La route des tentations

Le maire Bernard Sévigny convient que le moment... (Spectre Média, René Marquis)

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Le maire Bernard Sévigny convient que le moment n'est pas idéal pour envisager une taxe sur l'essence pour financer le transport en commun à Sherbrooke. Un contexte de bas prix est cependant préférable à une période inflationniste pour  évaluer une telle mesure, juge-t-il.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Bernard Sévigny en parle peu, mais il salive juste à y penser.

Faudrait bien que...

Sans nécessairement le crier sur tous les toits, le maire de Sherbrooke rêve d'une caisse de 2,2 M$ qui se financerait en prélevant une taxe de 1 cent sur le carburant.

« Faudrait qu'on en vienne là. C'est sur la glace, mais cela a fait partie des scénarios évoqués l'automne dernier lors de discussions avec l'ex-ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, dans le cadre des négociations sur le nouveau pacte fiscal », admet M. Sévigny.

Sherbrooke a reçu le mois dernier une somme de 24,2 M$ provenant du Fonds fédéral de la taxe sur l'essence financé conjointement par le gouvernement du Québec pour défrayer une partie des investissements de 40 M$ dans la mise aux normes de son réseau d'eau potable.

En plus d'avoir accès à cette enveloppe nationale, le maire Sévigny voudrait pouvoir financer une partie des services de transport en commun en bénéficiant des revenus d'une taxe spécifique comme celle appliquée sur les territoires de Montréal, Laval et Longueuil ainsi que dans l'est du Québec.

Une surtaxe de 3 cents est perçue par le gouvernement provincial sur chaque litre d'essence vendu dans le Grand Montréal, puis versée à l'Agence métropolitaine des transports. La taxe sur les carburants a également été majorée de 1 cent le litre en juillet 2012 sur le territoire de la région administrative de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine pour financer les services de transport collectif de ces communautés éloignées.

M. Sévigny affirme qu'en 2010, les maires de Sherbrooke, Gatineau, Trois-Rivières et Saguenay avaient formulé une semblable demande au gouvernement du Québec.

« Le modèle existe et la démonstration des besoins n'est plus à faire. La population de Sherbrooke a augmenté de 20 000 personnes depuis 10 ans. La demande est croissante pour le transport en commun et la proportion payée par la Ville ne cesse d'augmenter », fait-il valoir.

M. Sévigny rappelle que les redevances annuelles de 30 $ perçues auprès des automobilistes sont gelées depuis plusieurs années. Celles-ci ne comptent plus que pour 2,8 M$ sur la part des revenus de 33 M$ anticipés cette année par la Société de transport de Sherbrooke alors que la contribution de la Ville dépasse maintenant les 15 M$.

« On n'a plus les moyens de suivre la cadence. »

Sherbrooke est en pourparlers avec le géant Costco, qui veut se réinstaller sur le plateau Saint-Joseph avec un nouveau magasin qui comprendrait des pompes à essence. Cette offre supplémentaire pourrait, croit-on, faire naître une concurrence profitable pour les consommateurs.

« Le timing n'est pas idéal. C'est sûr qu'il est un peu malaisant de parler de taxe sur l'essence au moment où l'on cherche des façons d'offrir des prix plus concurrentiels aux Sherbrookois. En même temps, c'est peut-être mieux de regarder la réalité en face au moment où l'essence se vend à moins de 1 dollar le litre que d'attendre de payer 15 ou 20 pour cent plus cher. »

Bien que les prix aient chuté au cours de la dernière année en Estrie comme ailleurs au Québec, les automobilistes de Sherbrooke continuent à payer leur essence plus cher que ceux de plusieurs autres régions du Québec, a relevé le CAA-Québec dans sa mise à jour provinciale publiée en début de semaine.

Après s'être penchée sur la question, la Régie de l'énergie du Québec a associé ces écarts de prix au type d'essenceries opérant dans le marché de Sherbrooke. Les faibles volumes de ventes les obligeraient à maintenir des marges au détail plus élevées.

Dans la même étude, la Régie de l'énergie chiffrait le volume des ventes à 224 millions de litres de carburant par année dans le marché de Sherbrooke. C'est en se référant à cette donnée qu'on peut estimer ce que seraient les recettes d'une taxe locale de 1 cent sur chaque litre vendu.

Le Pacte fiscal convenu entre Québec et le monde municipal est une entente triennale. M. Sévigny juge cependant qu'il n'est pas nécessaire d'attendre la prochaine ronde de négociations provinciales, en 2019, pour exercer des pressions sur le gouvernement du Québec.

Même après la hausse de taxes de 4,77 pour cent cette année à Sherbrooke, ça coince encore à l'hôtel de ville. Le maire Sévigny est à la recherche de nouveaux revenus. Ou, mieux, d'un nouveau modèle de financement.

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