La fibre identitaire

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La délégation du Nouveau-Brunswick, dirigée par la ministre de la Francophonie, Francine Landry (première à droite), était tout sourire après avoir été informée de la recommandation favorable à Moncton-Dieppe plutôt qu'à Sherbrooke pour les Jeux de la Francophonie de 2021.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Le drapeau des Jeux de la Francophonie flottera en 2021 en Acadie plutôt qu'en Estrie.

Le conseil d'orientation réuni à Abidjan n'a délibéré que durant quelques heures après avoir entendu les présentations des délégations de Sherbrooke et de Moncton-Dieppe avant d'émettre une recommandation en faveur de cette dernière.

La décision n'est pas définitive. Toutefois, comme les recommandations du conseil d'orientation ont toujours été suivies par le conseil permanent, qui se prononcera au début du mois prochain, aussi bien admettre que l'annonce officielle n'est que formalité et que la région a mordu la poussière. Bien que le maire Bernard Sévigny s'accroche à un mince espoir, les chances que Sherbrooke obtienne ces Jeux sont aujourd'hui aussi grandes que celles de voir le Canadien de Montréal prendre part aux séries éliminatoires...

Ne voulant pas commettre d'accroc au protocole, la délégation du Nouveau-Brunswick a eu le triomphe modeste. La ministre Francine Landry, qui pilotait cette équipe à titre de responsable de la Francophonie, ne cachait pas sa joie.

« Nous sommes très heureux. C'est une belle reconnaissance que nous obtenons de la communauté francophone internationale. Nous allons demeurer très vigilants au cours des semaines à venir afin que ces appuis demeurent », a confié la ministre Landry.

Les représentants des Maritimes n'étaient pas sans se savoir désavantagés au niveau du réseau d'influence et des moyens financiers. Avec ses 754 000 habitants, la population du Nouveau-Brunswick est dix fois moindre que celle du Québec. L'écart entre les budgets des provinces est proportionnel.

Bien que le Québec ait passé la gratte au cours de la dernière année dans ses délégations à l'étranger, il disposait d'équipes diplomatiques pour exercer du lobbying en faveur de Sherbrooke. Le Nouveau-Brunswick n'en a pas.

Malgré cela, loin d'être habités par un sentiment d'infériorité, les battants des Maritimes ont misé sur leur singularité.

« Le nombre n'a jamais été un facteur pour nous. Je pense que l'histoire de l'Acadie a frappé l'imaginaire et nous n'avons pas hésité à dire que nous avions besoin que la Francophonie nous supporte afin que cette culture reste vivante », de poursuivre la ministre Landry.

Sherbrooke avait assurément des atouts, mais pas d'élément aussi spécifique pour convaincre.

Les deux délégations étaient évidemment débarquées en Côte-d'Ivoire avec la volonté de l'emporter. Elles ont mené leur cabale proprement.

« J'ai énormément de respect pour les gens de Sherbrooke et je comprends la déception qui peut les habiter », commente avec diplomatie Francine Landry.

« Nous n'avons pas cherché à nous éviter. Il n'y a eu aucune animosité entre nous. Lorsque j'ai croisé des représentants de l'Université de Moncton, nous avons discuté du partenariat avec la Faculté de médecine de Sherbrooke. Nos rapports ont été très cordiaux » a confié le maire Bernard Sévigny depuis Abidjan dans l'attente de la recommandation qui est venue jeter une douche d'eau froide sur la délégation estrienne en fin de journée.

Ce revers n'enlève rien à la qualité du travail de préparation ainsi qu'aux efforts déployés afin de promouvoir la candidature de Sherbrooke. C'est juste qu'on ne peut pas toujours gagner.

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