Le mur de l'emploi

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Comme communauté d'accueil, Sherbrooke parvient à répondre à l'essentiel des besoins matériels des familles arrivées de la Syrie. Le succès est cependant beaucoup plus timide au chapitre de l'emploi.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / On se demandait avant les fêtes si le Canada avait les capacités d'accueillir 25 000 Syriens en seulement quelques mois. L'objectif est atteint, s'est réjoui samedi soir le ministre fédéral de l'Immigration, John MacCallum, à la suite de l'atterrissage d'un vol nolisé à Montréal.

Une des familles qui prenaient place à bord de cet appareil a fini son périple, ici, dans notre ville. Sans d'ailleurs trop que l'on s'en aperçoive, le Service d'aide aux Néo-Canadiens (SANC) a souhaité la bienvenue à Sherbrooke depuis la mi-janvier à 99 Syriens pris en charge par l'État. Ce nombre double en calculant les personnes ayant été parrainées par l'Église syriaque orthodoxe de Sherbrooke depuis le début de la présente année.

Les deux groupes pivots s'attendent chacun à recevoir une soixantaine d'autres Syriens au cours des mois à venir.

« L'accueil s'est très bien déroulé jusqu'à maintenant. Nous avons réussi sans problème à tenir le rythme. L'arrivée de vols tard en soirée et la fin de semaine nous a obligés à jongler avec nos effectifs ainsi qu'avec nos horaires, mais pour le reste tout se passe bien », rapporte la directrice générale du Service d'aide aux Néo-Canadiens, Mercedes Orellana.

Contrairement à ce qui s'est produit dans d'autres villes du pays, il n'y a pas eu à Sherbrooke de réfugiés confinés durant une longue période à l'hôtel, faute de logements.

« On nous autorise une transition sur une période de six jours et nous sommes en deçà de ces paramètres », affirme Mme Orellana.

La couverture médiatique de l'automne dernier a grossi les rangs des bénévoles du SANC qui, agissant sur mandat des autorités gouvernementales, a vu ses budgets de soutien être ajustés en conséquence.

Les Syriens venant s'établir à Sherbrooke arrivent par petits groupes ce qui n'a pas toujours été le cas dans le passé.

« Lors de l'épisode des réfugiés en provenance du Rwanda, nous avons eu à coordonner l'accueil de 50 à 60 personnes en même temps. C'était plus exigeant », compare la directrice générale du SANC.

L'Église syriaque orthodoxe de Sherbrooke a également été en mesure de s'adapter à la cadence plus rapide des arrivées.

« Outre la gestion des meubles usagés qui pose un défi, nous sommes en mesure de pourvoir aux besoins de base des personnes que nous parrainons. Nous faisons notre part. Pour que la réussite de l'opération soit complète, il faudra cependant que la communauté sherbrookoise fasse la sienne aussi », lance Gamil Turk, diacre de cette communauté religieuse.

Tout en s'efforçant de contenir sa déception, M. Turk évoque les piètres résultats obtenus pour aider les Syriens à dénicher du travail. L'opération charme auprès d'employeurs de Coaticook n'aurait pas donné de résultats.

« Je n'ai eu aucun feedback. À ce que je sache, aucun des employeurs rencontrés n'a offert de poste à l'un des membres de notre communauté. La réponse est tiède pas mal partout. J'ai personnellement intercédé auprès de deux entreprises de la région pour leur demander d'embaucher des travailleurs spécialisés dans la pose de céramique, le temps qu'ils obtiennent leur carte de compétence, elles ont refusé.

« On aura beau leur ouvrir nos frontières, bien les accueillir, si on n'aide pas ces gens à trouver du travail, ils vont se décourager. Il faut leur donner une chance de se faire valoir », plaide à nouveau M. Turc.

Ce dernier précise que l'implantation à long terme d'une famille reçue à Sherbrooke se fera plutôt du côté d'Ottawa.

« Les enfants du couple ont trouvé du travail là-bas et les parents iront les rejoindre au début de l'été. Ce n'est pas notre souhait, c'est même dommage, mais ce sont des gens fiers. Ils arrivent d'un pays où il n'y a pas d'aide de dernier recours. En Syrie, tu dois travailler pour gagner ta vie et c'est ce qu'ils veulent faire ».

« Nous avons 25 millions de raisons d'être fiers d'être Canadiens, bienvenue aux réfugiés », s'est enthousiasmé samedi soir le ministre MacCallum pour célébrer l'atteinte de l'objectif humanitaire du gouvernement Trudeau.

La mission ne sera accomplie que lorsque nos nouveaux compatriotes seront des Canadiens comblés par un pays leur offrant aussi la possibilité de s'épanouir et de s'affranchir comme personne en occupant un emploi.

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