pour faire bouger les jeunes. Il fallait s'attaquer à la racine du mal. Avec un financement de 400 M$ sur dix ans, c'était bien au-delà de mes espérances », s'enthousiasme-t-il encore aujourd'hui.

Du coup, le Québec avait pratiquement doublé les 56 M$ auparavant consacrés à cette « mission gouvernementale ».

Présentement à l'extérieur du pays, l'ex-maire Perrault n'avait pas encore eu vent des informations qui amènent à poser un regard critique sur la façon dont les programmes Québec en forme et Avenir d'enfants, financés à partir de cette enveloppe commune, ont été menés.

Je l'ai invité à prendre connaissance de l'enquête de Radio-Canada ayant révélé un décalage important dans l'affectation de ces fonds. Une part très élevée liée aux services administratifs et de soutien fait également en sorte que moins de 45 pour cent des sommes utilisées ont servi à financer des projets.

Après avoir essuyé les reproches d'un encadrement excessif, ladite fondation confirme qu'elle ne reconduira pas l'entente avec Québec.

« Je n'arrive pas à y croire. J'ai côtoyé M. Chagnon au sein de notre comité de travail et il était emballé par la contribution que sa famille et lui pouvaient apporter au mieux-être de la jeunesse québécoise. Plusieurs problématiques ont été attaquées de front : la malbouffe dans les écoles, l'activité physique, l'engagement personnel et collectif, tous ces gestes pouvaient faire une différence.

« J'étais loin de la mécanique administrative et je n'ai aucune idée de ce qui s'est produit. Je comprends mal par contre que nous ayons été incapables de trouver les solutions pour poursuivre cette mission qu'il ne faut surtout pas abandonner, car elle est loin d'être terminée. Dix ans, ce n'est pas assez pour changer les mentalités et les habitudes de vie. C'est dommage, très dommage. Pour les jeunes et pour le Québec tout entier. Nous commettrons une grave erreur si nous cessons d'investir dans la santé de nos jeunes », se désole l'ex-maire de Sherbrooke ayant toujours été guidé par son passé d'athlète et sa formation d'éducateur physique.

*****

Navrant, vous dites? C'est pathétique d'avoir réussi à se perdre même dans la vertu!

Peut-être que les pourvoyeurs de fonds avaient le cou trop long et ont eu tendance à poser trop de conditions. De là à leur faire un procès d'intention.

Il est possible que le gouvernement provincial ait fait preuve de mollesse et qu'il ait trop tardé à corriger certains irritants soulevés par des groupes communautaires. Ce genre de problème n'était quand même pas insoluble.

Certains acteurs du milieu communautaire sont déçus d'avoir investi beaucoup d'énergie pour bien peu de résultats. Ça se comprend, ils ont bien peu de moyens. Ils risquent cependant d'en avoir encore moins après l'explosion du pont. Des initiatives simples, créatives et populaires auprès des jeunes vont souffrir d'un manque de financement, ici comme dans le reste de la province.

Si en plus de notre bureaucratie gouvernementale étouffante, il faut s'admettre que la philanthropie est elle aussi accablante, notre Québec est ankylosé pour vrai. Notre société est profondément engourdie.

Ce n'est pas de la génétique pour faire des enfants forts, vigoureux et entreprenants...

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