La place du citoyen

Au printemps 2008, Diane Delisle, Bernard Sévigny et... (Archives, La Tribune)

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Au printemps 2008, Diane Delisle, Bernard Sévigny et Robert Pouliot annonçait une gestion participative avec l'arrivée du Renouveau sherbrookois. Certains canaux d'information ont depuis été ajoutés, mais le processus décisionnel a très peu changé.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Jean Perrault est devenu le premier maire de la ville unifiée de Sherbrooke, en novembre 2001, au terme d'une élection municipale historique à laquelle à peine 45 pour cent des Sherbrookois ont participé.

À titre de comparaison, 73 pour cent des électeurs de la circonscription provinciale de Sherbrooke ont pris part au scrutin d'avril 2003 ayant propulsé Jean Charest aux commandes du gouvernement du Québec.

Quatre autres élections municipales ont eu lieu à Sherbrooke après la fusion sans que le taux de participation anémique augmente. Au contraire, il a même reculé de trois points en 2013.

Entendons-nous : la démocratie municipale à Sherbrooke n'est pas particulièrement vigoureuse!

En cela, le maire Bernard Sévigny ne peut pas prétendre avoir obtenu les résultats qu'il escomptait lors de la création de son parti municipal en 2008. Le chef du Renouveau sherbrookois (RS) annonçait alors une « démocratie représentative pour remplacer la démocratie pure ».

L'enthousiasme était tel lors du congrès de fondation de sa formation politique qu'une mesure visant à prévenir la surreprésentation des arrondissements les plus populeux avait été instituée : le droit de vote lors des assemblées générales allait être limité aux 190 délégués (10 représentants pour chacun des 19 districts électoraux). Dans les faits, c'est à peine si des membres du RS ont eu à voter dix fois!

Bernard Sévigny a été fidèle à certaines orientations de son parti : il y a eu levée partielle des huis clos lors du comité plénier, un poste d'ombudsman a été créé et les séances régulières du conseil municipal sont maintenant diffusées sur le web ou à la télé.

Par contre, « les commissions publiques qui devaient favoriser la tenue de véritables débats de sorte que les citoyens connaissent clairement les positions de leurs élus avant les séances du conseil municipal » sont toujours en plan.

Un nouveau parti municipal, Sherbrooke Citoyen, a vu le jour en fin de semaine à Sherbrooke en reprenant le credo « d'une participation accrue des Sherbrookois afin de changer les façons de faire à la Ville ».

« J'avais dit que j'ouvrirais les fenêtres de l'hôtel de ville et c'est chose faite. À l'usage, malgré toute la bonne volonté, on se rend compte qu'il y a une limite à la place que peut occuper le citoyen dans la gestion quotidienne ainsi qu'à l'intérieur du processus décisionnel », réagit le maire Sévigny.

La remarque de l'une des cofondatrices de Sherbrooke Citoyen, Évelyne Beaudin, comme quoi son parti « ne doit surtout pas devenir seulement une machine électorale » était ciblée. Le maire Sévigny n'est effectivement pas porté à se tourner très souvent vers sa base militante.

« Nos 300 membres ont pris part à l'élaboration de nos plateformes électorales. Le parti est un véhicule, et il ne faut pas confondre ce véhicule avec un gouvernement qui doit prendre des décisions tous les jours. Les électeurs nous délèguent des responsabilités et s'attendent à ce que nous prenions des décisions.

« Les 166 000 Sherbrookois représentent huit fois la capacité du Centre Bell. Je serai toujours réceptif à ce que les citoyens viennent faire des représentations. C'est sain qu'il en soit ainsi. J'ai plus de difficulté par contre quand 20 ou 30 personnes nous reprochent de ne pas écouter la population du seul fait que nous ne suivons pas leurs suggestions », justifie Bernard Sévigny.

Le maire accueille favorablement l'arrivée de la nouvelle formation politique. En même temps, il a hâte de voir comment les militants de Sherbrooke citoyen parviendront à offrir plus que lui en matière de gestion participative.

Sans surprise, Bernard Sévigny annonce d'autre part qu'il ne donnera pas systématiquement la réplique à Claude LeBlanc, un organisateur politique associé au nouveau parti politique et qui n'écarte pas de se porter candidat à la mairie l'an prochain.

« Quand arrivera la campagne électorale, je verrai. D'ici là, je n'ai pas l'intention de m'engager dans un duel oratoire avec M. LeBlanc ou avec quiconque », répond-il.

Claude LeBlanc est un vieux routier de la politique. Il connaît son rôle, qui en sera un d'animateur de foule au cours des mois à venir. Sa présence envoie le message que le maire n'est plus seul sur la patinoire et servira essentiellement à créer de l'intérêt pour la chefferie du nouveau parti.

Rappelez-vous d'ailleurs que Robert Pouliot et Bernard Sévigny avaient voulu lancer un semblant de course en exprimant tous les deux au départ le souhait de diriger le Renouveau sherbrookois. C'était un poste fort convoité, vous savez...

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